LE CRI DE LA BERNACHE

09 février 2021

DERRIERE LES MURS

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Derrière les murs Il y a des âmes vagabondes qui virevoltent dans la douceur du temps avant de retrouver leurs places sur le marbre des plaques. Autant de noms de famille qui avaient jadis façonné les rues de la ville jusqu'à apparaître aujourd'hui dans les adresses des nouveaux quartiers. Derrière les murs, il y a les pères fondateurs qui ont écrit l'histoire de ce territoire. Dans les allées si le silence arrive à les rendre invisibles, on peut quand-même sentir le frôlement des ombres qui prennent plaisir à vous accueillir. Dans le coin enfant ou l'herbe grignote la pierre on peut encore percevoir les cris de douleurs de la mère que le recueillement pesant du cortège des villageois n'arrivait plus à consoler. Un peu plus loin parsemée ci et là, c'est l'histoire de ma vie qui réside. Ceux qui m'étaient chers et ceux dont les anecdotes transmises ont forgé mon caractère. Mon arrière grand-mère Zora qui de noir vêtue, assise sur le banc de la plage surveillait le séchage des filets de pêche en grondant les enfants qui osaient s'aventurer à jeter du sable. Son mari Daniel était parti comme canonnier sur la mer de Chine jusqu'au Tonkin et sur les vieux cahiers de bord que je garde précieusement on peut lire qu'il était souvent consigné à rester sur le navire pour des faits de bagarres et de beuveries. Mon grand père Roger dont je vous ai tant parlé et qui m'a transmis l'amour du bassin d'Arcachon, sa douce et tendre Jeanne qui me bouchait les oreilles lors de repas gargantuesques entre amis pêcheurs et ostréiculteurs. Puis mon père et mon frère sont venus les rejoindre un peu trop tôt à mon goût. L'unique place restante sera occupée par ma mère qui l'heure venue clôturera le dernier chapitre de ma famille... pour ma pomme j'ai demandé simplement de jeter mes cendres dans le bassin d'Arcachon sur un point GPS qui indiquera l'endroit précis, avec l'espoir que mes molécules agiront en vaccin sur la pollution dominante afin qu'une belle loubine puisse retrouver son lieu de vie. Que d'histoires, que de mondes, que de vies derrière ces murs... Alors pour que ces gens puissent reposer en paix, des arbres avaient été planté devant les murs. Des chênes et des pins qui se sont majestueusement imposés en gardien, qui ont résisté aux tempêtes et qui avec le ruisseau du Bétey pas loin donnaient une si belle harmonie. C'est dans une matinée fraîche et pluvieuse de Février 2021 que les tronçonneuses ont fait tomber ces géants pour de vulgaires places de parking. Derrière les murs, les ombres aux visages graves se sont levés pour regarder ce carnage puis leurs yeux se sont baissés et elles ont préféré disparaître dans les souvenirs du temps d'antan en laissant la honte toucher ceux qui les ont oublier. Profanation serait un mot très exagéré, mais la colère qui traîne dans mes sentiments m'y fait penser fortement. Une grosse chape de Honte vient de se déverser sur la mairie d'Andernos les bains. Comment en est on arriver à sacrifier ces pins remarquables appartenant au patrimoine de la ville, sans aucunes concertations ni informations ? C'est une lourde erreur que les décideurs vont devoir assumer. C'est aussi le résultat du manque d'opposition dans le conseil municipal ou la majorité en place commence à prendre ses désirs pour la réalité. Le choix de vouloir mettre provisoirement les commerces du marché sur la place Camille Goubet pendant la construction de la future halle pourrait être acceptable dans une configuration démontable sans modification du site. Effectivement le problème de parking est une évidence et les riverains risquent de grincer les dents longuement avec le bordel qui va être occasionné par le manque de place en pleine saison touristique avec en prime le feu rouge du boulevard qui va en rajouter une couche. Pour autant fallait il absolument couper ces arbres ? Une partie du terrain de la caserne des pompiers n'aurait elle pas suffit à répondre à ce manque de place ? Aurait on pu réfléchir pour trouver un autre lieu plus adéquat pour les commerçant et les usagers? J'en sais rien... mais ces abattages me foutent en rogne. Ils peuvent me dire qu'ils vont replanter, qu'ils vont remettre des pins en or, que c'est du provisoire, qu'il faut faire travailler le commerce, je m'en contrefous de leurs excuses bidons. C'est trop facile de dire « Oh zut mais ne vous inquiétez surtout pas », alors allez y coupez les pins qui restent, les chênes et les forêts tant que vous y êtes, virez le cimetière foutez y des résidences des parking et tant que vous y êtes, ne vous emmerdez plus avec les eaux usées, jetez les directement dans le bassin. Mais par contre je vous demande de ne plus me dire les yeux dans les yeux «  Oh Zut Alors...mais c'est pour la bonne cause » Je dois avouer que c'est une grosse déception pour moi, même si cela ne me désarme pas. Je croyais que Droppy alias Jean Yves Rosazza le maire d'Andernos les bains était quelque peu différent, qu'une prise de conscience s'était installée dans ces actions en tapant dans la fourmilière de l'oligarchie arcachonnaise mais avec ce fait, je me demande si une toge romaine ne se cache pas sous son costume bleu nuit et rien n'est plus désagréable que le doute.

Oui derrière les murs il y a des histoires et des vies qui ont fait notre identité culturelle, il ne faudrait surtout pas l'oublier.

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Photos écocitoyens bassins arcachon 

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02 février 2021

UN MONDE VRAIMENT A PART

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Ça y est, le bassin d'Arcachon est bel et bien devenue une principauté. J'avais donc raison. Son Altesse sérénissime Yves 1er alias Yves Foulon maire d'Arcachon autoproclamé Prince d'Arcachonie veut effacer définitivement toutes traces du règne de «Don Saluste» alias Michel Sammarcelli ancien maire de Lège Cap-Ferret et ancien seigneur du territoire pour essayer de donner une nouvelle image étincelante de son royaume ou désormais le bling-bling devra s'imposer dans l'offre touristique pour éviter les hordes de congés payés qui dégueulassent les pavés du front de mer avec leurs incivilités et leurs gosses malpolis. La marque B'A qui avait été créé pour flatter les égos des barons et notables, dans laquelle le «pognon de dingue» des contribuables avait été investi en masse et dont j'avais déjà dit tout le mal que je pensais pour son non sens et sa crédibilité foireuse vient d'être relifter comme une vieille rombière de son électorat. Fini le bleu ringard et les pignots du vieux lion ferret-capien, vive la perle nacrée sur une coquille d'oeuf qui rappelle le faire part d'une naissance, symbole de renouveau et de pureté. Le nouveau né se prénomme Bassin d'Arcachon avec «un monde à part» pour le nom de famille qui décrit parfaitement bien la gouvernance de ce territoire.

Dans son bureau du SIBA(syndicat intercommunal du bassin d'Arcachon) fraîchement décoré par des tableaux de Popette, une belle artiste qui offre lucrativement son talent à la propagande en sublimant une station d'épuration et un tuyau d'égout se jetant dans la mer, Son Altesse sérénissime achève sa séance de vélo elliptique pour parfaire sa plastique. Zaza alias Isabelle Laban la toujours directrice du pôle communication et promotion du bassin d'Arcachon au SIBA entre dans la pièce pour lui présenter le fruit de son dur labeur, la maquette de la nouvelle marque:

«-Monseigneur, excusez moi de vous déranger mais je voudrais vous présenter l'affiche qui représentera l'aura de votre règne.

-Tout d'abord tu m'appelles «Votre Altesse». Monseigneur était du temps ou tu embobinais le vieux lion mais comme tu vois j'ai dépoussiéré ce bureau qui sentait la naphtaline et les gonzesses de Popette ranime la fougue de ma jeunesse.

-Votre Altesse, j'ai pensé qu'une perle serait la meilleure des symboliques représentative de votre personne. Beauté rare et mystérieuse qui fascine, lisse et parfaite comme les traits de votre visage sur lequel votre teint halé rappelle la douceur de la nacre. Objet de désir et de plaisir qu’il faut protéger de la convoitise d’où cette parenthèse en guise de protection. Le nom de votre royaume y apparaît en grosses lettres indiquant une force, un lieu d'exception pour un territoire d'exception dirigé par un homme d'exception et un homme à part faisant du bassin d'Arcachon «un monde à part».

-Dis donc Zaza, vas y molo sur la flagornerie. Je ne suis pas «Michou» qui adorait les redondances de tous styles. Si tu es encore en poste, c'est uniquement parce que tu imprimes bien la pellicule et que ton coté glamour et sexy fait saliver les fidèles retraités qui te payent. Tes discours de marketing sont du charabia que toi même ne semble pas tout comprendre... mais tant que les baltringues qui m'épaulent approuvent sans rechigner cela t'évite de te retrouver derrière le bistrot de ton mari à vendre ses cailloux. Par contre me comparer à une perle... me flatte énormément et cette comparaison est absolument judicieuse.

-Et à défaut, Votre Altesse sait déjà bien les enfiler.

-Enfiler qui?!

-Les perles bien sur, Votre Altesse...les perles...»

https://youtu.be/2EdJy_vm5TU

 

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Placid et Muzo alias Gérard Ruiz président AD2BA (association pour le développement durable du bassin d'Arcachon) et Jean Mazodier président de Cap Termer tous deux membres de gestion du Parc naturel marin, la langue chargée d’hémorroïdes ont en bons petits soldats volé au secours de «la pantoufle» alias François Déluga président du PNM réelu à sa succession, qui avait été sérieusement critiqué pour cette pantalonnade d'élection et pour le bilan de son précédent mandat par Claude Bonnet vice président de la SEPANSO(fédération d'associations de protection de la nature et de l'environnement). Dans un article de Sud ouest, nos deux lascars ont fait un communiqué pour justifier le bien fondé de leur présence en tant que membres. Seulement pour contredire des paroles et les faits qui leurs sont reprochés, il faut quand même avoir des arguments solides et une bonne éloquence pour arriver à convaincre car dans le cas contraire, le ridicule livre une vérité impitoyable. Je pense qu'il aurait mieux fait de ne rien dire car ils viennent de donner du crédit à un précédent billet

http://www.lecridelabernache.com/archives/2021/01/16/38762380.html

Dans cet article ils disent :

«Faisant partie des associations qui se sont fortement mobilisées pour la création de ce Parc naturel marin, outil indispensable à nos yeux pour la protection et la mise en valeur du bassin d’Arcachon, nous pouvons mesurer les progrès accomplis depuis la mise en place de celui-ci.( Encore une fois, certes des choses ont été mises en place mais les progrès sont loin d'être visibles) Si la montée en régime de l’équipe du PNMBA fut relativement lente en raison des moyens alloués au départ,(Tu m'étonnes, les seigneurs n'en voulaient pas de ce parc afin de ne pas contrarier le business) celle-ci a élaboré au cours de ce premier mandat et soumis au conseil de gestion, un plan de gestion sur quinze ans qui fixe les grands chantiers à venir en particulier celui de la qualité de l’eau.( Bravo mais c'est quand même le rôle principal d'un parc naturel marin) Claude Bonnet ne peut pas l’ignorer puisqu’il l’a d’ailleurs voté au titre de représentant de la Sepanso (quoi de plus normal?!)

Claude Bonnet faisait part également de sa "colère" que des associations de protection de l’environnement agréées par la préfecture n’aient pas été retenues pour siéger au conseil du Parc marin, en l’occurrence Bassin Arcachon Ecologie (BAE) et la Coordination Environnement Bassin d’Arcachon (Ceba). "Est-ce qu’il considère qu’on ne peut siéger que si on est une association agréée ? (Non il a simplement dit sa colère parce que les associations agrées avaient été écartées) C’est là faire un procès en compétence aux associations nouvellement nommées !(C'est donc vous qui mettez en doute vos compétences puisque il n'en a pas parlé?!) Pour ce qui nous concerne ( A2DBA) nous n’avons pas le sentiment d’avoir failli à notre rôle représentatif lors du précédent mandat", répondent les deux présidents. (représentatif est le terme adéquat mais pour les compétences il va falloir être plus dissuasif)

Enfin, ils ajoutent: "Claude Bonnet considère que ce sont les élus qui ont la majorité au conseil. Il semble oublier le combat mené par l’ensemble des associations environnementales et des organisations professionnelles contre la première mouture du conseil de gestion qui donnait effectivement la majorité absolue aux élus, pour en arriver à la forme actuelle où ils ne disposent que de 28,6 % des sièges. Les autres membres, hors les représentants de l’Etat, disposent de 58,9% de ces sièges.(Oui tout est exact, sauf que c'est les élus qui ont les postes stratégiques et les 60% autres ne sont que des faire valoir) Qu’a-t-il fait, fort de cette répartition au sein du conseil pour faire entendre plusfortement sa voix, comme vice président, à l’encontre de ces dérives qu’il dénonce?" (Honnêtement, cette répartition a été critiqué plusieurs fois à vive voix et pas que par la SEPANSO et il faut être sourd pour ne pas l'avoir entendu)

https://www.sudouest.fr/2021/01/30/parc-marin-du-bassin-d-arcachon-deux-associations-repondent-aux-critiques-de-la-sepanso-8348688-2733.php

 

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Décidément cracher sur la SEPANSO est dans l'air du temps sur le bassin d'Arcachon. Après nos amis Placid et Muzo, voilà t'y pas que notre philosophe local «Confoulous» alias Joël Confoulan président d'une association de plaisanciers qui défend l'usage du banc d'Arguin(ABA) rajoute une couche sur la polémique. L'aigreur est un sentiment que je refuse et que je m'interdis d'accepter car mis à part les maux d'estomac qu'elle peut provoquer elle ne peut que fausser l'objectivité de mes pensées. Après avoir subi l'échec de son recours sur la mise en place du décret réglementant plus strictement l'usage du banc d'Arguin par les plaisanciers, après avoir été écarté de la nouvelle gestion du PNM, le voilà en train de manger son pain noir pour montrer la légitimité de son existence. En accusant la SEPANSO d'effrayer les prédateurs goélands et milans noirs qui chassent les sternes  caugek pour se nourrir de leurs œufs après que cette même association avait réussi  à obtenir la mise en place du fameux décret pour éviter tout proche contact avec une espèce protégée sur une réserve naturelle par l'espèce humaine à l'esprit liberticide comme celui des plaisanciers. Son comportement est surprenant et pitoyable. D'abord il serait intéressant de comprendre la cause de la venue de ces prédateurs et je pense qu'elle ne soit pas tout à fait naturelle. Donc si je reprends son raisonnement, dans les réserves africaines il faudrait que les gardes qui protègent les rhinocéros et les éléphants cessent la traque aux braconniers pour assurer la pérennité des safaris touristiques. C'est vraiment ridicule et je crois qu'il serait peut être temps qu'il reçoive sa tarte à la crème.

 

 

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https://www.sudouest.fr/gironde/bordeaux/banc-d-039-arguin-des-plaisanciers-ne-veulent-pas-que-la-sepanso-effarouche-des-oiseaux-1162395.php

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Je me l'imagine en train de lire ce billet, il aurait sûrement hausser les sourcils, retirer ses lunettes et rigoler un bon coup puis reprendre sa lecture, pouffer dans sa barbe de trois jours puis lever les yeux au ciel en disant :

« -Font chier ces mecs... »

Bon vent à vous Monsieur Jean Pierre Bacri... je suis si triste.

 

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23 janvier 2021

EN MAL DE FLEURS

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Quand ma fille débarque à la maison, il suffit de regarder ses yeux pour entrer dans son âme. Si le vert domine c'est bon signe mais si le gris prend le dessus en mettant de l'ombre sur la lumière alors je m'inquiète. Depuis quelques mois avec les contraintes de cette pandémie, je sens qu'elle perd pied, qu'elle s'enfonce doucement vers un spleen accrocheur «Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis» comme disait Charles Baudelaire. Cela me rend triste, alors j'essaye de la maintenir à flots avec des discours bienveillants et des mots optimistes comme cet autre poème:

«Il faut être toujours ivre. Tout est là: c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.Mais de quoi? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous. Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, dans la solitude morne de votre chambre, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, vous répondront: «Il est l'heure de s'enivrer! Pour n'être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous; enivrez-vous sans cesse! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise.»

Hélas elle n'entend plus le vent et la pluie qui cognent à la fenêtre de son 20 mètres carré. Seul la voix des professeurs s’enchaînent sur son ordinateur à longueur de journée comme une radio allumée dans le salon d'une vieille personne qui dans son fauteuil surveille le temps qui passe. Les cours deviennent alors une chanson dont on oublie vite les paroles. Le cactus et la machine à café observent sans rien faire, les posters sur les murs blancs semblent jaunir au moindre regard et même la souris qui traverse la pièce n'arrive plus à la faire sourire. Puis la nuit de l'hiver s'installe en annonçant l'heure du couvre feu et le professeur dit «à demain» alors le silence qui remplace la sortie entre amis au bistrot du coin pour refaire le monde et rire de ses absurdités résonne comme le tocsin d'un village. Il ne reste plus qu'à s'enfouir dans la couette du lit qui fait canapé pour visionner des programmes débiles à la télévision et surtout ne plus réfléchir en se goinfrant de chips et de gâteaux apéros afin que le miroir de la salle de bains ne demande plus si tu es la plus belle car ces ambassadeurs de la malbouffe qui déforment les joues et les fesses du charme d'antan sont devenus le seul et unique refuge. Dans les coupures publicitaires elle visionne ses réseaux sociaux en quête d'une solution, histoire de trouver une bouffée d'air frais tout en essayant de ne pas transmettre le spleen qui l'imbibe. Dans une des notifications elle apprend que sa meilleure amie Clara a tenté de mettre fin à ses jours en avalant une masse de cachetons car elle ne trouvait plus sa place dans cette situation. Elle avait fait naufrage pour ne pas vouloir décevoir ses parents alors le monde s'était mis à être aspiré comme l'eau sale dans le siphon d'un évier. La réalité devenait soudainement insoutenable car plus aucun repère ne voulait exister pour lui maintenir la tête hors de l'eau. Pourquoi devait elle subir une telle souffrance, une telle privation de liberté quand on est innocent et responsable de rien? Quand ma fille est rentrée pour le week-end, j'ai de suite vu qu'elle était au fond du trou et il n'est pas facile de trouver les bons mots et le bon ton qui va avec. Il faut prendre le temps de lui donner de l'amour pour que la confiance en soi puisse réapparaître au milieu de cette tempête. Avec ma femme nous étions assez désemparés mais déterminés à nous battre face à cette injustice qui veut à tout prix sacrifier le temps de la jeunesse. Nous avons cherché tous les moyens de lui remettre des rêves dans la tête en demandant l'heure au vent, aux oiseaux, aux étoiles pour qu'elle s'enivre d'espoir à sa guise afin de se libérer des chaînes que le temps voudrait lui poser aux pieds. Le dimanche soir avant de repartir, un sourire arrivait à fendre ses joues et le vert revenait un peu dans ses yeux alors.. nous avons été fiers d'être parents. Mais beaucoup d'étudiants n'ont pas la chance d'avoir une écoute et une attention à leurs états d'âme et la casse de cette génération va être terrible. Sans l'ivresse, l'horrible fardeau du temps brise vos épaules et vous penche vers la terre. Alors donnons de l'ivresse à nos enfants. Il est urgent de les laisser vivre.

«Des rêves! toujours des rêves! et plus l'âme est ambitieuse et délicate, plus les rêves l'éloignent du possible. Chaque homme porte en lui sa dose d'opium naturel, incessamment sécrétée et renouvelée, et, de la naissance à la mort, combien comptons-nous d'heures remplies par la jouissance positive, par l'action réussie et décidée? Vivrons-nous jamais, passerons-nous jamais dans ce tableau qu'a peint mon esprit, ce tableau qui te ressemble?»

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16 janvier 2021

LA BONNE SOUPE AUX BONS AMIS

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Dans les années 80 il y avait deux grandes messes que je ne ratais jamais, « Thalassa » le vendredi soir et « les enfants du rock » le samedi soir avant de partir en bringue. Georges Pernoud agissait sur ma conscience comme un gourou bienveillant. Les reportages de « Thalassa » me permettaient de m'évader en me faisant découvrir les trésors du monde maritime sur tous les littoraux de la planète et de rencontrer des inconnus qui aimaient la mer. Une sacrée bouffée d'air frais et un éveil systématique pour le goût du voyage. Pendant quarante ans de diffusion, le bassin d'Arcachon y apparaissait parfois pour délivrer ses atouts mais pas que. Je me souviens d'un scandale en 2008 qui avait fait grand bruit dans le paysage audiovisuel français. En plein élection législative, l'émission devait être en direct sur le port d'Arcachon pour débattre sur le reportage proposé :« Bassin d'Arcachon, le dossier noir de la plaisance ». Le reporter Jean Marie Barrère disait :

« - Pour moi, c'était un sujet comme un autre. Des rapports de l'IFREMER montrent clairement les liens entre la pollution en hydrocarbures du bassin et la grande activité nautique du port d'Arcachon. Partant de là, je me suis notamment intéressé aux comportements des plaisanciers et aux peintures antifouling utilisées sur les coques des bateaux pour empêcher la fixation d'organismes vivants. Et donc à l'impact sur l'environnement des biocides qu'elles contiennent » (notez bien que nous sommes en 2008)

Le tournage effectué en septembre se retrouve diffusé en novembre juste avant les fêtes et les élections législatives. Le « ché Labanos » alias Olivier Laban, ancien président des ostréiculteurs naviguant dans les eaux des barons locaux devenu aujourd'hui vendeur d'huîtres-dégustateur, intrigué par le titre du reportage demanda son visionnage avant diffusion. Voici sa réaction :

« - Ce sujet est de la désinformation pure.( Pourtant enquête partant des rapports IFREMER) J'ai donc demandé au diffuseur de ne pas programmer, sans quoi je refusais d'intervenir sur le plateau et annulais la dégustation d'huîtres prévue.( qui sera quand même facturée à bon prix) Ras le bol de ces polémiques montées en épingle.(Ce n'est pas gentil pour le travail du reporter) C'est trop facile de zoomer sur des mégots ou des tâches d'huile dans l'eau en faisant passer les plaisanciers pour des salopards.( ah ah ! Ce n'est pas moi qui le dit) Tout ceci sans tenir compte des efforts que nous faisons depuis des années pour l'environnement.( Au contraire de la pollution, les efforts ne sont pas du tout visible) On n'a pas besoin de ça alors que, dans trois semaines, nous sommes censés réaliser 72% de notre chiffre d'affaires.( Voilà enfin la finalité de sa pensée..le pognon d'abord) »

Finalement Georges Pernoud avala sa casquette en proposant un direct différé sans intérêts pour ne pas froisser l'oligarchie en place et le reportage fut programmé à une date ultérieure, laissant le rédacteur en chef Jean Loiseau conclure :

« Non ce n'est pas l’Élysée, c'est le pape qui a interdit le reportage. »

https://www.telerama.fr/television/thalassa-en-eaux-troubles,36182.php

Quelques 12 années et des broutilles plus tard, « La pantoufle » alias François Déluga maire du Teich vient d'être réélu président du parc naturel marin du bassin d'Arcachon.J'ai déjà donné mon avis lors d'un précédent billet http://www.lecridelabernache.com/archives/2020/12/24/38722957.html mais il faut quand même revenir sur cette réélection ubuesque et déplorable pour la sauvegarde environnementale du bassin d'Arcachon. L'assemblée de cette honorable institution au titre désormais pompeux de Parc Naturel Marin est constituée essentiellement de membres totalement asservis à leur président pour que leurs propres intérêts et privilèges perdurent le plus longtemps possible et les membres contradicteurs tels que BAE (bassin arcachon écologie) et CEBA (Coordination environnement du bassin d'Arcachon) si utiles dans le débat ont été écartés pour être remplacés par l'association protection aménagement de Lège Cap Ferret qui crache sur la digue Bartherotte en proposant de mettre des boudins de sable pour lutter contre l'érosion dunaire, qui couine aux multiples effractions des permis de construire entraînant les rires gras des riches propriétaires et la Ligue de protection des oiseaux qui certes mérite amplement et sans équivoque le respect pour sauver des animaux mis en détresse par la disparition de leur espace naturel causée par l'urbanisation outrancière et l'artificialisation des sols décidés par quelques autres membres du conseil de gestion.

Le Parc Naturel Marin est le PMU du coin ou l'on se retrouve à l'apéro pour essayer de trouver la combinaison gagnante du quinté. Les ostréiculteurs auront un ou deux bateaux flambant neuf pour nettoyer leurs anciens parcs à huîtres qu'ils ont abandonné comme des malpropres et de nouvelles concessions à Arguin seront distribuées pour y poser leurs produits « huîtres » aux noms enchanteurs, les Pylatais auront leur plage réensablée avant l'été pour que les petits enfants de cette bourgeoisie puissent fourrer leur mains dans un sable immaculé et de beaux nichoirs seront offerts à la LPO. Qui dans cette assemblée osera critiquer les décisions politiques locales entraînant la frénésie de l'urbanisation et mettant en lumière l'obsolescence de la gestion des eaux pluviales et des eaux usées qui engendre la plus part des problèmes écologiques ? Qui osera apporter la contradiction ? Alors s'il vous plaît, surprenez moi, dites moi que je me trompe car depuis plus de dix ans je vous prouve que vous avez tort. Je ne suis pas un partisan de Vital Baude mais il aurait été logique d'offrir un nouveau regard, un nouveau souffle au Parc Naturel Marin car ses connaissances sur les problèmes environnementaux sont largement supérieures à celles d'un François Déluga qui ne voulait pas ce poste mais qui a cédé aux sirènes des intérêts politiques de l'oligarchie en place tout en mentant à ses administrés et à sa propre conscience. Il est toujours plus agréable de servir de la bonne soupe aux bons amis. Un paradis est toujours devant nos yeux mais nous sommes peu nombreux à le voir et si peu à le défendre.

Je suis certain que Monsieur Georges Pernoud doit être triste et déçu de voir le déclin du bassin d'Arcachon, lui qui toute sa vie nous guidait pour y voir la beauté et la fragilité. Je vous remercie du fond du cœur de m'avoir ouvert les yeux et fait un peu de ce que je suis aujourd'hui. Je m'incline et chapeau bas MONSIEUR. Bon vent Georges.

georges pernoud

03 janvier 2021

HAPPY BIRTHDAY

gateau

Juste un petit cadeau à regarder jusqu'au bout avant d'attaquer dans le lourd. Meilleurs Voeux à mes lecteurs, mes abonnés et à ceux que j'aime. Les autres... qu'ils aillent au diable.

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