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De retour d'un périple de trois semaines en Amérique centrale, je retrouve mon beau petit bassin d'Arcachon avec 40 degrés de moins. Le choc est assez dur à encaisser mais c'est l'hiver, il peut faire froid, il peut avoir des gelées matinales et il peut même neiger. Sauf que quand il neige sur Paris, les avions ont du mal à décoller et l’aéroport Paris Charles de Gaulle devient la risée dans le monde entier. Chaque fois c'est la même chose, toujours ce problème récurrent qui revient comme un marronnier. On pourrait penser qu'un satellite européen comme Roissy est équipé pour faire face à ce genre de situation ?! C'est à moitié vrai... mais le plus risible c'est que raison invoquée est que le personnel affecté à cette tâche n'a pas pu se rendre sur son lieu de son travail. Pourtant météo France l'avait prédit 5 jours avant. Tous ces aléas peuvent prêter à sourire sauf quand vous avez un long courrier à prendre et que le vol Bordeaux Paris est annulé. Une fois n'est pas coutume à la fin de ce billet je vous livrerai notre péripétie pour atteindre le soleil de Managua.

C'est donc en sirotant une bière bien fraîche dans mon hamac que je découvre sur mon smartphone que nos pieds nickelés de la finance publique du sud bassin (« la baleine » alias Marie Hélène des Esgaulx maire de Gujan mestras, « Niniche » alias Jean Jacques Eroles maire de la Teste et « FouFou » alias Yves Foulon maire d'Arcachon) viennent de se faire épingler par la cour des comptes pour une mauvaise gestion de la COBAS (communauté d'agglomération du bassin d'Arcachon sud) et de l’utilisation de PPP (partenariat public privé) pour leurs trois somptueuses piscines dans un périmètre de 15 kilomètres carré. Je savoure cette information en reprenant une petite gorgée car c'est en quelque sorte l'officialisation de la teneur de mes précédents billets et la légitimité des combats des associations citoyennes dénonçant les égarements de ces élus depuis des lustres. Vous me direz que deux millions d'euros par an sur une période de six ans ne font que 12 millions d'euros perdus pour les usagers du sud bassin et vous continuez à croire que ces trois lascars sont de bons gestionnaires pour la communauté. Avouez qu'il y a de quoi en rire, non ?! Pas d'inquiétude, ils seront sur la photo pour distribuer 1350 euros au resto du cœur et leur générosité est sans limite surtout avec les cireurs de chaussures.

http://www.sudouest.fr/2018/02/21/bonnes-et-mauvaises-notes-de-la-chambre-des-comptes-4218522-2733.php

On vit une époque formidable. Il suffit de construire illégalement une paillote sur un site protégé en enfumant les bonnes personnes pour que la lenteur des procédures judiciaires vous permette de faire en quelques années un chiffre d'affaire bien juteux pour ensuite d'aller au tribunal tranquilou bilou, Ray Ban sur le nez et tenu décontractée afin de balancer 100 000 balles cash sur le bureau du procureur en disant de garder la monnaie. Les deux Capos Baptiste Laporte et William Téchoueyres (je n'ai pas écorché son nom)de la « Cosa Laporta » sont repartis au volant de leur grosse cylindrée en klaxonnant. C'est à croire qu'il faut être malhonnête pour réussir. Dans cette affaire, il y a beaucoup de questions en suspens. Comment en est on arrivé là ? Qui a fermé les yeux, qui a tendu la main ?

http://www.sudouest.fr/2018/02/23/miracle-arcachonnais-4225045-2780.php

Que d'émotions !! Pour la peine j'ouvre une autre canette. Je découvre que nous avons trouvé notre Marcel Campion local avec Jean Louis Gounou promoteur à la retraite qui veut coûte que coûte implanter son manège sur le port d'Arcachon. Pas une grande roue mais une tour panoramique. Un mat de 70 mètres de haut ou une nacelle tournerait autour jusqu'au sommet. Le bonhomme y croit dur comme fer, prêt à engloutir des milliers d'euros dans son projet. Quelle belle connerie, pourquoi pas le plug anal de Paul McCarthy tant qu'on y est ! Sincèrement...personne a osé lui dire que son idée est stupide ?! Quoi que... peut être que derrière ce projet il se pourrait que pour développer son investissement un restaurant panoramique tenu par les deux brothers de la « Co(o)rniche connection » voit le jour au sommet de la tour, les clients étant emmenés par la nacelle. Encore une fois on peut se poser beaucoup de questions. Déjà sur la demande de permis de construire posée à La teste pour un terrain sur Arcachon. Les deux élus restent muets comme des carpes ne sachant pas sur quel pied danser. Même à l'autre bout du monde, le bassin d'Arcachon continue de rester égal à lui même ou les magouilles tournent à plein régime devant les yeux d'administrés consentants prêt à rester aveugles au déclin qui s'annonce. Il est temps de prendre conscience que le changement de têtes sur les gondoles doit se faire pour essayer de construire une vision plus objective sur le long terme. Bon j'arrête là...le soleil cogne dur et le houblon embrume mes pensées.

http://www.sudouest.fr/2018/02/26/port-d-arcachon-qui-est-derriere-le-projet-de-l-observatoire-panoramique-du-bassin-4232343-2733.php

 

Je reviens donc pour vous livrer le départ de mon voyage en famille au Nicaragua.Lors de la préparation au mois d’Août dernier, ma femme Isa m'annonce un parcours idéal mais avec un départ à Paris. Par expérience, pour les voyages en hiver nous évitons Paris, à cause des grèves et des chutes de neiges passant soit par Amsterdam ou Francfort pour plus de sécurité. Mais l'offre était vraiment intéressante, on perdait beaucoup moins de temps. Alors à contre cœur nous réservons les billets par agence au cas ou. Après un début d'hiver plutôt doux et pluvieux, la météo annonçait un épisode neigeux sur la capitale et le jour J du départ, vers quatre heures du matin je recevais un sms me signalant que le vol de Bordeaux Paris était annulé à cause des intempéries. Nous filions quand même à l'aéroport mais Air France nous demanda de rentrer chez nous, de voir sur internet ou avec notre agence. A l'ouverture je filais à l'agence mais impossible de joindre la compagnie aérienne. On arrivait à changer notre programme avec d'énormes difficultés mais en partant de Toulouse. On obtenait à l’arrache les ESTA pour fouler le sol américain, même en transit, mais il fallait attendre la confirmation de Air France. A la sortie j'étais vidé, presque anéanti. Notre rêve tant attendu était sur le point de s'évanouir. Je frisais le burn out. L'attente à la maison fut insupportable, nous étions abattus, pendus au smartphone pour voir le mot confirmed apparaître. A 19 heures toujours rien alors je retournais à Mérignac pour la dernière chance. Dans le hall c'était le chaos. Un bureau pour répondre à deux cents passagers en errance. Des enfants en bas âge qui braillaient, des personnes âgées au bord de l'épuisement, la nervosité imbibait dans l'air ambiant et aucunes informations, aucunes assistance, pas une bouteille d'eau ni de sandwichs. Une queue humaine trop longue, j'étais à bout. C'est alors qu'une notification m’annonça que mes vols étaient confirmés. J'avais du mal à y croire alors je couru vers un guichet d'embarquement en demandant à l’hôtesse de vérifier si nous étions bien enregistrés pour le départ. Elle confirma que nous étions prévu pour un départ de Toulouse à 6 heures pour Amsterdam puis pour Atlanta et Managua. Je retournais fissa à la maison pour récupérer ma smala et nous prenions la route vers 21 heures. Sauf que l'autoroute était fermé à cause des manifestations des agriculteurs donc passage par Aire sur Adour pour traverser le Gers. A 70 kms de Blagnac, une tempête de neige s'abattait sur la route avec des flocons énormes qui recouvraient rapidement la chaussée. La Volvo filait doucement mais la glisse était bien présente. Je n'en menais pas large mais préfèrais cacher mes émotions afin de ne pas répandre plus de stress. La fatigue se faisait sentir et il n'y avait plus de traces sur la route. Il devenait difficile de continuer. C'est alors qu'un camion me doubla ouvrant le passage. Il me suffisait de le suivre lentement et il fut notre sauveur. Nous avons mis 5 heures au lieu de trois mais nous étions arrivés. Quelques heures à dormir dans la voiture le moteur allumée et vers quatre heures nous prenions la première navette. A la borne, impossible de faire sortir les billets et au guichet l’hôtesse nous annonçait que nos noms n'apparaissaient pas sur la liste. Nous restions KO debout, impossible de réagir. Je n'arrivais même plus à penser. Je la regardais sans entendre ce qu'elle nous disait. Tout s’effondrait, le sol glissait sous nos pieds, nous étions dans une autre dimension. On lui raconta notre histoire pour arriver jusqu'ici et notre désarroi la toucha droit au cœur. Elle s'acharna sur son clavier cherchant à tout prix une solution. Les minutes défilaient et elles étaient longues très longues. Quand tout à coup elle s'écria :

« Ca y est je vous ai. Vous êtes inscrit pour Amsterdam, prenez l'avion, embarquez je m'occupe de tout.

-Mais si on reste bloquer à Amsterdam, comment on fait ?

-Partez je vous en supplie, nous n'avez pas fait tout cela pour rien. Je vous promet que je m'occupe de tout. Je vais envoyer des télexs, des mails. Je vais téléphoner. A l'arrivée allez au bureau des transferts et vous aurez les billets pour la suite de votre voyage. »

Nous avons donc embarqué complètement brisé sans savoir si nous allions pouvoir continuer. Nous laissions le sort décidé pour nous. A Amsterdam, au bureau des transferts une dame blonde nous a vite repéré et nous a tendu les billets avec un énorme sourire de compassion. Nous étions au bord des larmes. Je ne remercierai jamais assez le travail remarquable qu'avait du faire l’hôtesse de Toulouse. Nous lui devons tout. A Atlanta nous avons du subir les contrôles intempestifs et totalement paranoïaques des autorités américaines. Mes visas des émirats arabes et d'Oman ne leurs plaisaient pas du tout. Je subissais plusieurs interrogatoires avec toujours les mêmes questions en répondant toujours les mêmes réponses. Nous fûmes photographiés, scannés, filmés j'aurai même pu demander si une coloscopie était envisagée mais il ne valait mieux pas chercher à faire de l'humour. Nous ne foulions même pas leur sol. Nous voulions simplement pouvoir prendre notre correspondance pour Managua. Il a fallu supporter leur comédie pendant plus de trois heures.

Nous arrivions enfin à Managua totalement déglingués et pour finir en beauté, je vous le dis en mille, cerise sur le gâteau... Il nous manquait un sac à dos.

Voilà fin de l'histoire, le reste du voyage et le retour se sont heureusement très bien passés mais il a bien fallu deux jours pour nous remettre de toutes ces émotions afin de renter pleinement dans notre trip. La suite nous appartient...

Ah si on m'avait dit qu'il allait neiger...