LE CRI DE LA BERNACHE

10 novembre 2018

TURBULENCES DANS L'AIR

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La plage est déserte. La marée tire lentement sa révérence dans la quiétude automnale et les oies bernaches prennent leur aise sur les terres qui apparaissent. Les bateaux ont abandonné leur corps morts pour l'hiver venant et seul le cliquettement d'un hauban d'un voilier oublié par une petite bise noroît annonce les premières notes d'un requiem pour coucher de soleil. La déclinaison rapide de cet astre lumineux apporte une féerie apaisante à mon âme vagabonde. Assis sur un banc près d'un tamaris rescapé, je suis bien. Les mauves des nuages jouent les travestis avec les tons des couleurs donnant des contrastes éblouissant au bleu azur du ciel qui cherchent à se réfugier vers le crépuscule. Le spectacle est grandiose. Un chat vient se frotter entre mes jambes puis s'assoit en fixant l'horizon. Lui aussi semble apprécier ces instants ou le temps est suspendu, ou ces moments magiques pansent les plaies du quotidien qui nous rongent pour mettre en avant un instant de bonheur dans l'existant du temps présent. C'est gratuit, quasi quotidien, il suffit simplement de faire l'effort de prendre son temps pour assister à une thérapie bienfaitrice. Et aujourd'hui nous en avons bien besoin pour ne pas perdre nos repaires face à la situation que l'époque nous livre. Chercher de l'optimisme demande de plus en plus d'effort mais n'y voir que du pessimisme serait une grave erreur. Ce bassin d'Arcachon qui s 'étend devant mes yeux, si beau dans les magazines glamour, sur les selfies, sur instagram magnifié par les réseaux sociaux et si fort dans mes tripes crève lentement comme la famine qui prend la vie d'un enfant au Yémen. Oui je sais ce serait démagogique de ne plus vendre d'armes à l'Arabie Saoudite sauf qu'il est écrit que la vente c'est uniquement pour se défendre. Affamer 14 millions de personnes à l'autre bout de la planète ne choque plus grand monde. Bande de dégueulasses !! On tronçonne un journaliste et on en rigole presque. Le redneck qui peut remplir le réservoir de son pick up pour aller chasser du migrant remplace Dieu par Donald Trump. Au Brésil, Dieu lui même délaisse l'innocence des enfants pour faire élire en évangélisant Jail Bolsonaro fasciste homophobe et raciste. Tout va bien, je vais bien. Le populisme fleurit un peu partout dans les consciences mais il ne faudrait surtout pas oublier que Adolf Hitler avait été élu par le peuple. Marine Le Pen a raison de se cacher, d'être silencieuse attendant son heure de gloire. Tous les voyants sont au vert. Notre mignon président jupitérien patauge dans la semoule en s'enfonçant dans le ridicule. L'itinérance mémorielle comme il dit. Quelle jolie formule ! Vouloir glorifier le maréchal Pétain, pourquoi pas ? Allons y gaiement, nous sommes prêt à tout accepter. Gloire à Saddam Hussein qui aimait son peuple comme Bachar el Assad. Vive Donald Trump, Vive Orban, vive Salvini, vive Erdogan , vive Jörg Haider!!Oui, allons y !! Si « Crème antirides » alias Yves Foulon maire d'Arcachon aime le béton c'est que tout petit il était passionné par les briques Lego. Si « Don Saluste » alias Michel Sammarcelli maire de Lège Cap ferret distribue des permis de construire c'est que tout petit il n'arrivait pas à gagner le concours de « Châteaux sable ». Si « la Baleine » alias Marie Hélène des Esgaulx maire de Gujan Mestras a une avidité sans bornes aux mandats électoraux c'est que toute petite elle collectionnait les tirelires. J'arrête là car le chat vient de se barrer. Sûrement que je devais dégager de mauvaises ondes. Heureusement la dernière lueur du soleil offre une touche d'orange dans un dégradé de violet sombrant dans l'obscurité. Une fraîcheur enveloppe mes épaules.Je regarde les lumières des villes qui s'allument telles les loupiottes sur le Mékong, tire une bouffée sur ma cigarette ( je sais ce n'est pas bon), le chat est revenu... mais il fixe mon regard.


01 novembre 2018

PARFUM DE CHRYSANTHEMES

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Je suis au regret de vous annoncer le décès de l'âme ferretcapienne le 26 octobre 2018. L'esprit de ces hommes et femmes qui avaient choisi cette terre pour y façonner un art de vivre malgré la dureté du labeur vient de s'éteindre par empoisonnement à la luxure infiltré depuis ces dernières décennies par les maîtres des lieux. Mise à mal par une longue maladie spéculative, jusqu'à peu, elle pouvait encore montrer sa beauté à tous ceux qui savaient garder les yeux ouverts. L'esprit Bassin vient de se retirer définitivement de cette partie du bassin d'Arcachon et il est désormais difficile de dire si il existe encore aujourd'hui quelque part autour. Le charme du Cap Ferret tenait justement par la mixité des classes sociales, toujours discrète mais harmonieuse qui savaient se mélanger et se respecter en préservant l'environnement et leur cadre de vie. Les portefeuilles remplis d'euros ont su persuader les indigènes de céder leur bien à ceux qui ne regardent que leur nombril avec le consentement des autorités pour transformer ce village en une sorte de Disney land pour millionnaires. L'autorisation d'implantation d'un palace cinq étoiles donnée par le tribunal administratif représente sa mise à mort emportant une identité culturelle dans son dernier souffle car les critères d'un établissement de très haut standing sont l'antithèse de l'esprit bassin.. surtout au Cap Ferret.

Les funérailles auront lieu lors de la pose de la première pierre...dans la plus stricte intimité.

https://www.sudouest.fr/2018/10/25/hotel-5-etoiles-au-cap-ferret-cote-sable-va-faire-appel-5511777-3246.php 

Alors oui, je suis triste d'une telle décision mais je suis surtout en colère par le manque de réaction. Je soutiens fermement les associations et Pascal Bataille propriétaire de l’hôtel « Coté sable » qui s'opposent à ce projet. En toute objectivité, il est difficile de comprendre comment le maire Michel Sammarcelli a pu accordé le permis de construire. Malgré toutes ses erreurs dans l'urbanisme qui ont défiguré l'environnement, la limite identitaire existait encore un peu tenant juste à un fil. Un palace n'a pas sa place au Cap Ferret si ce n'est flatter son égo vis à vis de ses voisins. L’hôtel « Ha(a)ïtza » au Pyla est justifié car il avait déjà existé possédant une histoire. Yves foulon maire d'Arcachon veut aussi son palace 5 étoiles sur le front de mer et si je suis contre son projet, je ne m'oppose pas au débat car cette ville d'une bourgeoisie vieillissante et conservatrice possède des arguments convaincants mais profondément rétrogrades comme d'être devenue une station balnéaire classique avec ses immeubles et son casino. Le Cap ferret représente justement l'inverse devenant au fil du temps le bon chic bon genre sauvage donnant un souffle de liberté par sa discrétion car il existe une réelle douceur de vivre qui n'existe nulle part ailleurs. C'est un privilège que les anciens avaient essayé de pérenniser mais il faut croire qu'il y a des forces supérieures au bien être, quitte à perdre notre âme. Les investisseurs de ce projet ne sont sûrement pas des philanthropes soucieux de préserver un cadre de vie. Ils attendront confortablement installé, le meilleur moment pour obtenir la meilleure plus value, puis basta. J'espère que leur étude de marché est fiable car il faudra rester ouvert à l'année puis convaincre une clientèle de venir l'hiver s'encanailler dans un trou perdu. Sacré challenge. Et si ça ne marche pas on pourra toujours recycler le bâtiment en une EHPAD de luxe. A moins que le maire demande la création d'un casino et d'une boutique Vuitton sur la propriété de Benoit Bartherotte.. Heureusement, un indien ne vend pas son âme au diable.

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21 octobre 2018

PAS DE CEPES CET AUTOMNE

EDITO

 

Cet automne le bassin d'Arcachon ressemble presque à un printemps californien. Tee shirt et tongs sont de sortie pour savourer pleinement cette douceur inespérée. Pourtant j'aimerai tellement qu'il pleuve un peu. Juste pour que les cèpes poussent. Hélas je crains que les carottes sont cuites pour cette année. Mais surtout j'espère que le dicton de mon grand père«année sans cèpes amène les tempêtes» ne se concrétisera pas cet hiver car j'en connais qui vont serrer les fesses en priant. Don Saluste alias Michel Sammarcelli maire de Lège Cap Ferret  commence à prendre conscience des potentielles catastrophes pour sa presqu'île en rechargeant le cordon dunaire de 40000 m3 de sable. J'ai déjà écrit tout le mal que je pensais sur le réensablement. C'est mettre un pansement sur une plaie ouverte. C'est extrêmement coûteux pour une efficacité moindre qui va changer la configuration des fonds marins en créant de nouveaux courants susceptibles de devenir plus destructeurs. Malheureusement il n'y a pas grand chose à faire face à l'érosion naturelle si ce n'est de maîtriser l'urbanisation et l'impact humain face à ce phénomène. Le silence des services de l'état et des chercheurs montre bien cette impuissance et il faudra bien admettre une bonne fois pour toute que le laxisme opéré dans l'urbanisme depuis des décennies donnera le ton de dangerosité pour l'avenir. Alea jacta est.

Alors oui, toutes ces manifestations, ces marches citoyennes contre le dérèglement climatique sont une bonne chose mais inefficaces face à l'indifférence des gouvernants et des lobbys. Le temps est l'ennemi de l'urgence et pour réussir à sauver ce qui peut être sauvé, il faut agir sans concertation car les belles paroles des dirigeants ne feront pas repousser les fleurs. Que penser quand notre président Jupitérien remplace son ancien ministre de l'agriculture Stéphane Travert pro lobby par Didier Guillaume disant que c'est aux scientifiques de faire la preuve ou non qu'il y a des conséquences à l'usage des pesticides ou pas? Ou encore à la nouvelle secrétaire d'État à l'écologie Emmanuelle Wargon qui fait l'éloge de l'huile de palme et des ogm en ayant travaillée pour Danone le 5ième pollueur de la planète et en étant sous les ordres de François de Rugy carriériste et serpillière devant les lobbys. Ne me dites pas que vous croyez en Trump pour sauver le climat ou à Poutine ou à Merkel. Alors qui d'autres mis à part nous? Je crois qu'il va falloir s'adapter à subir la violence environnementale et devenir fataliste face à l'adversité. Mis à part un soulèvement citoyen, je ne vois pas d'autre solution.

PS : Je tiens à féliciter le nouveau préfet de la région et de la Gironde Didier Lallement qui est un véritable rempart aux décisions des barons locaux et qui est un gros espoir dans la lutte pour la sauvegarde de l'environnement. Cela faisait bien longtemps qu'une telle autorité n'avait pas autant contrarié l'oligarchie arcachonnaise. Il est en place pour quatre ans mais c'est déjà pas mal.

 

Heureusement la légèreté des conseils de quartiers de la ville d'Arcachon m'apporte du baume au cœur. Les compte rendu de « Bernie » alias Bernadette Dubourg dans le journal sud ouest sont des sucres d'orge pour mon esprit. Paru le jeudi 18 octobre 2018 page 20 b journal sud ouest:

« -Merci pour la gratuité des toilettes publiques, c'était une de vos promesses avant la fin du mandat. Vu l'âge des habitants d'Arcachon, c'est un soulagement s'exclame un monsieur. Et manifestement, il n'est pas le seul des 200 personnes réunis dans l'auditorium à apprécier cette récente décision du conseil municipal.  « Quand nous marchons vers le port, nous avons des besoins, or, on ne peut pas toujours les soulager » observe un autre monsieur « Il y a du pressant, pressant » convient le maire Yves Foulon, « On est en train d'identifier les endroits ou il en manque. On a compris qu'au port, il y a un désert toilettique. »

il aurait même pu rajouter :« -Pas d'inquiètudes mes amis. Pour vos prochaines étrennes, point de vélo, point de panier garni mais nous avons sollicité un partenariat avec l'entreprise Tena pour vous fournir des couches adultes pendant un an et moins 50% jusqu'aux prochaines élections municipales.

Manifestement , il y a d'autres besoins à satisfaire dans ces sanisettes. Ce monsieur raconte une scène observé place Thiers :  « Quand vous voyez une personne sortir , vous vous dites que c'était un besoin;quand vous en voyez deux, vous vous interrogez ; quand vous en voyez trois, vous vous dites que c'est un trafic.

J'imagine bien ce qu'il peut y avoir dans la tête de ce monsieur qui toute la journée, assis sur son banc, observe les gens entrant dans la sanisette. Quand aller dealer de la came dans cette souricière, il faudrait être complément idiot. Mais pourquoi pas ?

« -Cela concerne la police, on y veille assure le maire.

Bon les gars changez d'endroit, vous êtes grillés maintenant.

Un riverain de la place des marquises évoque la présence d'un jeune SDF de vingt ans qui passe la nuit sous le porche de son immeuble : « Pour lui c'est une situation dramatique, et pour nous, c'est le risque de le heurter, le matin en ouvrant la porte. »(salaud de pauvre) « j'imagine que les services sont déjà mobilisés, on va mettre les moyens pour qu'il soit déplacé, avec le CCAS pour le volet social et la police municipale, pour ne pas que ça génère un trouble à l'ordre public » explique le maire.

Et là !! tout part en vrille...

« Avant hier soir, ils étaient sept (et pas un de plus) sur le parking du casino avec des chiens en liberté,(Bouh, c'est affreux..) il y a des femmes qui n'osent plus prendre cette rue, la nuit » ajoute une dame. « je partage votre avis, on va se donner les moyens de régler ça » confirme le maire.

Tiens tiens, cela ne vous dit rien... Son ami Sarkozy allant dans la banlieue qui voulait utiliser le Karcher. Décidément la vie sociale de cette ville est trépidante. Allez continuons la lecture...

Avenue Lamartine, une dame trouve qu'il y a « des feuilles partout » : « la balayeuse ne passe pas plus, elle est en panne ou en grève ? » sourit elle.

C'est vrai, ces fainéants de prolos ne ratent pas une occasion pour ne rien faire.

« Cette année les feuilles des platanes tombent très rapidement , à cause de la sécheresse. On va s'organiser pour les prochaines années » répond Yves Foulon.

Ouah, la Palice n'aurait pas fait mieux. C'est vrai qu'en automne les feuilles tombent, en hiver il peut faire froid,en été il fait chaud et au printemps il faut se couvrir.

Ah, et puis, les animaux. Lundi soir il était question de sangliers aux Abatilles ; mardi soir, de chats au Moulleau ; et hier soir de pigeons, comme il avait supposé : »il faut arrêter de leur donner à manger » répète t'il. Et ce soir ? (Conseil de quartier de la ville d'hiver) Fin de l'article.

Pour les sangliers comme il dit « c'est avec un fusil qu'on arrive à les tuer », pour les chats mieux vaut les euthanasier et on arrête de jeter des graines aux pigeons. Pour la ville d'hiver, mis à part des hordes de touristes déambulant dans les méandres des rues, il ne doit pas y avoir beaucoup animaux sauvages perturbateurs. Pas contre, personne ne s'est interrogé du pourquoi de la présence des sangliers en ville, personne n'a dit qu'à force de bâtir dans les parcelles, leur espace de vie se réduit de plus en plus. C'est comme ces salauds de migrants qui viennent chez nous car il n'y a plus rien à bouffer chez eux. Comme ces ours polaires fouillant dans les poubelles car la glace fond trop vite. Abattons tous ces parasites qui nous pourrissent la vie. Allons monsieur maire un peu de cran. Personne dans l'assistance n'a osé lui demandé pourquoi il aimait tant le béton. Surtout pas de contradiction, au risque de perdre le petit cadeau de fin d'année. Vraiment ces conseils de quartier ne servent qu'à rajouter une énième couche de propagande pour qu'à la fin de chaque réunion, il puisse conclure par :

« Mesdames messieurs, surtout n'oubliez pas de mettre le bon bulletin dans l'urne. »

Oui, c'est vraiment affligeant de voir, d'entendre, de lire et de savoir.... qu'il n'y aura pas de cèpes cet automne.

 

 

Et puisque que nous sommes dans l'affligeant on peut se demander comment l'âme de Éric Zemmour puisse t 'elle être devenue aussi néfaste et nauséabonde avec l'histoire des prénoms français? Il est intéressant de voir un serpent se mordre la queue jusqu'à essayer de la manger pour engloutir entièrement son idéologie. Cet homme multi récidiviste dans la provocation et la condamnation judiciaire profite d'une émission télévisée pour créer le buzz médiatique afin d'essayer d'exister dans la lumière. La crédibilité de ses paroles résonne comme le toscin dans la campagne et le déclin absorbe son intelligence indéniablement. Quand l'absurdité de ses certitudes deviennent burlesque, le débat n'a pas lieu d'être car ses justifications accentuées par sa vanité ne peuvent plus l'excuser aux yeux de ses employeurs et de ses fidèles. Il est le rat pris au piège dans sa cage qui montre les dents dès que la porte s'ouvre. Laissons lui la porte ouverte pour qu'il vocifère sa polémique dans la lumière afin de vendre sa marchandise et sa communication lui permettra de se hisser sur la deuxième marche du podium des meilleures ventes avant d'agoniser dans les limbes du temps qui passe comme une bouse en plein soleil. Triste Sir. Sur la première marche du podium c'est Riad Sattouf avec le dernier tome de « l'arabe du futur». Je conseille chaudement la lecture de cette BD car même si vous êtes allergique à la bande dessinée, la richesse des textes vous transportera dans l'autobiographie de l'auteur ou son enfance libyenne et syrienne vous ouvrira fortement l'esprit  sur le monde oriental et puis... il est devant Zemmour.

 

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06 octobre 2018

QUI N'EN VEUT...

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«La Ségolène des esteys» alias Nathalie le Yondre maire d'Audenge entre dans le bureau de«Niniche» alias Jean Jacques Eroles maire de La Teste qui est en train de réfléchir au futur nom de la prochaine résidence sur la nouvelle parcelle de forêt fraîchement coupée. Elle est nerveuse, le souffle court. Elle se ronge les ongles jusqu'à grignoter les petites peaux autour.

«-Les Brindilles... lâche «Niniche» tout guilleret.. mais que me vaut ta visite?

- Je viens te voir car ma voisine(« Marine Morano alias Marie Larrue maire de Lanton) m'a dit que tu en avais de la bonne.

-Les brindilles dorées...


-Car elle a réussi à fourguer un bloc résidentiel en plein cœur de son village Taussat.


-Non, les brindilles dorées sonnent comme une EPAHD pour vieux en fin de vie.


-Moi aussi je veux ma dose de modernité, ma dose de béton. Comme«la Baleine»(Marie Hélène des Esgaulx maire de Gujan Mestras) j'en ai marre de ces platanes et de cette ville ringarde.


-Donc si je comprends bien toi aussi t'as envie de goûter à la «Pichimmob». Méfie toi ma belle, vas y tout doux. Tes administrés risquent de voir ta nouvelle addiction d'un mauvais œil. Ils vont couiner un peu mais avec la Pichimmob tu seras toute puissance.


-Vas y, donne m'en. J'en peux plus..


-Méfies toi, regarde « la Baleine », avec une tronçonneuse elle débite plus qu'un bûcheron canadien.


-Donne donne..donne m'en vite nom de dieu.


Du bout de ses doigts « « Niniche » agite un petit sachet devant son nez qu'elle arrache à une vitesse fulgurante avant de courir se réfugier dans les toilettes.


-Et maintenant tu m'appelle Tony.. comme Tony Montana dans Scarface.. J'adore ce film.

Deux minutes plus tard elle ressort avec les yeux remplis d'étoiles tout en reniflant sans cesse.


-Whaouh «Niniche» c'est de la bombe !!


-Non maintenant c'est Tony.


-Pichi ! Pichi ! Pichi ! que c'est bon. Je vois du béton partout. Sur la l'ancienne décharge, je vois plein de petits pavillons proprets avec de charmantes familles sans le sou qui profiteront d'un joli jardin d'enfants pour que leur  marmaille ne vienne plus dégueulasser  mon centre ville. A côté du château d'eau, à la place de cette ruine arcachonnaise, j'y vois une somptueuse résidence seniors pour le confort de mes petits vieux qui savent et connaissent la grandeur de ma générosité et la splendeur de mon âme.


-J'espère que tu n'as pas pris le sachet entier?!

-Je comprends mieux pourquoi ton voisin Foufou(alias «crème antirides alias Yves Foulon maire d'Arcachon) est raide dingue de la Pichi.

-Justement c'est pour cela que je t'ai mis en garde.Il est devenu mon meilleur client, complètement junky. Maintenant il mélange le Pichi avec sa crème du matin pour s'en tartiner le visage de long en large. Pour lui Arcachon est devenu Sim City.

-Oui « Niniche ».... VIVE le Pichi !!!

- Non Tony.. Tony Montana. »

 

 

Les sirènes de l'urbanisation viennent malheureusement d'enchanter les oreilles de la maire d'Audenge. Encore une fois, la tendance à lancer la pompe à fric prend le dessus face à la sauvegarde du patrimoine et tout autour du bassin d'Arcachon, les exemples sont multiples. Les seigneurs de l'oligarchie croient qu 'en déstructurant l'identité d'un patrimoine culturel afin de permettre à la population de croître pour l'impliquer au mieux dans un esprit local et solidaire représente un signe de modernité et d'avenir. C'est une stupidité à l'état pur. C'est les histoires d'hommes et de femmes qui ont fabriqué l'identité d'une région et son esprit, formant nos racines par des repères existentialistes. Vouloir les détruire, c'est perdre son âme. Ernest de Boissière fut un grand utopiste mais un grand bienfaiteur pour Audenge mais pourtant on préfère détruire la villa arcachonnaise remarquable près du château d'eau pour une résidence de trois étages. Certes elle est mal en point mais ne serait il pas judicieux de la réhabiliter pour y faire un lieu utile à la communauté.Le combat et la lutte pour sa sauvegarde par quelques audengeois méritent le respect et du soutien. Une pétition est en ligne et même si je n'ai guère d'espoir, Je l'ai signé.

https://www.facebook.com/Adnaudenge-246988732650294/?modal=admin_todo_tour

https://www.change.org/p/audenge-sauvons-notre-patrimoine-et-notre-environnement

 

 

02 octobre 2018

CHAPEAU BAS

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Des types de son calibre, il n'y en a désormais plus. Même Bob Dylan a lâché sa petite larme, c'est pour dire. Pour être honnête, ce n'était pas ma tasse de thé et mis à part ses grands classiques, je n'étais pas trop fan de ses chansons. Par contre ses textes sont fabuleux et intemporels, ou l'amour est décliné à toute les sauces de la poésie pour faire découvrir les facettes que même parfois la misogynie n'arrive pas à chasser la beauté des mots. Il savait être avant gardiste avec élégance pouvant aborder les maux de la société sans compromis. Je préférais le voir sur la pellicule car il savait y mettre de la lumière. Malgré quelques nanars alimentaires, la grosse partie de sa filmographie réserve des bijoux à voir ou revoir.Alors pour lui rendre hommage j'ai choisi de mettre des bribes de ses paroles dans des petites fictions mettant en scène tous les maires du bassin d'Arcachon. Mais avant tout... chapeau bas Monsieur Charles Aznavour.

 

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Après avoir été débouté au tribunal par la libanaise chéguévarienne alias Anny Bey, « Crème antirides » alias Yves Foulon maire d'Arcachon n'arrive pas à surmonter cette humiliation. A son bureau, il pleure toutes les larmes de son corps et il vient de finir la boite de Kleenex tapissant le vieux parquet en chêne. Heureusement Vévette alias Yvette Maupilé son adjointe déboule avec une boite neuve dans ses mains :

« - Allons Monseigneur, il ne faut pas se mettre dans un état pareil. N'oubliez pas qu'un fauteuil de sénateur peut vous tendre les bras.

-j´étais le plus grand des grands fantaisistes
Faisant un succès si fort que les gens m´acclamaient debout
Je m´voyais déjà cherchant dans ma liste
Celle qui le soir pourrait par faveur se pendre à mon cou

Mes traits ont vieilli, bien sûr, sous mon maquillage
Mais la voix est là, le geste est précis et j´ai du ressort
Mon cœur s´est aigri un peu en prenant de l´âge
Mais j'ai des idées, j'connais mon métier et j´y crois encore. 

-Bon... je crois qu'il vous faut un bon mojito pour noyer tout cela. »répond Vévette

 

Les embrouilles et les tuiles n’arrêtent pas de pleuvoir sur la tête de « Don Saluste » alias Michel Sammarcelli maire de Lège Cap Ferret. Voilà ti pas que certains piochent dans les caisses publics. Assis à une table pour déguster des huîtres entre amis, il est totalement absent à la conversation alors le patron s'aventure à lui faire la remarque. Le regard vide il se lève de sa chaise pour clamer haut et fort cette tirade :

« -À corps perdu J'ai couru assoiffé, obstiné vers l'horizon, l'illusion vers l'abstrait 
En sacrifiant, c'est navrant.Je m'en accuse à présent 

Mes relations vraiment, sont haut placées 
Décorées très influentes, bedonnantes 
Des gens bien, ils sont sérieux mais près d'eux 
J'ai toujours le regret de mes amis, mes amours, mes emmerdes 

-T'as raison. Comme disait Chirac, les emmerdes ça volent toujours en escadrilles répond hilare« l'indien de la presqu’île » alias Benoît Bartherotte qui venait d'entrer.

 

« La ségolène des esteys » alias Nathalie le Yondre et un promoteur immobilier se rendent sur l'ancienne décharge toxique fraîchement réhabilité. Elle se jette dans l'herbe qui a repoussé pour la humer, la toucher délicatement en fermant les yeux :

« -Qui m'aurait dit qu'un jour sans l'avoir provoqué 
Le destin tout à coup nous mettrait face à face 
Je croyais que tout meurt avec le temps qui passe 
Non je n'ai rien oublié 
Je ne sais trop que dire, ni par où commencer 
Les souvenirs foisonnent, envahissent ma tête 
Et mon passé revient du fond de sa défaite 
Non je n'ai rien oublié, rien oublié.

-Bon.. je la pose ou ma pancarte ?  répond le promoteur.

 

« Niniche »alias Jean Jacques Eroles maire de la Teste du buch en a gros sur la patate. Il ne supporte plus la main mise et les mesquineries de ses voisins. Il voudrait bien montrer qu'il a tout pour devenir le chef. Alors il file sur la dune du pilat pour que le coucher de soleil sur le banc d'Arguin lui apporte la force nécessaire pour réaliser son rêve. Les bras levés, il braille vers l'horizon :

« -Laissez-le vivre ses enfers, ses traits de folie 
Laissez-le vivre, cessez de régenter sa vie 
Laissez-le vivre, au gré de ses inspirations 
Et terrasser par sa passion tous ses démons 

Laissez-le vivre, votre égoïsme n’a plus cours 
Laissez-le vivre, offrez-lui plutôt votre amour 
Qu’il se délivre de Dieu, de vous et du passé 
Laissez-le vivre, laissez-le vivre, laissez-le vivre pour exister.

-Il va la fermer le drogué ou je lui en colle une... »

 

Les ronflements de son mari lui arrivent aux oreilles. Il est temps pour « Marine Morano » alias Marie Larrue maire de Lanton de remplir son carnet intime dans le calme.

Pour Marine,

« Ta voix rauque qui m'excite et me trouble 
Me donne l'impression de devenir ton double 
Que mon cœur bat si fort, que ma passion redouble 
Quand je me coule en toi, que j'aime, j'aime, j'aime ca 

Tes râles entrecoupés de mots inaudibles 
Qui tout au long de la nuit prennent mon cœur pour cible 
Que ma peau et ta peau jouent les indévisibles 
Dans un torrent de joie, que j'aime, j'aime, j'aime ca. »

Elle relit soigneusement chaque mot en essuyant ses yeux embués puis éteint la petite lampe de chevet.

 

En remontant dans le temps on s'aperçoit que l'âme du grand Charles Aznavour n'était jamais bien loin. Après avoir refusé la venue de migrants sur ses terres, « Le Squale » alias Jean Guy Perrière maire d'Arès profitait d'un apéro bien arrosé pour pousser la chansonnette :

« -Un Mexicain basané est allongé sur le sol, le sombrero sur le nez 
En guise, en guise... En guise, en guise...
En guise de parasol 

J'ai une soif du tonnerre. Il faudrait trouver un gars pour jouer un verre en trois coups de dé 
Je ne vois que des fauchés tout autour de moi et d'ailleurs ils ont l'air de tricher aussi bien que moi 
Et pourtant j'ai le gosier comme un buvard. Ça m'arrangerait bougrement s'il pouvait pleuvoir. »

 

Comme ce jour lors du conseil municipal d'Andernos ou Droppy alias « Jean Yves Rosazza d'un ton shakespearien apostrophait sa première adjointe

« -Et chaque mot est un coup bas. Je me demande souvent pourquoi 
Tu montres tant de mauvaise foi et j'appréhende ces moments-là 
Où je ne sais que faire ou dire. Tu me désoles quand tu m'affoles. 
Les mots comme les objets volent et dans un vacarme insensé 
Tu vas et viens et ma parole à te voir, je crois assister à La Mégère apprivoisée 
Tu me fais face le doigt pointé et me menace de tout quitter 
Et ça m'agace de constater que tu nages en plein délire 
Après l'orage, le silence tu boudes isolée dans ton coin 
Comme l'enfant en pénitence punie d'avoir été trop loin. » 

 

Après avoir fait couper 28 platanes « La Baleine » alias Marie Hélène des Esgaulx maire de Gujan Mestras se recueille devant les troncs entassés sur le trottoir :

« -Mon arbre, mon petit, qui peut dire à  l'avance 
Ou le bonheur finit quand le malheur commence 
Le drame de la vie sans auteur ni dialogue 
Qui s"écrit à  huis clos se joue à  notre insu 
Les plaisirs innocents n'en sont que le prologue 
Les paradis promis ont l'enfer pour issue 

En regardant fleurir tes printemps pleins de grâce 

je n'ai pas sous tes rires éventé tes angoisses 
Peut-être pas non plus assez dit que je t'aime 
Ni suffisamment pris le temps d'être avec toi 
Que tu as dû souffrir en secret de problèmes 
A présent c'est mon tour perdu dans mes pourquoi. »

Elle allume un cierge en faisant un signe de croix puis glisse à l'oreille de son adjoint :

« Bon allez, débarrasse moi de ces merdes sinon les gueux ne vont pas arrêter de pleurnicher. »

 

Sur une question sur le glyphosate « Le Béguey petit coq en gascon » alias Bruno Lafon maire de Facture Biganos répond :

« Je suis chatouilleux de nature , je l'avoue j'ai le sang bouillant 
Ça m'entraîne dans les aventures les plus cocasses évidemment 
L'autre soir dans un café , je me sens bousculé 
Par qui, je ne sais pas , il était derrière moi 
D'un bond je me lève, hors de moi 
J'ôte le veston, le gilet, la cravate 
Car aux entournures je n'aime pas être gêné 
Ce n'est vraiment pas pour vous faire de l'épate 
Mais j'ai horreur qu'on me marche sur les pieds.

-Et sur la Smurfitt propre ?! 

 

Pour « El Francisco » alias François Déluga maire du Teich rien ne va plus. Ses projets tombent presque tous à l’eau et des problèmes existentiels lui rongent la vie.

« -Être quelqu'un de différent ne serais-ce qu'un court moment 
avec un autre caractère , se transformer, changer de voix 
être celui que l'on est pas pour voir l'effet que ça peut faire 
être responsable ou léger spirituel ou mal embauché sortir de sa vie routinière 
changer de style, de vie et de nom,  se moquer du quand dira t'on , être différent.

-Et puis quoi encore ?! Tu n'as qu'à devenir moine tant que tu y es. répond la « Baleine ».

 

 

Pour clore cet hommage, j'ai trouvé cette petite pépite qui reprend un standard d'une vieille chanson juive. De la fraîcheur et du bonheur au son de l'accordéon. Simple mais efficace..J'aime bien.

 

 

Posté par paterzan à 23:47 - Permalien [#]
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