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LE CRI DE LA BERNACHE
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LE CRI DE LA BERNACHE
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9 juillet 2026

L'ETE SERA CHAUD...TRES CHAUD

 

Quand les images dérangent, il reste toujours le récit.

Avec ces canicules à répétition, mes neurones avancent à la vitesse d'un escargot asthmatique. Heureusement, il y avait une date que je n'avais pas laissée fondre au soleil : le 1er juillet, jour du procès d'Yves Foulon, maire d'Arcachon, poursuivi pour des faits d'injures, de menaces et de violences à l'encontre de l'élu écologiste Vital Baude.

J'avais écris plusieurs billets satiriques ou le délire avait atteint son paroxysme, sûrement à cause de la chaleur, ou les défenseurs de «Son Altesse Sérénissime» se prenaient pour Cyrano de Bergerac sous le balcon de Roxane récitant leur plaidoirie avec un accent balkanien mais mes amis m'en ont dissuadé en me demandant un billet plus éditorial.

Depuis la diffusion de la vidéo par Vakita, cette affaire avait largement dépassé les limites du Bassin. Les images avaient fait le tour des rédactions nationales. Chacun pouvait se forger une opinion à partir de ce qu'il voyait, plutôt qu'à partir de ce qu'on lui racontait.

Avec Serge, avocat, et Philippe, juriste, nous avions décortiqué cette affaire sous toutes les coutures. Le 1er juillet, j'attendais donc les comptes rendus d'audience avec une certaine curiosité. Les premiers articles sont tombés en début de soirée. Puis Sud Ouest a publié son récit de l'audience vers 22 heures. Enfin, La Dépêche du Bassin est allée jusqu'à modifier son édition pour annoncer les réquisitions du procureur :

«quatre mois de prison avec sursis et 10 000 euros d'amende.»

Ce qui m'a le plus marqué n'est pourtant pas la décision de la peine requise. C'est la stratégie de défense.

Lorsqu'une vidéo existe, lorsque chacun peut observer la scène, il devient difficile de contester frontalement les images. Il reste alors une autre voie: en changer la lecture. Déplacer le centre de gravité du débat. Faire du prévenu une victime des circonstances, des médias, voire d'un prétendu acharnement. Pendant ce temps-là, celui qui se dit victime se retrouve, à son tour, placé sur le banc des accusés au travers des plaidoiries.

C'est un grand classique du procès pénal. Rien d'illégal à cela : la défense utilise tous les arguments qu'elle estime utiles à son client. Mais chacun est libre d'apprécier leur force de conviction.

En revanche, j'ai quitté cette audience avec un léger sentiment de frustration concernant la partie civile qui il me semble, n'a pas été à la hauteur. Il y avait vraiment matière à pousser Yves Foulon dans ses retranchements, quitte à prendre de l'objection.

Vital Baude a impressionné par son calme. Pas un mot plus haut que l'autre. Pas d'emportement. Une attitude qui, à mes yeux, lui a davantage servi que bien des plaidoiries.

Mais certaines contradictions méritaient peut-être d'être davantage mises en lumière.

L'une d'elles m'interroge particulièrement. Sauf erreur de ma part, Yves Foulon n'avait jamais présenté d'excuses publiques à Vital Baude après les faits. Pourtant, devant le tribunal, il aurait indiqué avoir présenté ou renouvelé ses excuses. Cette affirmation aurait gagné à être confrontée aux déclarations publiques et aux éléments connus du dossier. Dans un procès, les mots comptent autant que les silences.

Le tribunal rendra son jugement. Lui seul dira le droit.

Mais cette audience rappelle une chose essentielle : une vidéo montre des faits. Ensuite commence une autre bataille, celle de leur interprétation. C'est souvent là que se joue la partie la plus subtile. Les images parlent. Les plaidoiries tentent parfois de leur faire dire autre chose.

Et nous... nous écoutons les deux.


C'est indéniable, l'été sera chaud...très chaud.


Bonnes Vacances et prenez soin de vous.

 

 

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