7-Votre-colère-vous-veut-du-bien-292x292

Derrière les murs Il y a des âmes vagabondes qui virevoltent dans la douceur du temps avant de retrouver leurs places sur le marbre des plaques. Autant de noms de famille qui avaient jadis façonné les rues de la ville jusqu'à apparaître aujourd'hui dans les adresses des nouveaux quartiers. Derrière les murs, il y a les pères fondateurs qui ont écrit l'histoire de ce territoire. Dans les allées si le silence arrive à les rendre invisibles, on peut quand-même sentir le frôlement des ombres qui prennent plaisir à vous accueillir. Dans le coin enfant ou l'herbe grignote la pierre on peut encore percevoir les cris de douleurs de la mère que le recueillement pesant du cortège des villageois n'arrivait plus à consoler. Un peu plus loin parsemée ci et là, c'est l'histoire de ma vie qui réside. Ceux qui m'étaient chers et ceux dont les anecdotes transmises ont forgé mon caractère. Mon arrière grand-mère Zora qui de noir vêtue, assise sur le banc de la plage surveillait le séchage des filets de pêche en grondant les enfants qui osaient s'aventurer à jeter du sable. Son mari Daniel était parti comme canonnier sur la mer de Chine jusqu'au Tonkin et sur les vieux cahiers de bord que je garde précieusement on peut lire qu'il était souvent consigné à rester sur le navire pour des faits de bagarres et de beuveries. Mon grand père Roger dont je vous ai tant parlé et qui m'a transmis l'amour du bassin d'Arcachon, sa douce et tendre Jeanne qui me bouchait les oreilles lors de repas gargantuesques entre amis pêcheurs et ostréiculteurs. Puis mon père et mon frère sont venus les rejoindre un peu trop tôt à mon goût. L'unique place restante sera occupée par ma mère qui l'heure venue clôturera le dernier chapitre de ma famille... pour ma pomme j'ai demandé simplement de jeter mes cendres dans le bassin d'Arcachon sur un point GPS qui indiquera l'endroit précis, avec l'espoir que mes molécules agiront en vaccin sur la pollution dominante afin qu'une belle loubine puisse retrouver son lieu de vie. Que d'histoires, que de mondes, que de vies derrière ces murs... Alors pour que ces gens puissent reposer en paix, des arbres avaient été planté devant les murs. Des chênes et des pins qui se sont majestueusement imposés en gardien, qui ont résisté aux tempêtes et qui avec le ruisseau du Bétey pas loin donnaient une si belle harmonie. C'est dans une matinée fraîche et pluvieuse de Février 2021 que les tronçonneuses ont fait tomber ces géants pour de vulgaires places de parking. Derrière les murs, les ombres aux visages graves se sont levés pour regarder ce carnage puis leurs yeux se sont baissés et elles ont préféré disparaître dans les souvenirs du temps d'antan en laissant la honte toucher ceux qui les ont oublier. Profanation serait un mot très exagéré, mais la colère qui traîne dans mes sentiments m'y fait penser fortement. Une grosse chape de Honte vient de se déverser sur la mairie d'Andernos les bains. Comment en est on arriver à sacrifier ces pins remarquables appartenant au patrimoine de la ville, sans aucunes concertations ni informations ? C'est une lourde erreur que les décideurs vont devoir assumer. C'est aussi le résultat du manque d'opposition dans le conseil municipal ou la majorité en place commence à prendre ses désirs pour la réalité. Le choix de vouloir mettre provisoirement les commerces du marché sur la place Camille Goubet pendant la construction de la future halle pourrait être acceptable dans une configuration démontable sans modification du site. Effectivement le problème de parking est une évidence et les riverains risquent de grincer les dents longuement avec le bordel qui va être occasionné par le manque de place en pleine saison touristique avec en prime le feu rouge du boulevard qui va en rajouter une couche. Pour autant fallait il absolument couper ces arbres ? Une partie du terrain de la caserne des pompiers n'aurait elle pas suffit à répondre à ce manque de place ? Aurait on pu réfléchir pour trouver un autre lieu plus adéquat pour les commerçant et les usagers? J'en sais rien... mais ces abattages me foutent en rogne. Ils peuvent me dire qu'ils vont replanter, qu'ils vont remettre des pins en or, que c'est du provisoire, qu'il faut faire travailler le commerce, je m'en contrefous de leurs excuses bidons. C'est trop facile de dire « Oh zut mais ne vous inquiétez surtout pas », alors allez y coupez les pins qui restent, les chênes et les forêts tant que vous y êtes, virez le cimetière foutez y des résidences des parking et tant que vous y êtes, ne vous emmerdez plus avec les eaux usées, jetez les directement dans le bassin. Mais par contre je vous demande de ne plus me dire les yeux dans les yeux «  Oh Zut Alors...mais c'est pour la bonne cause » Je dois avouer que c'est une grosse déception pour moi, même si cela ne me désarme pas. Je croyais que Droppy alias Jean Yves Rosazza le maire d'Andernos les bains était quelque peu différent, qu'une prise de conscience s'était installée dans ces actions en tapant dans la fourmilière de l'oligarchie arcachonnaise mais avec ce fait, je me demande si une toge romaine ne se cache pas sous son costume bleu nuit et rien n'est plus désagréable que le doute.

Oui derrière les murs il y a des histoires et des vies qui ont fait notre identité culturelle, il ne faudrait surtout pas l'oublier.

147560981_4493009480714516_4160372297160689011_o148300167_4493009680714496_1501574002932778208_o

 

Photos écocitoyens bassins arcachon