LE CRI DE LA BERNACHE

07 juillet 2020

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C'est fait, le deuxième tour des élections municipales sur le bassin d'Arcachon a livré son verdict complétant ainsi l'organigramme pour les six prochaines années. Si il faut certes relativiser les résultats par rapport au déroulement dans un contexte surréaliste , le constat est que l'on prend presque les même et on recommence. Dimanche soir, le sms d'un bon ami m'indique explicitement le résultat à La teste de buch :

« - Bonjour Monsieur, je voudrais passer une annonce sur votre blog : Perdu sur La Teste chien fidèle pas très malin répondant au nom de Rantanplan. Forte récompense, s'adresser à Yves, Marie Hélène, COBAS, SIBA. »

L'alliance entre les deux tours a tronçonné net les ambitions de « Niniche » alias Jean Jacques Eroles pour laisser son fauteuil de maire à « jamais deux sans trois » alias Patrick Davet.

A Lanton la musique ne fut pas la même. « Marine Morano »alias Marie Larrue a du attendre le décompte final cloîtrée dans son bureau pleurnichant en égrainant son chapelet. Après avoir recompté plusieurs fois les bulletins c'est finalement 13 bouts de papier qui allaient lui donner la victoire. Son JP d'amour de mari entra dans son bureau comme si il venait de s'enfiler deux rails de coke dans les narines.

« -C'est bon ma choupinette, tu reste la reine de la turlute. Dans le baba la « Peruche ». On dit merci qui ?...

-Euh ?...Merci Jacquie et Michel répond elle encore sous le choc

-Mais non bécasse... merci Tony Billard. »

Il est vrai qu'en refusant l'alliance, Tony Billard fort de ses 23 % au premier tour a permis le renouvellement du mandat de la maire sortante. Cependant c'est une victoire peu glorieuse qui annonce pour la dame, des lendemains pas si simples à gérer.

Maintenant que tous les fauteuils des mairies du bassin d'Arcachon ont trouvé les séants pour les occuper, il va être intéressant de voir comment le partage du gâteau à 230 millions d'argent public va être distribué. En effet les machine à cash que sont la COBAN (communauté d'agglomération du bassin d'Arcachon nord), la COBAS (Communauté d'agglomération du bassin d'Arcachon sud) et le SIBA (syndicat intercommunal du bassin d'Arcachon) vont de nouveau être convoitées pour pérenniser le bien être à tous les béni oui oui qui mangent dans la main de ceux qui les nourrit. A l'heure ou j'écris ce billet, le dimanche 5 juillet 2020, les élections des présidents et vice présidents de ces nobles officines ne sont pas encore effectuées. Cependant il me semble pas trop difficile de donner le tiercé gagnant. Sur le nord bassin d'Arcachon à la tête de la COBAN, le « Béguey » petit coq en gascon alias Bruno Lafon maire de Facture Biganos n'aura aucune difficulté pour continuer de régner en maître sur ce territoire tant le consensus établi ne semble pas perturber la conscience des autres maires concernés d'autant plus que le monsieur serait capable de mordre si quelqu'un ose poser sa candidature. Avec la crise du Covid 19 les prix du béton et du goudron vont considérablement augmenter la note de l'agrandissement de sa zone commerciale alors qui de mieux que le maire concerné pour régler au mieux la douloureuse. Au sud bassin d'Arcachon à la COBAS « la Baleine » alias Marie Hélène des Esgaulx maire de Gujan Mestras n'avait pas cacher son ambition de continuer à tenir les cordons de la bourse. Cependant avec l'élection de Patrick Davet à La Teste elle perd la majorité des voix mais comme ce dernier est un grand ami de « Crème antirides » alias Yves Foulon le maire d'Arcachon, il se dit que ils ne s'opposeraient pas à la championne du monde de la régalade à la gestion d'argent public car son titre lui permet de montrer sa générosité quand la demande s'impose. Comme « El Franscisco » alias François Déluga maire du Teich a décidé de n'être candidat à rien, la voie royale s'ouvre pour « la baleine » pour qu'elle puisse continuer à tremper ses pieds dans un seau rempli d'or. Pour le SIBA il va falloir former un consensus et depuis le départ prématuré de l'ancien président « Don Saluste » alias Michel Sammarcelli ancien maire de Lège Cap Ferret, « Le dentiste » alias Philippe de Gonneville fraîchement élu sur la presqu’île aimerait bien poursuivre la voie de son mentor pour affirmer son pouvoir à l'oligarchie. Une nouvelle fois, ici aussi on prend les même et on recommence quoi ?! On peut quand même s'interroger sur la main mise de ces seigneurs du sud bassin d'Arcachon sur les portefeuilles de ces institutions ne laissant qu'aux autres les miettes de postes moins prestigieux et pantouflards pour essayer de montrer leur sens de l'équité à l'opinion publique. On peut même s'en inquiéter de voir que le clientélisme conservateur d'une politique obsolète qui privilégie toujours la vision du court terme ne va pas amener le changement nécessaire à la transition écologique. Heureusement parfois le bon sens arrive à prendre le dessus sur l'absurdité en refusant l'escale du bateau de croisière «Le Ponant» au large de la plage d'Arcachon. Une fois n'est pas coutume c'est même très rapidement que le parc naturel marin a posé son opposition à ce croisiériste. L'idée même d'accepter une telle possibilité me paraît tellement surréaliste. Pourtant j'ai lu et entendu que certains aimeraient construire des bassins en eaux profondes pour accueillir ces navires qui feraient tant de bien à l'économie locale. Pas mal de questions planent sur cette histoire. Bluff sur un coup de marketing de la part du croisiériste pour appâter le client ? Quoi qu'il en soit je ne souhaite ne jamais revoir ce style de navire dans les eaux du bassin d'Arcachon. Hélas l'absurdité des décisions deviendront souvent monnaies courantes sur ce territoire.

https://www.sudouest.fr/2020/06/25/les-paquebots-de-croisiere-ponant-ne-feront-pas-escale-dans-le-bassin-d-arcachon-7596987-2733.php

Par contre le comportement de « Crème antirides » m'intrigue beaucoup. Le monsieur se la joue trop modeste. Il ne contredit plus personnes, sage comme une image, ne s'oppose pas aux nominations et refuse même un siège de sénateur qui lui tendait les bras. A Paris la lampe à bronzer, les crèmes de visage jour et nuit et la petite bouteille d'eau des Abatilles étaient déjà posés sur le bureau avec la photo de la queue de la baleine fraîchement encadrée. Mais non pas pour lui. Les républicains avait un candidat tout pimpant mais la stratégie de la loose droitière en a décidé autrement. « Foufou » se convertit au zen. Avec le confinement il est devenu arboriculteur connaissant la moindre essence capable de soigner les maux de l'espèce humaine.

https://www.sudouest.fr/2020/07/05/arcachon-les-nouveaux-totems-du-parc-mauresque-7630339-2733.php

Il envisage de planter des arbres partout au milieu du béton de sa ville et un baobab trônera fièrement sur la place de sa kommandantur ou il pourra réunir les sages de son conseil municipal sans ceux de l'opposition il va de soit, pour décider d'implanter des cactus Aleo Vera sur le front de mer qui estampillés de la marque BA, soigneront l’ensemble des curistes et l’arthrose de ses administrés...

Voilà voilà … Prenez soin de vous et BONNES VACANCES

 


13 juin 2020

VROUM VROUM OU PLOUF PLOUF

plouf

Gamin je cherchais la meilleure solution pour que mon vélo de course Peugeot puisse faire le bruit d'une grosse cylindrée.  J'accrochais de gros cartons bien épais avec une pince à linge sur la fourche arrière pour que les rayons qui se frottaient dessus produisent le bruit d'une belle mécanique. Alors je filais à vive allure dans quartier pour que l'espace d'un moment la Honda CB 650 du voisin semblait m'appartenir toute entière. Quelques années plus tard c'était ma mobylette 103 SP que je laissais entre les mains de «Sid les mains d'or» qui était un orfèvre pour la transformer en bolide. Avec l'échange de carburateur et le pot d'échappement bidouillé je pouvais monter facilement à 90 km/h  me permettant de semer la gendarmerie qui me courait au fesses car la bécane en faisant un boucan d'enfer rendait fous tous les vieux des alentours. Entre potes nous nous retrouvions à «la sablière» ou nous avions établi un parcours de cross dans la forêt qui importunait les promeneurs et les ébats de couples adultères cachés au milieu des fougères. Alors quand j'ai vu que deux pétitions circulent pour interdire l'utilisation des jet ski sur le bassin d'Arcachon, le vieux con que je suis aurait pu se jeter dessus pour la signer, mais non. A vrai dire, je les hais farouchement tout autant que les plaisanciers qui font rugir leur moteur en passant près de mon kayak mais laissons de côté les bouffeurs de coque pour s'attarder plus longuement sur ces engins de mer qui sèment la discorde. Au deuxième jour du déconfinement l'envie d'aller pêcher était à son paroxysme après avoir avaler la frustration de l'interdiction imposée. Malgré le temps idéal et des conditions pas trop top car la bise marine ondulait le plan d'eau,  je décidais quand même de jeter mes cannes au Lucasson (le chenal après le port du bétey qui rejoint Taussat, ancien pite à mon grand père). Une fois bien en place, je savourais le bonheur de retrouver la quiétude de mon jardin d'enfance en surveillant la moindre touche qui me procurerait ma dose d'adrénaline. Ma joie fût de courte durée car des vroum vroum chassèrent le plouf plouf de mon embarcation. Trois jet ski venaient à mon encontre alors que le plan d'eau était pratiquement désert. Ce n'était pas la place qui manquait mais comme un aimant, ils se sont amusés autour de moi à toute berzingue à tourner virer sauter sur les vaguelettes. Je leur signalais par gestes d'aller faire joujou ailleurs et qu'ils m'emmerdaient royalement quand un jet ski de la meute, sûrement le chef, s'approcha doucement pour me parler. Aviator doré et verre miroir sur le nez, barbe soigné, muscle et tatoos sur les bras le gars était accompagné par une bimbo en deux pièces mini qui s'accrochait au gras du bide de son mec.

«-Qu'est ce que t'as connard, t'as un problème?

- Regarde autour de toi, tu as tout l'espace pour impressionner ta copine et avec tes amis vous venez à l'endroit où je pêche tranquillement. Voilà le problème.»

Pendant dix minutes ils ont tourné autour de moi riant au éclats, me secouant comme un prunier et m'arrachant un bas de ligne avant que l'intelligence de la demoiselle arrive à calmer la testostérone de ces messieurs afin de me libérer de la bêtise de ses amis.  Malheureusement ce récit n'est pas une fiction. D'abord le scooter de mer car jet ski est une marque a été créé dans un but purement récréatif. Son inventeur voulait retrouver sur l'eau les mêmes sensations que sur sa moto cross. L'utilisateur cherche avant tout l'adrénaline en enfourchant ces monstres de puissance. Il veut du vroum vroum, pas du plouf plouf. Le côté balade bucolique au fil de l'eau ne tient pas la route. Son essor malgré ses inconvénients est du aux collectivités locales avides de proposer un besoin comme appât pour engraisser le tourisme de masse comme un bon produit de marketing en tête de gondole. J'ai donc chercher les argumentaires pour affiner mon opinion sur cette polémique et un article sur«la dépêche du bassin» du 11 juin a éclairé ma lanterne.

Les pétitionnaires disent :«les scooters des mers sur le bassin d'Arcachon sont une pollution sonore et écologique. Sans compter les excès de vitesse et le non respect systématique des règles de nautisme»

Mis à part l'adjectif systématique il convient d'admettre le bon fondement de cet avis. Pollution sonore, ce serait de mauvaise foi de dire le contraire. Pollution écologique, ici aussi tout comme les bateaux, elle existe. Pour le reste il suffit simplement d'ouvrir les yeux. Pour la défense des scooters de mer le patron de Arcajet à Arcachon dont la devise est : « le plein de sensations fortes » se veut philosophe et essaye de contredire les a prioris :« N'est il pas vrai que l'ignorance est souvent la mère de toutes les craintes »

Stylo et feuille, vous avez quatre heures. Il a aussi l'argument qui fait mouche aux politiques et à l'opinion publique pour qu'ils entendent la sonnerie des tiroirs caisse qui s'ouvrent :« Nous faisons profiter pleinement l'économie locale(hôtels, restaurants, dégustations d’huîtres)...c'est aussi une vingtaine d'emplois en saison et environ 30 emplois indirects. »

Il prêche pour sa paroisse et défend à juste raison sa profession signalant même qu'il avait proposé un ensemble de mesures aux autorités compétentes afin de limiter les incivilités et permettre un partage raisonné du plan d'eau » Soit cette proposition était une astéride en bas d'une page, soit les autorités ne sont pas si compétentes pour vouloir les appliquer. Après il démonte des fakes news totalement absurdes qui se promènent sur les réseaux sociaux comme quoi les huîtres ne sentent pas le gas oil à cause des jets de turbine, que ces même jets ne tuent pas les poissons etc etc... pas la peine d'épiloguer même si il y aurait des choses à dire cependant il reconnaît quand même :« Nous rencontrons de plus en plus de problèmes liés à l'incivilité croissante. Certains s'autorisent à naviguer près des plages, dans les 300 mètres, à beacher sur les plages en zones interdites, à ne pas respecter les zones de baignades. Ces comportements doivent être réprimés avec vigueur et sont absolument non excusables. »

Si sa bonne foi peut paraître évidente, elle est quand même contradictoire avec les prestations que propose sa société car pour promettre des sensations fortes à 100 euros de l'heure sur des machines de 150 cv et plus il faut être sacrément crédule pour croire que la clientèle veut juste faire plouf plouf sans vroum vroum. Ce serait comme visiter les monuments de Paris en Ferrari en première et juste passer la seconde sur le périphérique.

Encore une fois et comme pour la polémique du banc d'Arguin c'est la situation économique qui veut être mis au premier plan avant la situation écologique. Nous revenons à grande vitesse au bon vieux temps d'avant et c'est regrettable. L'interdiction des scooters de mer existe en France, dans le parc national des calanques près de Marseille, sur le lac d'Annecy et du Bourget ou le lac Léman mais d'autres secteurs comme le golfe du Morbihan rencontrent une opposition féroce face à l'interdiction. Les plaisanciers dont les scooters des mers ont encore du temps devant eux pour faire des bras d'honneur à leurs détracteurs. Tant que les seigneurs de l'oligarchie arcachonnaise reste dans le déni sur la dégradation de la biodiversité sur le bassin, qu'ils auront la main mise sur le parc naturel marin et que le touriste soit heureux, il n'y a pas grand chose à faire mise à part combattre leurs idées mortifères de n'importe quelle manière et moi, je vais continuer à faire plouf plouf sur mon kayak.
 



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05 juin 2020

VOULEZ VOUS DANSER?

marche

IMG_20161019_163021J'ai la tête vide. Ces gens devant moi avec leur masque ou leurs yeux lancent dans l'air de la suspicion nauséabonde me rendent profondément triste car ils recherchent coûte que coûte à retrouver la vie d'avant et sa société consommatrice de l'inutile quitte à souiller les plexiglas des enseignes mercantiles comme une prostituée retire le préservatif à son client. Terrorisés par la peur de crever ou de contaminer tante Simone, cette vieille chouette qu'ils haïssent en temps normal. Ce que je dis n'est pas bien, je sais.. Ma vieille mère avec sa vieille amie l'arthrose n'en pouvait plus de ne plus ressentir l'étreinte de son fils effacée par une solitude imposée sans avoir son mot à dire. Alors elle préféra prendre le risque de mourir avec de la tendresse que seule au milieu d'une détresse respiratoire. Elle a enclenché « la valse à mille temps de Jacques brel » sur son vieux radio cassette en me demandant de la faire danser. Joue contre joue, main dans la main nous avons tournoyé lentement autour de la table du salon puis je l'ai délicatement reposé dans son fauteuil relax. Ses yeux brillaient de mille feux et un sourire fendait son visage jusqu'au oreilles. Et si par malheur je venais de lui semer la graine de la mort, serais je pour autant un assassin ? Heureusement les rengaines de cette valse dans ma tête m'enlevèrent aussitôt le moindre doute.

Confinement à la kommandantur d'Arcachon. «Crème antirides»alias Yves Foulon l'ancien nouveau maire fraîchement élu haut la main observe sa ville confinée en pratiquant énergiquement la corde à sauter. Vêtu juste d'un petit short rose moulant, le corps dégoulinant de sueur il sautille comme un Mohamed Ali en petite forme. Soudain son regard se fige et ses yeux fixent la pointe de la grue de chantier face à lui. Il ouvre grandement ses oreilles à la recherche du moindre couinement qui pourrait lui mettre du baume au cœur ou le bruit d'une bétonnière, d'un marteau piqueur qui fracasserait ce maudit silence qui l'angoisse tant. Mais rien, pas un son. Seuls les cris d'une mouette rieuse qui passe dans le ciel clair semble se moquer de lui, accentuant momentanément son désespoir. Il passe la tête par la fenêtre dans l'espoir d'apercevoir une vieille rombière aficionados promenant son toutou ou une grosse berline à qui il pourra faire un coucou d'un signe de main mais seules les foulées d'un joggeur résonnent dans l'avenue qui sonne creux.

Au deuxième jour du déconfinement en pleine séance d'UV car le soleil approfondit les rides de son visage le bruit d'un pignon de crémaillère le sort de son bien être. Il se précipite à la fenêtre pour apercevoir deux ouvriers en train de remplir une bétoniere. Enfilant son peignoir en soie noire ou figurent ses initiales cousues au fil d'or il file à toute vitesse sur le chantier. Théo un vieux sénégalais qui attend toujours sa naturalisation, payé au ras des pâquerettes pour qu'il ferme sa gueule et Karim qui attend toujours son CDI regardent cet étrange petit bonhomme qui s'avance vers eux.

«- Messieurs quel bonheur de vous revoir, vous les bâtisseurs de ma cité. Laissez moi quelques minutes savourer le doux ronron de votre outils et renifler les senteurs du sable blanc que le béton transformera en forteresse pour gens aisés. Ma joie aurait été parfaite si je pouvais entendre le pouic-pouic de cette majestueuse grue jaune se fondre dans le ballet des rotations comme une valse enivrante qui serait le symbole de mon empire. Ah...Welcome mes amis !! »

 

Avant le confinement et après une énième nouvelle fessée électorale la libanaise chéguevariennne alias Anny bey avait rangé sa sulfateuse au placard et clôturé ses réseaux sociaux pour vouloir aller se perdre dans la chaleur écrasante du bush australien avec l'espoir de trouver de l'opale dans une mine désaffectée. Hélas, l'espace aérien étant fermé elle a pris le temps de ruminer sa rancœur pour digérer la défaite sous les pins de la presqu'île du Cap Ferret et revenir chargée en étant tout autant sulfureuse à la prise de fonction du nouveau maire de Lège Cap-Ferret«le dentiste» alias Philippe de Gonneville. Décidément cette dame est indécrottable. Après s'être fait rouler dans la farine puis jeter comme un kleenex par les ténors de la droite régionale, après avoir pris déculottée sur déculottée lors de divers élections publiques elle n'a retenu aucunes leçons préférant retourner dans l'arène avec son étendard. En politique il faut avoir certes un fort égo bien proportionné mais surtout pas surdimensionné, avoir un amour propre bien camouflé mais surtout pas exacerbé par crainte d'y mettre le feu, il faut savoir utiliser le double tranchant du sarcasme pour ne pas perdre sa crédibilité. Il ne suffit pas d'être une bonne opposante dans la contradiction, de sortir au grand jour des vérités établies mettant à mal le pouvoir en place car hélas... les gens n'aiment pas entendre un chien qui aboie tout le temps.

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Dès les premiers jours j'ai vite compris que le monde d'avant sera encore plus pire dans le monde d'après. Ce rêve de croire que cette pandémie était l'occasion de changer le monde aura perduré quelques temps, quelques jours pour devenir une sombre utopie qu'il faudra oublier rapidement. Je ne suis pas inquiet car tant que l'essentiel suffit à combler mes besoins, le reste n'est que dérisoire. Alors «les jours heureux» que promet notre mignon président de la république en imposant le paroxysme de l'absurde comme marche à suivre risque à la longue de fabriquer des gens malheureux qui seront fracassés par la crise économique qui va poindre son nez rapidement et la grogne sociale étouffée momentanément risque d'amener l'orage dans la chaleur écrasante. Alors si les pluies diluviennes du 11mai qui ont inondé le bassin d'Arcachon deviennent plus intenses et de plus longues durées les ostréiculteurs n'auront pas fini de voir le tsunami d'étrons et d'urine fétide de nos égouts envahir leurs cabanes pour se déverser directement dans les ports tuant net la dinophysis cette micro algues qui empêche la vente à emporter.(vidéos disponibles sur Internet) Le SIBA (syndicat intercommunal du bassin d'Arcachon) pourra produire une nouvelle campagne de communication pour le tourisme en promouvant la pêche à la truite landaise vagabondes depuis sa chambre et déguster du caviar sur un lit de sable fin. Que de belles images! Ainsi les habitants du val de leyre ne seront pas oubliés. 


Pendant le confinement à Facture Biganos «le béguey» petit coq en gascon alias Bruno Lafon  le maire fraîchement réélu s'est cloîtré dans son garage avec la ferme intention de bichonner sa Harley Davidson avec le doux rêve de transformer l'extension de sa zone commerciale qui attirera la masse gloutonne de consommateurs du bassin d'Arcachon et de ses environs en créant le plus gros rassemblement de bikers européens qui pourront laisser la gomme de leur engin sur le frais goudron des parkings. Il faut donc que sa bécane soit rutilante pour qu'à la fin du confinement il puisse parader dans les rues de sa ville pour annoncer fièrement son projet à ses administrés. C'est avec un stock de bière Kro, des rib's sauce barbecue à réchauffer et l'intégral de Métallica pour se mettre dans l'ambiance qu'il a entièrement démonté et remonté dix fois sa moto. Le moindre boulon la moindre vis nettoyés à la brosse à dents jusqu'à utiliser le coton tige pour aller chercher la lichette de cambouis cachée dans les cylindres, masser pendant de longues heures le cuir de la selle afin de mieux préserver son séant des bosses de l'asphalte puis lustrer tous les chromes jusqu'à apercevoir la blancheur de sa denture en effet miroir. Le jour j il découvre que l'abus de houblon et de gras de porc n'est pas un bon lubrifiant pour la fermeture éclair de son blouson en cuir puis il regarde langoureusement les cambrures de sa machine en se passant les doigts sur les lèvres:

«-Comme tu es belle..J'ai presque envie de te faire l'amour.»

Il enfourche son américaine et lui balance un coup de kick pour la démarrer..mais rien ne se passe. Un deuxième..mais toujours rien. Un troisième rien. Un quatrième..Hélas rien. Un cinquième...

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J'aurais pu continuer la valse des pantins sur la réélection au premier tour des autres maires du bassin d'Arcachon mais c'est la disparition de Guy Bedos qui coupa net mon envie car si je suis devenu profondément de gauche, c'est un peu grâce à lui et je le remercie éternellement. C'est dingue comme ils vont tous au paradis comme son ami Jean Loup Dabadie puis l'immense acteur Michel Piccoli dont aucuns navets n'ont poussé dans sa filmographie. Bon vent messieurs et merci encore.

Mon oncle Henri était un grand cinéphile et un bel alcoolique depuis que Nicole sa femme avait mis les voiles avec Bernard qui dirigeait une petite boite de maçonnerie dans le coin. A chaque réunion de famille quand il avait son compte il se levait de table pour nous faire le mime d'une scène de film qu'il fallait deviner. Autant dire que la rigolade était au rendez vous. A une cousinade la déprime plus lourde noyée dans le pastis l'avait amené sur les sommets. Il était cuit et recuit. Il poussa sa chaise brusquement et dut se reprendre à plusieurs reprises pour attraper la bouteille de jaune qu'il leva au dessus de sa tête. Comme le poète maudit il essaya de lui réciter en bafouillant le sketch « le lâcher de salopes «  de Jean Marie Bigard sous les regards médusés de l'assistance. Puis il s'arrêta net de parler pour essayer de se concentrer en devenant rouge pivoine. A cet instant je savais que le pire allait arriver, que le spectacle allait devenir grandiose. Il lâcha un énorme pet monstrueux hélas non contrôlé avant de basculer en arrière pour s'écrouler ivre mort. Ce n'est que quelques années plus tard quand j'ai revu « La grande bouffe » de Marco Ferreri ou Michel Piccoli déclame du Hamlet à une tête de veau, lâche un vent et meurt en tombant sur la table que j'ai compris que Henri avait réussi son coup car personnes n'avaient deviné le titre du film. C'était certes moins classieux que Piccoli mais c'était un excellent choix.

PS : Je me suis aperçu que certains de mes billets ont disparu. L'Hébergeur de mon site ne voyant pas la cause, je remets donc le billet du 01/01/2020 « Dix ans déjà »

 

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Dix ans déjà !! Une décennie à essayer de comprendre, à courir après le temps qui passe qui vous enveloppe comme une brume de mer et qui se dissipe au moindre rayon de soleil. Je me rappelle de la vidéo ou ma fille apparaissait en laissant tomber des feuilles de papiers ou elle dénonçait un projet d'urbanisation qui allait faire disparaître la forêt ou elle avait planté son arbre de naissance.

Prochainement elle va voler de ses propres ailes mais la chêneraie des Quinconces à Andernos les bains a été définitivement sauvée. Alors j'ai continué à écrire des billets d'humeur car le territoire sur lequel je vis ne correspond pas à l'image qu'on veut lui donner et pire, voir mon propre jardin d'enfance sombrer écologiquement m'est devenu insupportable. Beaucoup de questions étaient sans réponses et si mes certitudes n'étaient pas très loin, il fallait absolument aller chercher les réponses manquantes car je me sentais seul face à un vide abyssal que provoquait le silence de l'inaction. Le cri de la bernache est né et grâce à ce blog j'ai pu trouver énormément de réponses, rencontrer de bonnes personnes et échanger des informations avec des lecteurs et des lectrices. Je réponds aussi à mes détracteurs car parfois ils réussissent à me faire douter. Aujourd'hui je suis au regret de vous annoncer catégoriquement que l'âme et l'esprit du bassin d'Arcachon ont disparu définitivement. C'est ainsi, il ne faut pas se mentir à soi même et faire le deuil d'une époque révolue. Je le conçois pleinement car le monde est en mouvement et l'humain doit s'adapter pour espérer transmettre un monde meilleur aux générations suivantes. Si on regarde actuellement la situation de la planète, même si de bonnes choses sont positives ci et là , qu'il y a du mieux sur certains points , il est difficile d'être objectivement serein et optimiste sur un avenir à long terme. Loin de moi les idées négationnistes ou complotistes, il suffit de faire un simple constat de la situation juste en levant les yeux pour regarder autour de soi. Les premiers habitants du bassin d'Arcachon gascons et basques ont quitté leur terre natale pour trouver un lieu avec une douceur de vie incomparable et même si il fallait tout construire ils décidèrent que le jeu en valait la chandelle. Ils plantèrent des pins pour stabiliser les sols sableux afin de bâtir leurs maisons dessus profitant du gemmage comme source de revenu en complément de la pêche avant que le travail de l’huître n'arrive. Les bains de mer et le bon air iodé attirèrent très vite la bourgeoisie bordelaise qui s'installa à Arcachon provoquant l'arrivée rapide du chemin de fer pour parfaire son aura et participer aussi au développement du territoire. Mis à part cette ville, le bassin était constitué de petits villages devenant vite ostréicoles. Si le charme du coin était enjôleur, le labeur était dur et sans pitié. Les familles se sont soudées pour faire face à l'adversité ne laissant pas de place à la solidarité. Sans faire de philosophie à deux sous, on pourrait définir cela par une forme de stoïcisme ou il faut bâtir sa tour d'ivoire en acceptant le fatalisme. Des noms se sont formés et crées des empires perpétrant cette culture de génération en génération ou le plan d'eau était respecté et protégé. L'esprit bassin venait d'écrire ses lettres de noblesse jusqu'aux années 70 ou le pouvoir en place décida d'insuffler de la modernité dans ce monde paysan de la mer. Il a fallut trouver la bonne martingale pour allier les grandes familles au projet de développement et les associer avec la manne du tourisme en plein extension. Ainsi une oligarchie se mit tranquillement en place pour gérer au mieux cette cohabitation et donner l'impression de ne léser personne. Tout le monde prouvait prospérer sans se soucier de l'autre dans un cadre idyllique. Hélas les différentes crises économiques, le libéralisme sauvage et l'oligarchie ont disloqué les vieilles familles ostréicoles étouffant à feu doux l’âme du bassin d'Arcachon, détruisant outrageusement le système écologique en essayant de ne garder l'esprit bassin que comme un simple outil de communication. C'est le stoïcisme de nos ancêtres qui n'ont pas vu ou refusé de voir le loup venir et c'est en rencontrant Joël Dupuch que ma conviction s'est faite entièrement. C'est un roc, c'est un pic c'est une péninsule c'est notre Depardieu local mais dans un coin sur la terrasse de son fief devant une tasse de café, le cigarillos aux lèvres en feuilletant les pages du journal il est totalement fondu dans dans l'atmosphère des clients du petit matin qui refont le monde. J'étais presque gêné de casser son rituel mais j'avais besoin d'entendre son avis pour affiner ma réflexion sur le déclin du bassin d'Arcachon. Une sérénité se dégage de ses yeux bleus et c'est avec bienveillance qu'il écoute mes propos. Je m'aperçois très vite qu'il connaît pleinement la problématique du bassin mais il préfère botter en touche renvoyant la balle aux décisions politiques. Ce fatalisme brut me déstabilise un peu alors étant un enfant du sérail comme lui depuis six générations je tourne la conversation vers la transmission. Quel coin de paradis va t'il laisser à sa fille? Son emploi du temps l'oblige à couper court cet entretien mais il me laisse ses coordonnées personnelles me demandant de lui envoyer toutes les questions que je voulais et qu'il y répondrait. Chose que j'ai faite et que j'ai réitéré plusieurs fois mais sans aucunes réponses de sa part. Finalement en agissant ainsi, j'avais ma réponse. Il avait réussi à se construire son paradis et tant qu'il pourra déguster ses impératrices, le reste importe peu. Je n'ai pas de jugement et c'est très respectable même si j'aurai aimé lire ses réponses sauf que je ne partage pas tout à fait cette philosophie. J'ai cette phrase de mon grand père qui résonne toujours encore dans ma tête. Je devais avoir une douzaine d'années et nous attendions de relever le filet pour les vendangeurs en observant la féerie du ciel couchant. J'étais fasciné par la beauté peut être plus fort encore qu'aujourd'hui. Et avec son petit sourire et sa voix calme :

« Le bassin, prend en soin ...»

 

boyton

C'est dans la lutte, en refusant la croyance du fatalisme afin de faire exister les causes justes que la transmission a perduré et qui m'a permis d'apprendre à dire non. Je lui en serai éternellement reconnaissant. Dans les maisons de nos ancêtres le minimalisme était juste essentiel car le bassin suffisait à être tout. Aujourd'hui Nous avons tout dans nos maisons et le bassin n'est plus rien qu'un décor aux lumières changeantes. Sauf que sans le bassin nous ne sommes plus rien. Au fil de ces années passées, les consciences ont quand même un peu bougé même si pour certains, une majorité hélas, il est encore difficile d'accepter d'aller vers la transition écologique . L'oligarchie arcachonnaise en place applique outrageusement le green washing comme alibi face à leurs actions dévastatrices pour l'environnement mais si leurs décisions deviennent de moins en moins convaincantes, elles rassurent encore leur électorat pour qu'il puisse avoir toujours une part de gâteau. Les prochaines élections municipales vont donner le ton et la vision pour les années à venir et c'est à chaque citoyen de prendre la bonne décision pour mettre en place cette transition. Nous sommes un petit territoire de 150 km carré et ce nouveau challenge, comme nos ancêtres,en vaut vraiment la chandelle. Il pourrait même servir d'exemple et provoquer une synergie si nécessaire. Nous sommes en période de vœux, alors allons y gaîment, croyons que c'est possible !!!

08 mai 2020

DE L'HERBE SUR LES TROTTOIRS

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(Si l'histoire qui va suivre est sortie directement de mon imagination, que les personnages sont fictifs ou très grossièrement détournés, les faits qui m'ont été rapporté par mes voisins et des lecteurs ont été bien réels afin qu'ils puissent être juste brodés dans le récit. L'exercice de la gendarmerie mobile de Maison Alfort sur le nord bassin d'Arcachon pour faire respecter le confinement fut totalement disproportionnée, parfois injuste et souvent absurde alors mieux vaut en rire...)

 

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Matricule Erzan c'est l'heure de la promenade. Le bon de sortie en poche je me décide de descendre ma rue qui mène à la plage. Les herbes hautes qui recouvre les trottoirs donne un côté sauvage ou d'abandon suivant comment on veut les regarder. Les oiseaux manifestent bruyamment leur joie par un concert de chants ininterrompus pendant que j'attends patiemment une hypothétique libération. Peut être se moquent ils de moi? Cette rue je la connais depuis toujours, ce quartier est dans mon ADN pourtant à ce moment précis je ressens comme un malaise et je me surprend à chercher un morceau de vie dans ce calme ambiant. Pierrot est dans son jardin et il tourne comme un lion en cage. Pas un brin d'herbe qui dépasse, les rosiers taillés et le cabanon fraîchement repeint. Il semble chercher une énième occupation qui pourrait lui donner un peu d'air car sa femme a eu la mauvaise idée de faire un AVC en plein confinement. Nicole assise sur un banc sous le tilleul l'observe avec un regard de bienveillance. Elle se remet doucement sans trop de séquelles mais elle se sent terriblement coupable de la double peine qu'elle fait subir à son mari. En me voyant il se précipite pour engager la conversation qui brisera un peu sa routine en discutant de tout et de rien alors je m'efforce de trouver la bonne plaisanterie pour lui remettre la banane aux lèvres. En partant, Nicole lève lentement son bras pour remuer ses petits doigts en guise d'au revoir. En face Samia était penchée sur ses jardinières et ses fesses moulées dans un mini short aurait fait pâlir un moine. Cette pure marseillaise arrivée dans le coin il y a plus d'une vingtaine d'années et qui avait gardé son accent si particulier est une sacré bonne femme. Totalement indépendante elle avait gravit ardemment l'échelle sociale pour devenir une infirmière chef très appréciée dans son service. Au début de la crise elle était partie à Colmar pour épauler ses collègues revenant plombée par le virus qui l'obligea à rester en quarantaine à son domicile.

«-Oh putain Marseille, ne reste pas penchée comme ça ! lui dis je.

-Ah c'est toi !..offre moi donc une cigarette.»

Son visage était très marqué, son corps avait perdu du muscle et il manquait beaucoup de lumière dans ses yeux.

«-Comment vas tu? Tu fumes maintenant?

-Oui depuis mon retour de là bas. Il me fallait une aide. Heureusement après je n'ai pas trop dérouillé. Un peu de toux et une journée de fièvre. Désormais je suis guéri, c'est derrière moi mais rien n'effacera ce que j'ai vu et fait à Colmar. Mais là maintenant, sais tu quelle énorme envie accapare mes neurones?"
 

Oh oui je savais très bien. Samia avait gardé mes enfants en bas âge plusieurs fois. Au fil du temps une amitié solide avait tissé un lien entre nous pour partager ensemble d'exquis moments. Après les apéros à rallonge où les repas très conviviaux sa gouaille pouvait nous débiter des récits jubilatoires de ses nuits aux urgences ou un mélange de sordide,de cocasse, de misère sociale, de surréalisme arrivait à nous faire rire aux éclats. Mais aussi, totalement accroc à l'application Tinder elle pouvait déballer ses frasques sexuelles sans aucune pudeur, sans filtres et avec toutes les exagérations méditerranéennes.

« -Un bon gars bien vicieux qui me régalera toute la nuit.

-Désolé Samia, ce n'est pas pour moi car je ne tiendrais pas toute une nuit.

-Fais attention si tu vas vers la plage. Les flics sont sur les dents. Ils jouent aux cow-boys en alignant tous les résidents locaux. Hier j'ai voulu donner des magazines à Nicole. Je sors de chez moi, traverse la rue pour poser la poche derrière le portail quand deux gendarmes déboulent fissa sur leur VTT. Pas ceux d'ici, non, des craignos tout en noir de maison Alfort. Le plus vieux des deux me demande l'attestation de déplacement. Je lui explique que j'habite là et que je posais juste de la lecture à ma voisine. Il me répond que je suis dans l'illégalité et qu'il allait me verbaliser. Je l'ai regardé droit dans les yeux et j'ai vu de suite que j'avais affaire à un gros con qui voulait faire du zèle devant la jeune recrue et qu'il allait en profiter pour humilier la beurette que je suis en bon facho qu'il était. Et voilà que cet abruti me déblatère sa morale à deux balles sur les gestes barrières,sur le bon civisme à adopter en temps de pandémie et tout un tas de conneries. Le pire c'est qu'il frétillait ce con, fier de son discours devant le jeunot alors croyant enfoncer le clou il me balance

 « Madame, que feriez vous si l’hôpital vous téléphone pour vous demander de choisir la personne à entuber entre votre père et votre mère ?

-Monsieur, mes parents sont morts et enterrés depuis une décennie. Un accident de la route. Percutés de plein fouet par un chauffard lourdement alcoolisé et j'étais de garde aux urgences ce jour là. Maintenant pour répondre à votre question, ce que j'aurais fait.. je n'en sais rien. Par contre si un jour je dois choisir qui entuber entre vous et une vieille personne... mon choix est déjà fait. Je suis rentré furax à la maison. Alors fais gaffe. »

La douceur printanière de cette fin d'après midi est sublime et la quiétude qui règne sur la plage déserte arrive quand même à étouffer un peu mes frustrations. Avec cette marée montante j'aimerai tellement aller tremper mes pieds dans l'eau pour laisser sa fraîcheur me raidir les mollets puis je chercherais la venue des petits crabes pour ressentir en bouche la saveur de la soupe à Isa. Les bouées blanches des corps morts sont orphelines de bateaux dessinant de longs chapelets à perte de vue. Je suis là au bout de ma rue à contempler ce si beau plan d'eau happé par ce lourd silence qui le magnifie. Il me tarde tellement d'aller voir à marée basse si les herbiers ont réussi à s'implanter, si l'estey s'est reformé, si les palourdes sont revenues. Je crève d'envie de prendre mon kayak pour fendre les flots et avec l'âme divagante attendre le frétillement de mes cannes à pêche. Je voudrais aussi m’asseoir sur un des banc près des tamaris à méditer sur un soleil couchant ou discuter le bout de gras avec un voisin.. mais c'est interdit. J'aperçois alors deux gendarmes en VTT roulant sur le sable dur pour fondre littéralement sur ma personne. Après avoir vaguement vérifié mon attestation et ma pièce d'identité, le plus vieux des deux en sueur après l'effort me dit :

« -Monsieur je vais vous verbaliser car l'accès aux plages et lieux publics sont interdits pendant le confinement.

-Excusez moi mais je ne suis pas sur la plage mais au bout de la rue.

-Monsieur vos pieds sont sur le sable donc vous êtes sur la plage.

-Excusez moi encore, mais c'est les tempêtes d'hiver qui recouvrent de sable le bout de la rue. Sous ce sable vous avez du goudron. Je ne suis pas sur la plage.

-Monsieur vous avez les pieds dans le sable donc vous êtes sur la plage je vous verbalise à la hauteur de 135 euros.

A cet instant je repense à Samia. Elle avait bien raison. Pas de doute c'était bien le gros con si bien détaillé. Je regarde le jeune qui l'accompagne mais ce dernier ne cherche visiblement pas ma compassion en me renvoyant son poker face. C'est alors que les événements ont basculé dans la quatrième dimension. Yvon un propriétaire en première ligne déboule sur sa terrasse en hurlant :

« - Ne te laisse pas faire Patrick. Ces gros bâtards voulaient m'aligner parce que je ramassais la crotte de Pépette devant chez moi. »

Yvon avait fait toute sa carrière professionnelle comme commercial dans la société Ricard. Il descendait dans tous les restos routiers, toutes les foires et tous les bistrots de la région en promotionnant au maximum son produit. Il avait récupéré la maison familiale de Sophie sa femme. Une superbe demeure les pieds presque dans l'eau qui permettait à Sophie de s'investir pleinement à sa passion en peignant des croûtes monumentales. Complètement dans sa bulle parfois presque lunaire elle a un charme teinté de mystères face à la lourdeur pochetronesque de son mari qui passe ses journées à miser aux courses sur internet en entretenant sa cirrhose bien avancée. Il ne fallait surtout pas accepter son invitation pour un apéro, au risque de repartir à quatre pattes dans ses pénates. Et là, le bougre avait déjà son compte, transpirant l'alcool à grosses gouttes avec le cerveau en ébullition.

« -Monsieur je vous demande de rentrer chez vous et de ne pas intervenir.

-Méfie toi de celui là, c'est un gros enculé répond Yvon.

-Monsieur c'est un outrage à agent dans sa fonction.

-Vas y toto fais ce que tu veux je t'emmerde. Je suis chez moi et je dis ce que je veux, ce que je pense. »

La situation part dans tous les sens. Quelque part dans ma tête je rigole quand soudain le couinement des roues du déambulateur de monsieur Mangin accompagné par sa dame entre dans la danse pour pimenter l'instant présent. Ce couple est le plus fascinant de ma rue. Ces octogénaires anarchistes viennent tous les jours se poser sur un banc pour apprécier la plénitude de la plage. Ce que je sais d'eux c'est qu'ils avaient été commerçant ambulant sur les marchés en vendant des fringues puis des sous vêtements féminins avant la retraite. Pour la rue ils sont« Monsieur Mangin et sa dame » car ils ne communiquent que rarement avec les gens, se contentant simplement de dire bonjour au revoir avec un large sourire pour entretenir le respect. Je les adore. Il y a longtemps j'avais réussi à engager une conversation avec lui car sa dame ne parle pratiquement jamais sauf une fois pour me dire qu'elle adorait lire les romans d'amour de la collection Harlequin. Je crois  que c'est Monique qu'elle s'appelle et lui René. Les gendarmes s'écartent pour les laisser passer et ils s’assoient sur le banc comme si de rien n'était.

« -Monsieur Mangin partez, ces fumiers vont vous mettre une amende. Hurle Yvon.

-Appelle du renfort et contrôle ces personnes.

-Allez rentre à la maison, ça suffit maintenant dit Sophie »

Le jeune gendarme s'approche de Monique en lui demandant les attestations et elle lui fait signe de la tête de s'adresser à son mari.

« -Monsieur je voudrais voir vos attestations.

-Vas te faire foutre. Tu ne vois pas que tu nous emmerdes. Ma femme et moi voudrions passer un moment tranquille en cette fin de journée si paisible. Nous venons tous les jours à cet endroit précis car nous restons confinés le reste du temps dans notre maison. Alors mon garçon, il serait à votre avantage de passer votre chemin pour nous laisser savourer ces instants privilégiés. Mais puisque apparemment votre supérieur ne semble pas comprendre la moindre once d'humanité, nous allons regagner notre domicile avec l'espoir de ne plus vous revoir prochainement.

-Heuh.. je vais en profiter pour vous raccompagner si cela ne vous dérange pas. » Dis je

Sans même attendre la moindre réponse nous quittons le lieu pour remonter la rue au rythme du déambulateur de monsieur Mangin quand le fourgon bleu marine du renfort s'engage pour rejoindre ses collègues. Il nous dépasse au pas et le chauffeur nous dévisage comme si nous étions des terroristes. René s'arrête pour le saluer en souriant, tout comme Monique qui remue son livre et j'en profite pour sourire intérieurement. Heureusement que Samia ne s'est pas pointé pour mettre la cerise sur le gâteau. Je n'imagine même pas. Restons en là.

« -Décidemment c'est à se demander si ils ne sont pas consanguins dans cette brigade. Dit René.

-Tu as raison il avait l'air aussi gratiné que celui de la plage... Vous ne trouvez pas que ces herbes hautes sont jolies dans cette rue ? Me demande Monique

-Assurément .. et heureusement car avec le confinement seules les herbes hautes peuvent se permettre le droit d'être folles...

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27 avril 2020

LES PARADIS PERDUS

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Il semblerait que le bassin d'Arcachon jusqu'ici assez préservé du COVID19 soit contaminé par le CONFOU20 ou le Caubarcvirus au sujet du banc d'Arguin. A la vue du déconfinement les plaisanciers et autres amis bouffeurs de coques sont pris d'une forte fièvre pour supprimer toutes les nouvelles lois liberticides qui nuisent à leur égoïsme exacerbé afin de se remonter le moral et effacer toutes les souffrances psychologiques du confinement comme un junky en cours de sevrage à qui on voudrait offrir un sachet d'héroïne. Notre philosophe local Confoulous alias Joël Confoulan président de la Caub'Arc (confédération des associations des usagers du Bassin d'Arcachon) a pris sa belle plume pour adresser à la préfète et aux instances concernées une missive demandant à faire sauter toutes les barrières afin d'éviter un agglutinement massif dans les eaux du bassin d'Arcachon et du banc d'Arguin. C'est à se demander si il faut en rire ou en pleurer. Cependant cette réaction confirme pleinement mon opinion à tout ce que j'ai écrit sur ce sujet. Cette pandémie montre que l'addiction de l'espèce humaine pour le profit engagée depuis des décennies par un néo libéralisme sauvage engendre des bouleversements terribles pour nos conditions sanitaires et sociales par les dérèglements climatiques néfastes à la biodiversité qui entraîneront indéniablement l'apparition de nouveaux virus. Attention..je n'invente rien.. ce n'est pas moi qui le dit, ce sont les scientifiques et même notre président Macron ( du bout des lèvres). Le monde entier prend conscience que nous ne pouvons pas continuer dans le monde d'avant sans rien changer. Maintenant, entre le penser et agir le grand fossé n'est toujours pas prêt à être comblé et ces messieurs de la soi disante « plaisance du bassin d'Arcachon » demandent à retourner dans l'avant de l'avant pour ne pas que l'après soit pire que l'avant. Décidément ces gens sont des indécrottables totalement englués dans leurs certitudes. Tous les jours le quotidien Sud Ouest abreuve ses lecteurs de vidéos en 4K et photos sublimes de la dune du Pilat et du territoire vierge de tout tourisme de masse montrant la nature qui profite de notre absence pour dévoiler « l'essentiel » aux cons que nous sommes et je dois être encore plus con que les autres car j'ai l'impression que personne ne comprend ce qu'elle essaye de nous dire. Il n'y a qu'à voir le SIBA (syndicat intercommunal du bassin d'Arcachon) qui commande une nouvelle vidéo ou cet état de fait servira de comparaison pour attirer d'avantages de touristes car le cash va devoir entrer dans les caisses en toute urgence. Non, je suis désolé, c'est l'occasion unique de repenser, de repartir sur de nouvelles bases et de se réinventer pour une vision sur du long terme sans attendre la fibre écologique que nous promet les seigneurs des mairies fraîchement élus par des partisans asservis conservateurs du bien être de leur nombril. A y regarder de plus prêt, il est flagrant de remarquer que leurs discours, leurs méthodes sont similaires à celle de l'autre abruti Outre Atlantique et en voulant faire du « Make Arguin great again ou Make BA great again» ils deviennent plus obscènes que Donald Trump. En attendant que vous puissiez poser votre bateau sur ce banc de sable pour vous retrouver entre amis autour d'un apéro sachez, même si vous le savez déjà, que je vous hais...bande de petits Donald Trump et pas la peine de m'envoyer ou de me rabâcher vos argumentaires. Vous êtes libres de vos opinions de les diffuser mais n'utilisez pas la protection de l'environnement à vos idées comme un outil de marketing et avant de faire ronfler vos moteurs..réfléchissez. Merci.

https://www.sudouest.fr/2020/04/26/bassin-d-arcachon-les-plaisanciers-demandent-un-acces-plus-souple-au-banc-d-arguin-7440601-2733.php

 

Posté par paterzan à 10:36 - Permalien [#]
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