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Pas d'inquiétude, je ne suis pas mort du covid. Enfin pas encore. Pas contre, je commence sérieusement à en avoir ras le bol de cette situation même si mon cadre de confinement amène quelques soupçons de bienveillance dans cette privation de liberté imposée. D'ailleurs sur le bassin d'Arcachon il ne se passe absolument rien ou presque rien. Les seigneurs de l'oligarchie arcachonnaise se contentent de gérer les affaires courantes d'un revers de main en attendant que la machine à cash du tourisme de masse se règle pour tourner à plein régime. Les artisans et promoteurs du BTP, chamans des nouveaux retraités désireux de finir leurs vieux jours en terre sainte transforment la moindre parcelle de verdure en une maisonnette schtroumphique livrée clef en main. Bref rien de nouveau sur le bassin d'Arcachon, pratiquement rien à se mettre sous la dent pour délirer sur les égos des barons mise part la fabuleuse explication de la « Pantoufle » alias François Déluga maire du teich et président du parc naturel marin qui veut expliquer la définition d'un conflit d’intérêt à un avocat comme Jacques Storelli président de la Ceba(coordination environnement du bassin d'Arcachon) qu'il a lui même viré du conseil de gestion du PNM. La condescendance qui transpire dans son argumentaire pourrait même prêter à sourire quand la stupidité de ses propos propose une propagande de sa vérité. Le train train en Arcachonie. Je profite donc de ce printemps assez doux pour ne rien glander si ce n'est regarder les oiseaux occupés à chercher les brindilles pour y construire un doux nid à leur progéniture et écouter leurs chants mélodieux dans la fraîcheur du jour qui se lève puis observer si mes fleurs ne manquent de rien pour m'offrir bientôt des couleurs de bonheur. C'est donc l'esprit léger que je suis allé rencontrer la dame du 36. A Andernos les bains avenue des colonies, il y avait trois grosses demeures contemporaines qui s'imposaient sur un hectare de verdure plongeant sur la berge du ruisseau « le Bétey ». La 34 a été totalement rasée pour y construire illico 2 rangées de quatre appartements dont les séjours et les 8 mètres carré du jardin ont une vue privilégiée sur la maison de la dame du 36. Cette dame pétillante de 80 printemps en a gros sur la patate.Elle m’accueille chaleureusement pour m'expliquer toute l'amertume qui traîne dans ses pensées. Je la laisse parler, m'expliquer toute sa nostalgie des instants de bonheur ou avec ses enfants ils aimaient observer les truites et les anguilles qui gambadaient dans le ruisseau ou entres voisins, l'harmonie dans au milieu d'un écrin naturel imposait un respect mutuel. La 38 vient de laisser son âme à l'appétit d'un promoteur qui envisage 7 nouveaux logements, donc la dame du 36 va devoir de nouveau faire face à quatre nouvelles familles qui auront vue sur sa maison.

« -Que voulez vous, l'argent est capable d'effacer vos souvenirs et c'est une opportunité pour ceux qui ne peuvent plus les entretenir. Une agence immobilière m'a même proposé 2 millions d'euros, si je pars aussitôt. Je résiste car je suis seule, mais c'est dur. Bientôt ces nouveaux arrivants jetteront des cacahuètes à la vieille autochtone que je suis. Je suis en colère mais je résiste. Après moi adviendra ce qui adviendra. »

En partant, je lui ai donné quelques conseils pour que des brise-vue soient installés par les promoteurs afin de préserver son intimité et savourer les jours restants mais entre deux mots de courtoisie elle me glissa :

« Cette situation est minable. »

Je suis rentré à la maison quelque peu perturbé. Les chats sont venus se frotter à mes jambes, ma fille fumait sa clope au soleil en écoutant son cours sur l'ordinateur portable, mon fils me taxa dix balles pour aller skater avec ses potes et ma femme bouquinait sur son transat et pourtant, je restais persuadé que la dame du 36 avait profondément raison.

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