FAUTE DE GRIVES ON MANGE LES MERLES
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Ça y est, nous y sommes. Les présidents des instances communautaires du bassin d'Arcachon viennent d'être élus et le titre du billet résume à lui seul les résultats.
«Faute de grives, on mange les merles».
J'aime bien ces vieux dictons ou citations un peu désuets mais tellement remplis de bon sens.
Après à peine une semaine en poste le général «Mister trois étoiles» alias Thierry Gouaichault le nouveau maire de La Teste de buch en bottant les fesses de son prédécesseur, s'est aperçu une fois élu à la présidence de la COBAS que la gestion de bon père de famille prônée par la «Queen gujanaise la baleine» alias Marie Hélène des Esgaulx lors des précédents mandats était en fait qu'une vulgaire martingale qui a laissé un vide sidéral dans la caisse de l'institution. Cet homme qui a fait carrière au service de l'état découvre que dans ce territoire, la fonction de maire qui devrait être similaire à la sienne, est plutôt de chercher les moyens de se servir dans les caisses de l'état pour satisfaire un clientélisme fidèle afin de pérenniser un fonctionnement assurant une mainmise sur les administrés. Avec cette découverte le bonhomme est tombé de son fauteuil et il est fort à parier qu'avec le temps, ce novice de la politique locale va encore rechuter de plus belle en approfondissant les dossiers en cours. Il va être intéressant de suivre ses réactions et ses décisions pour peut-être y voir enfin une prise de conscience sur la gravité environnementale et l'urgence d'actions nécessaires pour la sauvegarde du bassin d'Arcachon.
Au nord, à la COBAN suite au chaos monumental orchestré par l'énorme bourde sénatoriale de l'ancien président qui avait fait imploser l'instance toute entière, un boulevard était tout tracé pour «le Dentiste» alias Philippe de Gonneville le maire de lège Cap Ferret. Réélu à la surprise générale, encore sous extasy dans l'euphorie sa victoire, il va devoir convaincre pour ramener un peu de discipline et de paix dans ce nid à frelons, tout en déclarant une totale transparence dans les décisions à venir. Peut-être qu'un des membres du bureau lui demandera de rembourser les millions d'euros que sa mairie avait perçu sans justificatif, pendant des décennies. Ne dit on pas :
« les bons comptes font les bons amis et qui paie ses dettes s'enrichit.»
Quand au siège suprême, la Rolls à pépettes du bassin d'Arcachon le SIBA, il fallait une personne qui aime chanter les pieds dans la merde. Qui de mieux que notre coq gascon «le Béguey» alias Bruno Lafon le maire de Facture Biganos pour s'atteler à la tâche. Et la tâche est gigantesque. Faut dire que l'ancien président Son Altesse Sérinissime crème antirides alias Yves Foulon est grillé comme une saucisse oubliée sur le barbecue après la vidéo choc qui a réduit instantanément son royaume à la seule ville d'Arcachon où il reste encore en odeur de sainteté. Une ville ou même l'Abbé Pierre a été réhabilité de ses péchés. Cependant la justice pourrait lui porter un coup fatal pour son trône à la mairie. Pas pour les insultes où il sera à l'amende mais pour les menaces proférées envers son opposant. Je crains que sa défense de la villa Salesse, sa maison comme il dit, en voulant se faire passer pour une victime sera une très faible circonstance atténuante face à la gravité des faits. Maintenant c'est à la justice de décider... Donc le Béguey est très fier de récupérer un mandat inespéré et pour son intronisation, son discours en était tout aussi surprenant.
«-Comme vous, j'ai été heurté que l'on félicite le SIBA pendant soixante-dix ans pour son action et que tout change en quelques semaines.»
D'abord pour ma part je n'ai pas été heurté car depuis des décennies nous sommes nombreux à dénoncer les manquements, les dérives et les décisions de cette instance. Effectivement dans les années 70, le réseau des eaux usées tout autour du bassin d'Arcachon était une prouesse ( mise à part le déversement prévu à quatre kilomètres du wharf pour finalement être réduit à quelques centaines de mètres) De plus, dixit Robert Cazalet l'ancien empereur, cet exceptionnel ouvrage devrait couvrir l'utilisation jusqu'à 80000 habitants. Aujourd'hui nous sommes environ plus de 150000 résidents hors saison touristique et mis à part quelques pansements pour rassurer l'opinion publique, le constat factuel est un réseau complètement obsolète. Nous subissons les inconvénients, les ravages mais les décisions à prendre, les millions d'euros promis ne sont que fadaises pour camoufler leur responsabilité à ce désastre.
Le bassin on l'aime, on le protège est le seul leitmotiv, la seule décision à prendre et imposer afin de transmettre, de perpétuer un lieu où la nature est la seule à offrir un cadre de vie et une identité. Il faut une refonte nécessaire du SIBA en lui donnant uniquement la fonction de s'occuper des réseaux, eaux usées et pluviales et déléguer le tourisme à une autre entité . Deux fonctions bien distinctes et immiscibles.
En ce milieu de matinée le lagon est encore calme et les couleurs turquoises commencent à embellir le panorama. Sous le parasol de son transat privatisé, la chaleur lui lèche doucement la carcasse. Malik, le serveur local du Resort et son corps d'Apollon lui ramène un cinquième caïpirinha fruit de la passion qu'il a savamment préparé afin de trouver le dosage parfait pour sa cliente. La dame attrape le verre et aspire à la paille longuement en fermant les yeux. Elle pousse de petits râles de plaisir puis recommence jusqu'à la dernière goutte du breuvage. Après deux minutes de réflexion intérieure, elle ré ouvre les yeux en lâchant un sourire radieux.
«-Mon doudou, tu viens de trouver la formule magique qui me met en joie. Approche...( Elle lui glisse un billet de 10$ dans l'élastique de son short) Allez files me refaire son frère jumeau pendant que j'aille refroidir la viande.»
En foulant le sable blanc immaculé avec son masque et tuba, le soleil torride fait monter la cachaça instantanément à son cerveau et les papillons qui batifolent dans sa tête la rendent heureuse. Dans l'eau cristalline à 28 degrés, elle observe la faune du lagon comme un enfant dans un magasin de jouets. Tous ces petits poissons multicolores qui tournent autour d'elle en la frôlant lui rappellent toutes ces longues années où ses conseillers municipaux, tous ces maires lui léchaient les pieds pour avoir une petite faveur. Quand elle aperçoit une tortue mâchouillant de l'éponge sur le récif, elle revoit son premier adjoint qui avalait des boas constrictors pour attendre son heure de gloire.
De retour à son transat, son Iphone crachait en boucle la sonnerie de la danse des canards attribuée à son ancien premier adjoint «Flipper» alias Xavier Paris le nouveau maire de Gujan Mestras.
«-Allo ma chère Reine...vous me manquez tellement, follement et j'aurais tellement besoin de vous auprès de moi en ce moment.
-Allons allons, mon grand dadais il faut se ressaisir. Je t'ai donné les clés de cette ville et je t'ai appris toutes les ficelles pour devenir le roi de ce royaume.
-Oui mais le général qui vous a remplacé à la présidence de la COBAS est un coriace. Il a très vite dénoué les nœuds de vos ficelles en annonçant haut et fort que la supercherie allait provoquer une hausse de 38 % des impôts.
-C'est normal une carrière militaire au service de l'État avec une rigueur exemplaire ne s'efface pas d'un coup de baguette magique. Je suis sûr que dans quelques temps, après avoir aperçu tous les avantages du clientélisme local, sa vision du service public devrait être bien différente et le bonhomme sera certainement plus malléable avant de prendre une décision. Dans le cas contraire, il faudra passer au plan B en essayant subtilement de l'aiguiller et si cela ne suffit pas il faudra trouver son point faible pour lui faire changer d'avis en douceur. Je crois que le gars est un fada des canassons et des courses. Pas besoin de te faire un dessin.
-C'est pour cela ma reine que j'ai besoin de vous, de vous avoir auprès de moi pour écouter vos précieux conseils. J'ai donc décidé de vous nommer maire honoraire pour vos bons et loyaux services envers cette belle commune dont je suis désormais aux manettes. De plus, grand nombre des administrés vous vénère toujours.
-Honoraire ?! Combien me donnes tu pour cette mission ?
-Non ma reine, c'est juste un titre honorifique, non rémunéré.
-Dis donc mon grand, tu ne crois pas que je vais quitter ma plage de sable fin pour retrouver les tronches de cake que je me suis farcies pendant 40 ans. Et en plus, le tout pour gratos. Pour réfléchir, je t'envoie mon IBAN en t'indiquant que mon Resort me coûte 800 balles par jour. Bon je te quitte car mon doudou se pointe avec mon délicieux rafraîchissement qui va vite effacer cette conversation.