anni 14

 

Dans cette actualité locale ultra bouillante avec l'interdiction de vente d’huîtres pour les fêtes de fin d'année cause norovirus dont je reviendrais plus tard pour donner mon avis, je voudrais célébrer tranquillement les quatorze années d'existence de mon blog en remerciant chaleureusement d'abord mes abonnés et ceux qui m'encouragent pour continuer à écrire mes billets. Alors je porte une coupe de champagne à mes lèvres en regardant ceux que j'aime autour de moi, je ferme les yeux et je profite du frisson qui inonde mon corps. Ces instants suspendus effacent momentanément le fracas de l'époque actuelle jusqu'à attendre d'apercevoir la lueur de l'espoir qui pourra me donner une once d'humanité nécessaire à mon âme afin d'essayer de la transmettre avant de rouvrir mes yeux pour que mes enfants comprennent que l'essentiel est de suivre ses rêves, de toujours croire en soi pour gagner la conscience d'être seul à décider de ce que l'on doit faire. Être libre dans son esprit est le plus grand luxe car savoir utiliser un rien peut amener une richesse insoupçonnée que si on reste fidèle à ce que l'on est. Tout le reste n'est qu'illusion.

Pendant toutes ces années j'ai essayé d'être une sorte de sentinelle, un témoin du temps qui passe. Ce blog m'a permis de faire des rencontres exceptionnelles, formidables qui m'ont enrichi intellectuellement en effaçant ou confortant mes doutes. Toutes mes satires sur la Factory du bassin d'Arcachon ne sont que le reflet avant-gardiste d'une mise en place oligarchique composée de gens cupides, imbus de leur personne qui ont entraîné le déclin d'une identité culturelle, le déclin de la biodiversité d'un territoire dans l'unique but de faire du bassin d'Arcachon un pur produit marketing lucratif qui part leur faute, risque de finir en promotion en tête de gondole d'une supérette d'un bled paumé. Je ne me fais plus guère d'illusions me rendant à l'évidence, que mes souvenirs d'enfances, que mon jardin que représentait le plan d'eau ne sont plus que de simples clichés sépias dans mon esprit, dévorés ou effacés dans l'anonymat par l'égoïsme de personnes qui vous demandent simplement de répondre à leurs exigences. En gros, on me demande d'accepter une telle attitude ou de dégager. Pour être honnête, je ne crois pas que je finirais mes vieux jours ici, même si viscéralement la violence remonte dans mon âme mais tant que je peux je continuerais à écrire, à dénoncer, à caricaturer ces «petits barons et leurs courtisans» qui par leur condescendance se croient être des bienfaiteurs mais qui hélas ne sont que des fossoyeurs que j'emmerde au plus profond de moi, pour rester poli. Ce qui me réconforte le plus et de voir que mes billets, entre autres, ont réussi à ouvrir des consciences, ou du moins à se poser des questions sur la velléité de mes dires pour arriver à conclure que la vérité peut se cacher parmi mes mots et que la plus part du temps, la réalité en est la finalité, hélas ou heureusement suivant le sens de comment on les interprète. Nous sommes de plus en plus nombreux à ne plus vouloir accepter cette main mise par la Factory du bassin d'Arcachon en ayant toujours un train de retard mais il est de notre devoir de citoyen de faire partir les trains à l'heure en virant tous les mauvais chefs de gare.

Allez , on trinque!! J'ai envie de m’enivrer. 14 ans cela se fête!!

 

Et maintenant après l'ivresse, je voudrais revenir sur le coup de tonnerre qui vient de frapper les ostréiculteurs du bassin d'Arcachon. Dans sa villa cossue de Gujan Mestras, «Le Ché Labanos» alias Olivier Laban le président du comité régional de la conchyliculture Arcachon Aquitaine (CRCAA) est en train de finir de préparer sa valise pour un repos bien mérité au Four Seasons Resort aux Seychelles en compagnie de sa femme «Zaza» alias Isabelle Galinier-Laban directrice de la communication et du tourisme au syndicat intercommunal du bassin d'Arcachon (SIBA) qui est en train de finir de s'épiler le maillot. Il dépose les tongs, les masques et tubas bien emmitouflés dans une serviette de bain puis réfléchit longuement sur le choix des caleçons de bains à emporter. Quand soudain, l'écran de son Iphone affiche la nouvelle:

«-La vente , la dégustation et l'exportation des huîtres du bassin d'Arcachon sont interdites jusqu'à nouvel ordre suite à la détection d'un norovirus qui a déclenché un épisode catastrophique de gastro entérite chez les consommateurs lors des fêtes de Noël.»

Il reste totalement abasourdi, figé face à cette notification. Les neurones qui s'activent dans son cerveau arrivent vite à ébullition. Au même moment un cri d'effroi s'échappe de la salle de bains ou sa femme qui venait d'achever sa préparation esthétique en enfilant un string brésilien venait de recevoir la même notification suivie d'un texto de «Son Altesse sérénissime Crème antirides» alias Yves Foulon le maire d'Arcachon, président du SIBA donc son boss lui signifiant:

«-Ma belle, dis à ton bouffon de mari d'enfiler des gants de velours et de bien choisir ses mots devant les caméras sinon il y a une place d’hôtesse d'accueil qui vient de se libérer au palais et tu pourrais correspondre très bien au profil recherché. Ps: Pas de regrets, le Four Seasons n'est pas terrible, ils ne savent pas bien faire les mojitos.»

«Zaza» entre alors dans la chambre ou son mari a déjà enfilé sa vareuse et sa doudoune:

«-J'espère au moins que tu as pris une assurance voyage?

-Même pas.... répond il en baissant les yeux.»

La prévisibilité de cette interdiction était tellement évidente même surprenante qu'elle n'arrive qu'aujourd'hui car les pluies ont débuté en Octobre. Mais ne rajoutons pas de l'huile sur le feu. Depuis quatorze ans je dénonce obsolescence du réseaux des eaux usées et pluviales, je critique le comportement, le manque de discernement des ostréiculteurs préférant profiter des largesses et de l'enfumage du SIBA, de tous les membres des instances complices, édiles compris, préférant s'engraisser avec le développement du tourisme de masse en créant des Dégustions Parks dans tous les ports tout en omettant la définition du métier ostréiculteur jusqu'à se mentir à eux même.

Novembre 2017

Bien sûr l’huître est un emblème du bassin d'Arcachon et les gens qui l'ont travaillé ont contribué à façonner cette douceur de vivre si particulière de ce territoire. Mais ils n'ont pas vu venir le changement de mentalité et n'ont pas eu la force de vouloir s'unir pour faire face aux problèmes(pollution, politiques)

Au lieu de cela la plupart ont choisi de s'adapter au monde moderne en délaissant le savoir faire et la tradition pour en faire un business. Certains ne vont même plus sur les parcs. Ils ont deux ou trois dégustations qui prospèrent, ils peuvent partir au soleil l'hiver mais se disent encore ostréiculteur.Le consommateur touriste se fout de la provenance. Il veut simplement passer un bon moment dans un joli cadre en dégustant des fruits de mer.

Fin mai 2020

Alors si les pluies diluviennes du 11mai qui ont inondé le bassin d'Arcachon deviennent plus intenses et de plus longues durées les ostréiculteurs n'auront pas fini de voir le tsunami d'étrons et d'urine fétide de nos égouts envahir leurs cabanes pour se déverser directement dans les ports tuant net la dinophysis cette micro algues qui empêche la vente à emporter.(vidéos disponibles sur Internet) mais le SIBA (syndicat intercommunal du bassin d'Arcachon) pourra produire une nouvelle campagne de communication pour le tourisme en promouvant la qualité exceptionnelle des ses huîtres.

Alors «le Ché Labanos» est sorti de sa réserve pour affronter les micros, les caméras et les médias avec la mine déconfite, larmoyante et remplie d’empathie pour les consommateurs malades et pour le manque à gagner pour certaines exploitations reconnaissant que la contamination est bien la conséquences d'une saturation des réseaux en raison d'une pluviométrie exceptionnelle. Sans blague, quelle belle lapalissade!! Sauf qu'à aucun moment le SIBA et les autres coupables n'ont été nommé ou montré du doigt. «Zaza» peut souffler un bon coup.

«-Je mettrais toute mon énergie pour que vous n'avez pas à payer l'addition, en montrant que la profession est solidaire et n'a pas l'intention de se laisser faire. Je ne peux pas vous dire maintenant comment on va porter plainte. On va regarder tout cela avec notre avocat.»

Quel manque de courage servi par une hypocrisie surréaliste. Mon grand père a du se retourner dans sa tombe en utilisant cette expression désuète: «Rien dans le slip.» Mais Joël Dupuch est venu aider son ami en voulant apporter la philosophie du vieux sage afin de rendre la colère plus digne en atténuant le sentiment d'injustice:

«-La CRCAA a la bonne stratégie. Il faut déposer plainte , mais bien la structurer. Si on met la pression, cela va évoluer, en attendant on est obligé d'accepter la fatalité.»

A cette fameuse fatalité!! Elle a bon dos sauf pour ceux qui manque de trésorerie.

ANVIER 2020

C'est le stoïcisme de nos ancêtres qui n'ont pas vu ou refusé de voir le loup venir et c'est en rencontrant Joël Dupuch que ma conviction s'est faite entièrement. C'est un roc, c'est un pic c'est une péninsule c'est notre star locale mais dans un coin sur la terrasse de son fief devant une tasse de café, le cigarillos aux lèvres en feuilletant les pages du journal il est totalement fondu dans dans l'atmosphère des clients du petit matin qui refont le monde. J'étais presque gêné de casser son rituel mais j'avais besoin d'entendre son avis pour affiner ma réflexion sur le déclin du bassin d'Arcachon. Une sérénité se dégage de ses yeux bleus et c'est avec bienveillance qu'il écoute mes propos. Je m'aperçois très vite qu'il connaît pleinement la problématique du bassin mais il préfère botter en touche renvoyant la balle aux décisions politiques. Ce fatalisme brut me déstabilise un peu alors étant un enfant du sérail comme lui depuis six générations je tourne la conversation vers la transmission. Quel coin de paradis va t'il laisser à sa fille? Son emploi du temps l'oblige à couper court cet entretien mais il me laisse ses coordonnées personnelles me demandant de lui envoyer toutes les questions que je voulais et qu'il y répondrait. Chose que j'ai faite et que j'ai réitéré plusieurs fois mais sans aucunes réponses de sa part. Finalement en agissant ainsi, j'avais ma réponse. Il avait réussi à se construire son paradis et tant qu'il pourra déguster ses impératrices, le reste importe peu. Je n'ai pas de jugement et c'est très respectable même si j'aurai aimé lire ses réponses sauf que je ne partage pas tout à fait cette philosophie. J'ai cette phrase de mon grand père qui résonne toujours encore dans ma tête. Je devais avoir une douzaine d'années et nous attendions de relever le filet pour les vendangeurs en observant la féerie du ciel couchant. J'étais fasciné par la beauté peut être plus fort encore qu'aujourd'hui. Et avec son petit sourire et sa voix calme : « Le bassin, prend en soin ...»

Pour conclure et peut être se sauver la face, «le Ché Labanos» trouve une martingale sortie du chapeau:

«-On est victime d'un dysfonctionnement et il va falloir que quelqu'un paye. Pourquoi ne pas imaginer un système d'assurance avec le gestionnaire des réseaux?

Encore une fois le nom du SIBA n'est pas prononcé, mais il voudrait que ce soit lui qui rince la profession avec l'argent du contribuable, pour des huîtres qui seront remises à l'eau et revendues postérieurement. Même Copperfield n'aurait pas fait mieux.

En ce début d'année il va être vraiment intéressant d'attendre les réactions et les comportements de toutes les instances, les avis des barons et seigneurs et tous les commentaires des courtisans.

L'année 2024 commence fort sur le bassin d'Arcachon.

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