LE CRI DE LA BERNACHE

04 décembre 2018

BUD SPENCER EST DE RETOUR

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Celle-ci, il ne l'a pas vu venir. Digne d'une beigne de Bud Spencer ou d'un direct de Mike Tyson. Désormais il va lui être difficile d'aller serrer les pognes de la populace, de claquer la bise aux mamies, de câliner le bambin sur un selfie. Brigitte qui hélas n'y est pour rien devra se mettre des bouchons de champagne dans les oreilles et demander à Vuitton une garde robe plus discrète. Les saloperies risquent de se répandre à gros seau sur son passage alors si elle n'arrive pas à fesser son mignon pour le remettre dans le droit chemin, la fin du quinquennat pourrait devenir un véritable chemin de croix. Son petit chéri se doit de laisser de côté son orgueil pour prendre de l'humilité afin de donner une réponse satisfaisante qui puisse calmer l'incendie. En avril 2017, au second tour des élections présidentielles j'avais écrit sur la victoire d'Emmanuel Macron:
« L'euphorie sera grisante pour l'élu mais gouverner pourrait lui donner un ascenseur pour une descente aux enfers.
Vouloir à tout prix mettre le peuple dans fabrique à consentement pourrait donner de l'espoir au FN, de croire que la troisième fois sera la bonne»


http://www.lecridelabernache.com/archives/2017/04/26/35216097.html


Ce n'est pas une surprise car Manu 1er applique son programme électoral. Dès le départ il voulait couper la société en deux pour bien différencier ceux d'en bas et ceux d'en haut en misant sur le ruissellement de richesse pour abreuver les plus faibles. Et il n'y est pas aller de main morte avec une inondation de réformes pour bien montrer qu'il était le chef. Petit à petit son arrogance, sa condescendance l'ont rendu aveugle aux souffrances des plus démunis et à l'étouffement des classes moyennes. La colère commençait à mijoter dans beaucoup de marmites. D'autant plus que les opulents continuaient à se goinfrer au grand jour en ignorant allègrement les nouvelles lois sensées freiner leur appétit pendant que les autres rongeaient leur os pour masquer l'amertume. Alors vouloir faire payer la transition énergétique  par ceux d'en bas parce qu'ils sont plus nombreux pour les ponctionner petitement par un florilège de taxes a amené la création des«gilets jaunes». Cette nouvelle étincelle nourrie par une mauvaise communication et un silence méprisant des gouvernants vient naturellement d'allumer le feu. Une lutte ne peut être efficace que si elle génère l'union pour poser des revendications claires et précises. Notre président jupitérien a jeté son dernier as en voulant créer la division dans le mouvement misant sur la récupération politique des opposants  pour attiser les flammes puis arriver en se transformant en sainte-Barbe. Manque de bol, c'est le contraire qui s'est produit, le chaos remplaçant l'incendie. Les partis extrêmes ont vite compris que la colère légitime se transformait en une haine froide dans les yeux de certains et quoi de plus facile que de leurs donner une pierre à jeter quitte à souiller les symboles républicains.  Paris, terrain de jeu idéal avec du no limit, de quoi calmer la rage et les frustrations. Macron vient de se faire hara kiri. Il va falloir des actes très forts avant d'entamer le dialogue. N'oublions pas que 7 français sur 10 (8 dans certains sondages) soutiennent le mouvement mais qui ne se reconnaissent pas dans cette manière d'agir, dans ce manque de cohésion mais qu'ils seront prêt à lever le poing si le roi et ses courtisans resservent de l'inacceptable au peuple amplifiant la faim qui décoincera  les craintes et les peurs.

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28 novembre 2018

BASSIN D'ARCACHON: LE GARDIEN DU TEMPLE

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Il suffit de juste dire son nom dans un dîner pour que le débat enflamme la table. Dans ce cas là j'ai toujours pris plaisir de ne pas intervenir pour écouter les argumentations et m'en amuser. En effet j'avais rencontré le bonhomme en 1986 quand je vivais au Cap Ferret et qu' il entamait les travaux pharaoniques d'une construction d'une digue pour y faire son paradis. A l'époque les terrains ne valaient pratiquement rien et ce n'était pas sa richesse qui me fascinait mais le coté folie dingue de ce projet. Son discours sur l'érosion résonnait en moi et je ne sais pas pourquoi, j'ai toujours su qu'il avait raison. D'autant plus qu'à quelques centaines de mètres de chez lui, un marginal Jean Patrick alias Barbichu entreprenait lui aussi une reconquête sur la mer devant le restaurant « Chez Hortense » pour y construire sa maison. A force d'abnégation, ils trouvèrent enfin la solution pour faire un ancrage permettant la formation d'une digue afin de freiner drastiquement l'érosion pour stabiliser le terrain. C'est à partir de cette réussite que la convoitise a soudainement attiré l'attention de certains, que la controverse est née, que la guerre venait de se déclarer. J'ai quitté le Ferret en 1993 sans jamais avoir vu le résultat final. Je suivais son actualité dans la presse et depuis le début de ce blog, je n'ai cessé de le défendre car toutes les contre vérités, les fausses informations balancées à son sujet me paraissaient infâmes et injustes. Après un premier rendez vous manqué, c'est en cet fin d'automne que nous avons pu nous rencontrer dans sa propriété.

A l'entrée on ressent déjà les bonnes ondes qui se dégagent des hauts bambous japonais bordant l'allée. Pas de doute, c'est  bien la porte du paradis. J'ai l'impression de rentrer dans une autre dimension, de devenir le personnage d'un tableau du Louvre. A cet instant précis, j'ai compris. En déambulant sur les chemins de terre qui mènent à sa demeure, l'harmonie me happe tout entier, me fascine. Je cherche l'imperfection, le détail qui pourrait me ramener  au réel mais ne trouve rien. Les cabanes sont infusées dans une végétation luxuriante composée de pins, palmiers, yucca et « le château pour ses bienfaiteurs » comme il dit, arrive à être presque invisible. La digue monumentale semble faire un bras d'honneur aux assauts des flots qui voudraient dévorer cet éden et si l'orgueil de cette dame peut former un rempart on arrive quand même a ressentir sa fragilité comme une menace, comme si l'éphémère pouvait venir s'imposer à tout moment. En face la dune du Pilat, bien dodue prend ses aises et les lumières du soleil hivernal qui renforcent les contrastes exhibent ses jolies formes telle une des trois grâces de Rubens. Au bout de la digue, le bouillonnement des passes est aussi intense que les rues de Pampelune à la San Firmin. En deux mots, c'est sublime et je suis sincère.

Sa grande cabane semble sortir tout droit du 19 ème siècle comme si le premier gascon arrivé sur cette terre venait de lui remettre les clefs. Des fleurs poussent sur les tuiles et le patin du bois est intact. Il m'accueille sur le pas de la porte et sa poignée de mains désinhibe totalement ma timidité. Nous sommes sur la même longueur d'ondes. Il faut préciser que le bonhomme en jette. Un charisme hors norme que même en short et chemise débraillée il serait classieux. De petits yeux d’où sortent une lumière dans laquelle la foudre peut se cacher et sa barbe blanche soignée et ses cheveux grisonnant bien plaqués m'obligent à bannir le terme de vieil homme pour le remplacer par un homme vieillissant. Il vient de se faire opérer de la hanche mais préfère marcher quand même sans canne pour aller vérifier sa digue et les camions des locaux qui viennent décharger des gravats pour l'entretien. Ses ordres sont précis mais le respect domine. A l'intérieur de sa cabane,pas de fioritures, juste l'essentiel sauf que le géant suédois n'a pas sa place car l'authentique et le local habillent le lieu tout naturellement. Les rideaux des larges fenêtres n'existent pas pour ne pas faire affront au panorama et à la lumière du soleil. Quelques photographies familiales sont clairsemées ci et là et celles qui commencent à jaunir retracent un bout de l'aventure. Sur une table de volumineux dossiers s'empilent méticuleusement et soigneusement rangés par Zaza sa femme. Il ne fait pas très chaud car il n'y a pas d'isolation, à peine 13 degrés mais Zaza s'active à alimenter en bois la grosse cheminée en briquettes et chaux ainsi que le poêle près de la cuisine tout en nous servant un café :

« La chaleur monte vite..c'est cela le luxe. me dit il,

-Jamais malade, ajoute zaza »

Nous voilà à entamer notre entretien et je dois dire que son éloquence est limpide, rigoureuse avec la pointe d'humour qui fait mouche. Je ne peux que boire ses paroles mais arrive quand même à poser mes questions. La conversation est riche, intense. Il connaît ses dossiers par cœur et ses connaissances historiques comblent mes lacunes. Il me donne les réponses à ce que je venais chercher confortant mes incertitudes. Ne cherchez pas ou se trouve la flagornerie car le monsieur sait reconnaître le flagorneur au premier coup d'oeil. Avec lui c'est du cash sans tricherie, sinon tu repars d’où tu viens. Mais avant de continuer mon récit, je voudrais revenir sur celle qui vit discrètement dans son ombre mais qui pourtant reste à mes yeux, une des clefs de leur réussite. Zaza est à la fois l'intendante, la boniche et la mère de ses sept enfants. Elle s'occupe de tout dans la cabane et quand Benoît prend la grosse colère quand les papiers sont mal rangés, elle s'exécute à réparer en maugréant doucement. Quand je lui fais remarquer que son comportement avec sa femme me paraît choquant, il explose de rire :

« Dis donc Zaza... notre ami est choqué par mon comportement vis à vis de toi.

Elle passe la main dans ses cheveux en levant les yeux au ciel.

-J'ai le cuir épais me répond elle. »

Je demande alors comment ils s'étaient rencontrés. Il lui laisse l'honneur de répondre mais Zaza, le discours ce n'est pas trop son truc. Quelque peu gênée, elle raconte de manière confuse leur rencontre. Je regarde le bonhomme, il a posé les mains sur son ventre, ses yeux mis clos brillent de mille feux, il jubile tendrement. C'est bon...merci...j'ai compris.

Mais c'est un peu plus tard que j'ai formé mon intime conviction. Après m'avoir mis le couvert pour déjeuner comme un touareg offre l'hospitalité au voyageur égaré, il me raconte sa vie d 'avant sans chichis . Le bling bling, rouler avec sa rolls, son appartement en face de l’Élysée, les affaires. Il aimait beaucoup cette vie mais Zaza, pas du tout. Elle préférait fuir le plus vite possible Paris pour retrouver sa terre natale en rêvant à une vie de Robinson, avec lui et avec beaucoup d'enfants. Alors quand il a pu acheter le terrain et que sa maison d’enfance était partie avec la mer, ce fut le déclic. Il fallait à tout prix reprendre à la mer ce qu'elle avait pris pour y construire son paradis. Un challenge insensé, titanesque semé d’embûches qui dura plus de dix ans, qui continue et qui continuera encore. Les enfants ont participé à cette épopée confortant la transmission et ils ont pu s'épanouir pleinement pour constituer un réel art de vivre. On ne peut être que sous le charme et admiratif. J'ai essayé de chercher en vain un grain de sable dans cette harmonie mais je n'y suis pas arrivé.

En fin d'après midi un photographe de magazine se pointe pour lui tirer le portrait. Nous allons sur la digue et Benoît en vieil habitué des shootings s'exécute à la pose avec bienveillance puis s'agace un peu car le gars mitraille un peu trop. Je lui demande si avec le changement climatique, il ne craint pas l'arrivée d'une big one, de l'énorme tempête.

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« Non absolument pas. Je crois en la providence de la nature. Elle est beaucoup plus forte que nous. Alors si elle détruit, je reconstruis. »

 

Après avoir assisté au coucher de soleil féerique, il est temps à présent de quitter le lieu. Je lui exprime toute ma gratitude pour cette délicieuse journée et m'approche pour lui serrer la main en guise d'au revoir mais après une demie seconde d'hésitation, il me fait la bise. Autant vous dire que je suis rentré chez moi le cœur léger et la tête remplie d'étoiles. A la maison je regarde discrètement ma petite famille vaquer à ses occupations et je me sens extrêmement bien.

Pour conclure, il serait bien de réhabilité une bonne fois pour toute Benoît Bartherotte pour la construction de cette digue désormais classée d'utilité publique. Sans son ouvrage, les 44 hectares auraient été rayés de la carte, le phare aurait les pieds dans l'eau et le Pyla subirait les assauts de l'océan comme à Lacanau ou Montalivet. Aujourd'hui c'est scientifiquement prouvé.

J'ai rencontré un homme de passion, créateur sans limite, profondément humain qui mérite le respect. Intègre et attachant, son coté anarchiste de droite lui a permis de résister aux propagandes néfastes, aux tentatives de corruption de l'oligarchie arcachonnaise. Il pourrait prendre la devise de Philippe Beaussant sur l'art baroque :

« Monde où tous les contraires seraient harmonieusement possibles »

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BINGO

 

Mes lecteurs sont formidables. Ils m'envoient de la matière pour que mon imagination se mette en marche afin de pondre des mots dans lesquels quelques vérités peuvent se cacher. C'est sur dans ces mails, il y a à boire et à manger. Les dénonciations sur des liaisons extra conjugales dans certaines mairies sont croustillantes et ne manquent pas de sel mais je me refuse à plonger dans la gaudriole. Je reçois aussi des infos sur les magouilles de nos édiles tellement énormes qu'elles pourraient être vraies. Avec toutes les casseroles de quelques élus du bassin d'Arcachon on ouvrirait un grand restaurant mais je vérifie toujours mes informations avant de lâcher la bride. J'en ai quand même retenu une qui a aiguisé mon appétit. On m'a signalé que «le béguey» (petit coq en gascon) alias Bruno Lafon maire de Facture-Biganos avait été tiré au sort pour le congrès annuel des maires à l'Elysée . Dans un reportage de France2 au Journal télévisé du 20heures le 18 novembre on se demande s'il n'a pas réuni sa famille pour recevoir leurs doléances. Il ferme lui même la mairie en ayant vérifié si toutes les lumières étaient éteintes et les robinets fermés. Puis il enfile un béret noir sur la tête pour retrouver les gilets jaunes sur un rond point, leurs claque presque la bise, pose pour un selfie puis doit récupérer une lettre avec leurs revendications qu'il devra remettre en main propre à notre président jupitérien. Son heure de gloire vient de sonner. Il est le père de ces âmes égarées, distribue des permis de construire, des logements sociaux, du travail. Des bouffées de chaleur envahissent son esprit et son corps. Une fièvre narcissique commence à s'installer le mettant dans un état second. Avant de se coucher, devant le miroir de la salle de bains, il observe sa musculature puis fixe son visage. Il est tout puissant. Après une longue expiration :

« -Bibiche prépare toi, je suis en forme. »

Après son discours, le président décide d'aller serrer quelques poignes pour rassurer les édiles et redorer un peu son image. Dans le lot il aperçoit un gars tout rouge qui transpire abondamment et qui agite une enveloppe. Il se dirige vers lui ;

« - Monseigneur, je suis « nono » euh.. Bruno Lafon du bassin d'Arcachon et je viens vous remettre une lettre de mes gilets jaunes.

-Allons, redressez vous. Nous ne sommes pas à Versailles. Je vais la lire de ce pas » Répond Manu 1er. Il déchire méticuleusement l’enveloppe avant de déplier la lettre dans laquelle on peut lire :

Raymond va au Lidl et ramène :

Café

Saucisse

Ricard

Cacahuètes.

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10 novembre 2018

TURBULENCES DANS L'AIR

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La plage est déserte. La marée tire lentement sa révérence dans la quiétude automnale et les oies bernaches prennent leur aise sur les terres qui apparaissent. Les bateaux ont abandonné leur corps morts pour l'hiver venant et seul le cliquettement d'un hauban d'un voilier oublié par une petite bise noroît annonce les premières notes d'un requiem pour coucher de soleil. La déclinaison rapide de cet astre lumineux apporte une féerie apaisante à mon âme vagabonde. Assis sur un banc près d'un tamaris rescapé, je suis bien. Les mauves des nuages jouent les travestis avec les tons des couleurs donnant des contrastes éblouissant au bleu azur du ciel qui cherchent à se réfugier vers le crépuscule. Le spectacle est grandiose. Un chat vient se frotter entre mes jambes puis s'assoit en fixant l'horizon. Lui aussi semble apprécier ces instants ou le temps est suspendu, ou ces moments magiques pansent les plaies du quotidien qui nous rongent pour mettre en avant un instant de bonheur dans l'existant du temps présent. C'est gratuit, quasi quotidien, il suffit simplement de faire l'effort de prendre son temps pour assister à une thérapie bienfaitrice. Et aujourd'hui nous en avons bien besoin pour ne pas perdre nos repaires face à la situation que l'époque nous livre. Chercher de l'optimisme demande de plus en plus d'effort mais n'y voir que du pessimisme serait une grave erreur. Ce bassin d'Arcachon qui s 'étend devant mes yeux, si beau dans les magazines glamour, sur les selfies, sur instagram magnifié par les réseaux sociaux et si fort dans mes tripes crève lentement comme la famine qui prend la vie d'un enfant au Yémen. Oui je sais ce serait démagogique de ne plus vendre d'armes à l'Arabie Saoudite sauf qu'il est écrit que la vente c'est uniquement pour se défendre. Affamer 14 millions de personnes à l'autre bout de la planète ne choque plus grand monde. Bande de dégueulasses !! On tronçonne un journaliste et on en rigole presque. Le redneck qui peut remplir le réservoir de son pick up pour aller chasser du migrant remplace Dieu par Donald Trump. Au Brésil, Dieu lui même délaisse l'innocence des enfants pour faire élire en évangélisant Jail Bolsonaro fasciste homophobe et raciste. Tout va bien, je vais bien. Le populisme fleurit un peu partout dans les consciences mais il ne faudrait surtout pas oublier que Adolf Hitler avait été élu par le peuple. Marine Le Pen a raison de se cacher, d'être silencieuse attendant son heure de gloire. Tous les voyants sont au vert. Notre mignon président jupitérien patauge dans la semoule en s'enfonçant dans le ridicule. L'itinérance mémorielle comme il dit. Quelle jolie formule ! Vouloir glorifier le maréchal Pétain, pourquoi pas ? Allons y gaiement, nous sommes prêt à tout accepter. Gloire à Saddam Hussein qui aimait son peuple comme Bachar el Assad. Vive Donald Trump, Vive Orban, vive Salvini, vive Erdogan , vive Jörg Haider!!Oui, allons y !! Si « Crème antirides » alias Yves Foulon maire d'Arcachon aime le béton c'est que tout petit il était passionné par les briques Lego. Si « Don Saluste » alias Michel Sammarcelli maire de Lège Cap ferret distribue des permis de construire c'est que tout petit il n'arrivait pas à gagner le concours de « Châteaux sable ». Si « la Baleine » alias Marie Hélène des Esgaulx maire de Gujan Mestras a une avidité sans bornes aux mandats électoraux c'est que toute petite elle collectionnait les tirelires. J'arrête là car le chat vient de se barrer. Sûrement que je devais dégager de mauvaises ondes. Heureusement la dernière lueur du soleil offre une touche d'orange dans un dégradé de violet sombrant dans l'obscurité. Une fraîcheur enveloppe mes épaules.Je regarde les lumières des villes qui s'allument telles les loupiottes sur le Mékong, tire une bouffée sur ma cigarette ( je sais ce n'est pas bon), le chat est revenu... mais il fixe mon regard.

01 novembre 2018

PARFUM DE CHRYSANTHEMES

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Je suis au regret de vous annoncer le décès de l'âme ferretcapienne le 26 octobre 2018. L'esprit de ces hommes et femmes qui avaient choisi cette terre pour y façonner un art de vivre malgré la dureté du labeur vient de s'éteindre par empoisonnement à la luxure infiltré depuis ces dernières décennies par les maîtres des lieux. Mise à mal par une longue maladie spéculative, jusqu'à peu, elle pouvait encore montrer sa beauté à tous ceux qui savaient garder les yeux ouverts. L'esprit Bassin vient de se retirer définitivement de cette partie du bassin d'Arcachon et il est désormais difficile de dire si il existe encore aujourd'hui quelque part autour. Le charme du Cap Ferret tenait justement par la mixité des classes sociales, toujours discrète mais harmonieuse qui savaient se mélanger et se respecter en préservant l'environnement et leur cadre de vie. Les portefeuilles remplis d'euros ont su persuader les indigènes de céder leur bien à ceux qui ne regardent que leur nombril avec le consentement des autorités pour transformer ce village en une sorte de Disney land pour millionnaires. L'autorisation d'implantation d'un palace cinq étoiles donnée par le tribunal administratif représente sa mise à mort emportant une identité culturelle dans son dernier souffle car les critères d'un établissement de très haut standing sont l'antithèse de l'esprit bassin.. surtout au Cap Ferret.

Les funérailles auront lieu lors de la pose de la première pierre...dans la plus stricte intimité.

https://www.sudouest.fr/2018/10/25/hotel-5-etoiles-au-cap-ferret-cote-sable-va-faire-appel-5511777-3246.php 

Alors oui, je suis triste d'une telle décision mais je suis surtout en colère par le manque de réaction. Je soutiens fermement les associations et Pascal Bataille propriétaire de l’hôtel « Coté sable » qui s'opposent à ce projet. En toute objectivité, il est difficile de comprendre comment le maire Michel Sammarcelli a pu accordé le permis de construire. Malgré toutes ses erreurs dans l'urbanisme qui ont défiguré l'environnement, la limite identitaire existait encore un peu tenant juste à un fil. Un palace n'a pas sa place au Cap Ferret si ce n'est flatter son égo vis à vis de ses voisins. L’hôtel « Ha(a)ïtza » au Pyla est justifié car il avait déjà existé possédant une histoire. Yves foulon maire d'Arcachon veut aussi son palace 5 étoiles sur le front de mer et si je suis contre son projet, je ne m'oppose pas au débat car cette ville d'une bourgeoisie vieillissante et conservatrice possède des arguments convaincants mais profondément rétrogrades comme d'être devenue une station balnéaire classique avec ses immeubles et son casino. Le Cap ferret représente justement l'inverse devenant au fil du temps le bon chic bon genre sauvage donnant un souffle de liberté par sa discrétion car il existe une réelle douceur de vivre qui n'existe nulle part ailleurs. C'est un privilège que les anciens avaient essayé de pérenniser mais il faut croire qu'il y a des forces supérieures au bien être, quitte à perdre notre âme. Les investisseurs de ce projet ne sont sûrement pas des philanthropes soucieux de préserver un cadre de vie. Ils attendront confortablement installé, le meilleur moment pour obtenir la meilleure plus value, puis basta. J'espère que leur étude de marché est fiable car il faudra rester ouvert à l'année puis convaincre une clientèle de venir l'hiver s'encanailler dans un trou perdu. Sacré challenge. Et si ça ne marche pas on pourra toujours recycler le bâtiment en une EHPAD de luxe. A moins que le maire demande la création d'un casino et d'une boutique Vuitton sur la propriété de Benoit Bartherotte.. Heureusement, un indien ne vend pas son âme au diable.

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21 octobre 2018

PAS DE CEPES CET AUTOMNE

EDITO

 

Cet automne le bassin d'Arcachon ressemble presque à un printemps californien. Tee shirt et tongs sont de sortie pour savourer pleinement cette douceur inespérée. Pourtant j'aimerai tellement qu'il pleuve un peu. Juste pour que les cèpes poussent. Hélas je crains que les carottes sont cuites pour cette année. Mais surtout j'espère que le dicton de mon grand père«année sans cèpes amène les tempêtes» ne se concrétisera pas cet hiver car j'en connais qui vont serrer les fesses en priant. Don Saluste alias Michel Sammarcelli maire de Lège Cap Ferret  commence à prendre conscience des potentielles catastrophes pour sa presqu'île en rechargeant le cordon dunaire de 40000 m3 de sable. J'ai déjà écrit tout le mal que je pensais sur le réensablement. C'est mettre un pansement sur une plaie ouverte. C'est extrêmement coûteux pour une efficacité moindre qui va changer la configuration des fonds marins en créant de nouveaux courants susceptibles de devenir plus destructeurs. Malheureusement il n'y a pas grand chose à faire face à l'érosion naturelle si ce n'est de maîtriser l'urbanisation et l'impact humain face à ce phénomène. Le silence des services de l'état et des chercheurs montre bien cette impuissance et il faudra bien admettre une bonne fois pour toute que le laxisme opéré dans l'urbanisme depuis des décennies donnera le ton de dangerosité pour l'avenir. Alea jacta est.

Alors oui, toutes ces manifestations, ces marches citoyennes contre le dérèglement climatique sont une bonne chose mais inefficaces face à l'indifférence des gouvernants et des lobbys. Le temps est l'ennemi de l'urgence et pour réussir à sauver ce qui peut être sauvé, il faut agir sans concertation car les belles paroles des dirigeants ne feront pas repousser les fleurs. Que penser quand notre président Jupitérien remplace son ancien ministre de l'agriculture Stéphane Travert pro lobby par Didier Guillaume disant que c'est aux scientifiques de faire la preuve ou non qu'il y a des conséquences à l'usage des pesticides ou pas? Ou encore à la nouvelle secrétaire d'État à l'écologie Emmanuelle Wargon qui fait l'éloge de l'huile de palme et des ogm en ayant travaillée pour Danone le 5ième pollueur de la planète et en étant sous les ordres de François de Rugy carriériste et serpillière devant les lobbys. Ne me dites pas que vous croyez en Trump pour sauver le climat ou à Poutine ou à Merkel. Alors qui d'autres mis à part nous? Je crois qu'il va falloir s'adapter à subir la violence environnementale et devenir fataliste face à l'adversité. Mis à part un soulèvement citoyen, je ne vois pas d'autre solution.

PS : Je tiens à féliciter le nouveau préfet de la région et de la Gironde Didier Lallement qui est un véritable rempart aux décisions des barons locaux et qui est un gros espoir dans la lutte pour la sauvegarde de l'environnement. Cela faisait bien longtemps qu'une telle autorité n'avait pas autant contrarié l'oligarchie arcachonnaise. Il est en place pour quatre ans mais c'est déjà pas mal.

 

Heureusement la légèreté des conseils de quartiers de la ville d'Arcachon m'apporte du baume au cœur. Les compte rendu de « Bernie » alias Bernadette Dubourg dans le journal sud ouest sont des sucres d'orge pour mon esprit. Paru le jeudi 18 octobre 2018 page 20 b journal sud ouest:

« -Merci pour la gratuité des toilettes publiques, c'était une de vos promesses avant la fin du mandat. Vu l'âge des habitants d'Arcachon, c'est un soulagement s'exclame un monsieur. Et manifestement, il n'est pas le seul des 200 personnes réunis dans l'auditorium à apprécier cette récente décision du conseil municipal.  « Quand nous marchons vers le port, nous avons des besoins, or, on ne peut pas toujours les soulager » observe un autre monsieur « Il y a du pressant, pressant » convient le maire Yves Foulon, « On est en train d'identifier les endroits ou il en manque. On a compris qu'au port, il y a un désert toilettique. »

il aurait même pu rajouter :« -Pas d'inquiètudes mes amis. Pour vos prochaines étrennes, point de vélo, point de panier garni mais nous avons sollicité un partenariat avec l'entreprise Tena pour vous fournir des couches adultes pendant un an et moins 50% jusqu'aux prochaines élections municipales.

Manifestement , il y a d'autres besoins à satisfaire dans ces sanisettes. Ce monsieur raconte une scène observé place Thiers :  « Quand vous voyez une personne sortir , vous vous dites que c'était un besoin;quand vous en voyez deux, vous vous interrogez ; quand vous en voyez trois, vous vous dites que c'est un trafic.

J'imagine bien ce qu'il peut y avoir dans la tête de ce monsieur qui toute la journée, assis sur son banc, observe les gens entrant dans la sanisette. Quand aller dealer de la came dans cette souricière, il faudrait être complément idiot. Mais pourquoi pas ?

« -Cela concerne la police, on y veille assure le maire.

Bon les gars changez d'endroit, vous êtes grillés maintenant.

Un riverain de la place des marquises évoque la présence d'un jeune SDF de vingt ans qui passe la nuit sous le porche de son immeuble : « Pour lui c'est une situation dramatique, et pour nous, c'est le risque de le heurter, le matin en ouvrant la porte. »(salaud de pauvre) « j'imagine que les services sont déjà mobilisés, on va mettre les moyens pour qu'il soit déplacé, avec le CCAS pour le volet social et la police municipale, pour ne pas que ça génère un trouble à l'ordre public » explique le maire.

Et là !! tout part en vrille...

« Avant hier soir, ils étaient sept (et pas un de plus) sur le parking du casino avec des chiens en liberté,(Bouh, c'est affreux..) il y a des femmes qui n'osent plus prendre cette rue, la nuit » ajoute une dame. « je partage votre avis, on va se donner les moyens de régler ça » confirme le maire.

Tiens tiens, cela ne vous dit rien... Son ami Sarkozy allant dans la banlieue qui voulait utiliser le Karcher. Décidément la vie sociale de cette ville est trépidante. Allez continuons la lecture...

Avenue Lamartine, une dame trouve qu'il y a « des feuilles partout » : « la balayeuse ne passe pas plus, elle est en panne ou en grève ? » sourit elle.

C'est vrai, ces fainéants de prolos ne ratent pas une occasion pour ne rien faire.

« Cette année les feuilles des platanes tombent très rapidement , à cause de la sécheresse. On va s'organiser pour les prochaines années » répond Yves Foulon.

Ouah, la Palice n'aurait pas fait mieux. C'est vrai qu'en automne les feuilles tombent, en hiver il peut faire froid,en été il fait chaud et au printemps il faut se couvrir.

Ah, et puis, les animaux. Lundi soir il était question de sangliers aux Abatilles ; mardi soir, de chats au Moulleau ; et hier soir de pigeons, comme il avait supposé : »il faut arrêter de leur donner à manger » répète t'il. Et ce soir ? (Conseil de quartier de la ville d'hiver) Fin de l'article.

Pour les sangliers comme il dit « c'est avec un fusil qu'on arrive à les tuer », pour les chats mieux vaut les euthanasier et on arrête de jeter des graines aux pigeons. Pour la ville d'hiver, mis à part des hordes de touristes déambulant dans les méandres des rues, il ne doit pas y avoir beaucoup animaux sauvages perturbateurs. Pas contre, personne ne s'est interrogé du pourquoi de la présence des sangliers en ville, personne n'a dit qu'à force de bâtir dans les parcelles, leur espace de vie se réduit de plus en plus. C'est comme ces salauds de migrants qui viennent chez nous car il n'y a plus rien à bouffer chez eux. Comme ces ours polaires fouillant dans les poubelles car la glace fond trop vite. Abattons tous ces parasites qui nous pourrissent la vie. Allons monsieur maire un peu de cran. Personne dans l'assistance n'a osé lui demandé pourquoi il aimait tant le béton. Surtout pas de contradiction, au risque de perdre le petit cadeau de fin d'année. Vraiment ces conseils de quartier ne servent qu'à rajouter une énième couche de propagande pour qu'à la fin de chaque réunion, il puisse conclure par :

« Mesdames messieurs, surtout n'oubliez pas de mettre le bon bulletin dans l'urne. »

Oui, c'est vraiment affligeant de voir, d'entendre, de lire et de savoir.... qu'il n'y aura pas de cèpes cet automne.

 

 

Et puisque que nous sommes dans l'affligeant on peut se demander comment l'âme de Éric Zemmour puisse t 'elle être devenue aussi néfaste et nauséabonde avec l'histoire des prénoms français? Il est intéressant de voir un serpent se mordre la queue jusqu'à essayer de la manger pour engloutir entièrement son idéologie. Cet homme multi récidiviste dans la provocation et la condamnation judiciaire profite d'une émission télévisée pour créer le buzz médiatique afin d'essayer d'exister dans la lumière. La crédibilité de ses paroles résonne comme le toscin dans la campagne et le déclin absorbe son intelligence indéniablement. Quand l'absurdité de ses certitudes deviennent burlesque, le débat n'a pas lieu d'être car ses justifications accentuées par sa vanité ne peuvent plus l'excuser aux yeux de ses employeurs et de ses fidèles. Il est le rat pris au piège dans sa cage qui montre les dents dès que la porte s'ouvre. Laissons lui la porte ouverte pour qu'il vocifère sa polémique dans la lumière afin de vendre sa marchandise et sa communication lui permettra de se hisser sur la deuxième marche du podium des meilleures ventes avant d'agoniser dans les limbes du temps qui passe comme une bouse en plein soleil. Triste Sir. Sur la première marche du podium c'est Riad Sattouf avec le dernier tome de « l'arabe du futur». Je conseille chaudement la lecture de cette BD car même si vous êtes allergique à la bande dessinée, la richesse des textes vous transportera dans l'autobiographie de l'auteur ou son enfance libyenne et syrienne vous ouvrira fortement l'esprit  sur le monde oriental et puis... il est devant Zemmour.

 

Posté par paterzan à 19:12 - Permalien [#]
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