MISE AU POINT
Suite à mon dernier billet, j’ai reçu de nombreux messages. D’ordinaire, je réponds individuellement, mais cette fois je fais une réponse collective.
Soyons honnêtes deux minutes. Sur le bassin d’Arcachon, le problème n’est pas cette vidéo. Le problème, c’est qu’elle ait été filmée. Car ce qu’elle montre, beaucoup le savaient déjà, sans jamais rien dire.
Ce que l’on voit ici n’est pas un simple dérapage. Un dérapage est ponctuel. Là, il s’agit de quelque chose de plus profond, de plus installé. Un climat nourri, toléré, parfois même encouragé, jusqu’à devenir presque normal.
Et c’est bien cela qui dérange.
Ce ne sont pas seulement les mots, ni la vulgarité, ni même la violence. C’est leur banalisation. Cette habitude qui s’installe dans les esprits et finit par rendre acceptable ce qui ne devrait jamais l’être.
Un élu ne parle pas ainsi par hasard, une seule fois, sans contexte. Il parle ainsi quand il pense pouvoir le faire. Quand il se sent intouchable.
Il y a eu des excuses, des soutiens, des justifications. Mais au fond, tout était déjà là. La seule différence, cette fois, c’est que tout le monde a vu.
Alors une question demeure: Sommes-nous vraiment choqués… ou simplement spectateurs ?
Pour ma part, je le suis. Pas tant par la scène elle-même que par l’indifférence qu’elle révèle. Celle de ceux qui baissent les yeux, qui se taisent, qui préfèrent détourner la tête pour ne rien perdre de leurs privilèges.
Car en agissant ainsi, ils ne sont pas neutres. Ils deviennent complices.
Sans ces images, qu’en aurait-il été pour l’opposant ? Comment aurait-il pu faire entendre la violence qu’il subit face à un pouvoir sûr de lui-même ?
C’est aussi pour cela que je tiens à apporter mon soutien total à Vital Baude.
Dont acte.
Patrick Erzan