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Il faut le reconnaître, le procès des époux Balkany donne une addiction plus forte qu'une série sur Netflix, tant leur histoire est beaucoup plus intense que la fiction. Je me suis plongé entièrement dans leur vie et je suis stupéfait de voir comment l'impunité a t'elle pu couvrir de tels agissements pendant presque quatre décennies. C'est assez surréaliste et pitoyable pour les mœurs politiques. A eux deux ils ont écrit le manuel du parfait politicien en déclinant toutes les facettes du clientélisme pour régner en maître sur un territoire. Y a pas à dire, Isabelle et Patrick sont des cadors en la matière. Sauf qu'aujourd'hui, l'heure n'est plus à l'exubérance, il va falloir rendre des comptes et assumer le comportement de leurs actes. Les charges contre eux sont extrêmement lourdes, le summum de la filouterie. Maître Dupont Moretti va devoir user de tout son talent pour éviter la mise des bracelets autour des poignets de ses clients. Il connaît très et trop bien le bonhomme. Je pense qu'il va surtout plaider sur l'omerta des instances judiciaires et de certains dirigeants politiques pour minimiser la sentence car pour cette première semaine du procès, la flamboyance et l'éloquence de Patrick Balkany ont mis le feu au palais de justice. Un stand up ahurissant crachant sa vérité avec un savant mélange burlesque de mauvaise foi concluant le show par la musique des «tontons flingueurs» sur son téléphone portable en toute fin d'audience. Il ne manquait plus que les applaudissements. Sur le bassin d'Arcachon, les seigneurs de l'oligarchie sortent de la même école mais sans le panache des Bakany. Ils pratiquent le clientélisme scolaire se contentant de ramasser les miettes des accumulations de mandats de toutes sortes. Le seul point commun est d'être constamment dans le déni de leurs actions néfastes pour justifier leur aura auprès de leur électorat. Il y a tellement de bouches à nourrir qu'il est plus facile de fermer les yeux et de dire oui à leur vision à court terme quitte à ce que la réalité ringardise totalement leurs décisions face à une vision à long terme qui devrait s'imposer pour espérer sauver une pérennité dans la transmission aux générations futures et dans la sauvegarde d'un territoire. L'oligarchie arcachonnaise se contente de chercher à se faire réélire au premier tour en nourrissant les envieux de promesses pour devenir notables en échange de donner leur soumission totale dotée d'une servilité sans faille afin de prétendre à avoir une part du gâteau. Ces gens me font vomir...mais je vomis sur leurs pieds. Il suffit de voir leur autosatisfaction dégoulinante dans les réceptions, les gazettes et autres supports médiatiques essayant d'embellir un territoire pour mieux le vendre alors que le déclin de l'environnement se répand dans un silence fracassant comme un poison se diffusant dans le sang d'aveugles miséricordieux. L'esprit bassin s'est envolé pour s'éparpiller dans ceux qui le défendent et pas dans ceux qui le vendent. Alors on s'auto-congratule, on se félicite la main dans la main, on se caresse dans le sens du poil, on offre du bien être aux administrés, des cadeaux, des piscines, des parcelles viabilisées, du béton high-tech sur des routes fraîchement goudronnées puis on reçoit enfin le Graal suprême tant attendu justifiant leurs propres décisions et leurs visions qui donnent du bonheur à la communauté en harmonie avec le développement durable. Alors, on peut fièrement parader avec la légion d'honneur épinglée au revers de sa veste. C'est ainsi qu'en 2008 Isabelle Balkany recevait la breloque des mains de Nicolas Sarkozy. Dans cette même promotion figuraient le prince héritier d'Arabie saoudite celui qui tronçonne en petits morceaux tous ses opposants et Jacques Servier qui a fait fortune en vendant un médicament tout aussi meurtrier. Que du beau linge! Dans son discours Nicolas Sarkosy disait :

«-Son courage, son opiniâtreté, sa générosité et sa force. Il l'a remercié aussi d'avoir été à ses côtés lorsqu'il a démarré sa carrière politique et de s'occuper aujourd'hui de son fils Jean».

Il y a peu ce fut le tour de «la Baleine» alias Marie Hélène des Esgaulx maire de Gujan Mestras de recevoir cette distinction des mains du général Gilbert Gagneux. Dans son discours, ce dernier disait :

«- Marie Hélène je la connais depuis plus de trente ans. J'ai apprécié en elle des qualités de battante, c'est une femme qui ne s'est jamais avouée vaincue même devant les problèmes. Elle n'a jamais subi d'échecs électoraux. Je suis heureux de la voir si émue et prête à continuer son combat pour la légion d'honneur, pour la France et pour tout le bassin d'Arcachon. Elle honore Marie Hélène, Gujan Mestras et tout le bassin »

Alors là, je dis stop !! Que cette médaille flatte son égo tant mieux pour elle et je m'en fous royalement. Qu'elle honore Gujan Mestras, je n'en suis pas très sûr, du moins pas pour tout le monde sauf son caniche de premier adjoint Xavier Paris qui a du prendre une serpillière pour éponger son émotion. Mais qu'elle honore tout le bassin, je crois que c'est porter offense à tous ceux qui luttent pour la sauvegarde de ce territoire. Comme dit l'humoriste Pierre Emmanuel Barré :

« -La légion d'honneur c'est comme un anus. C'est petit, c'est rouge, c'est fripé et il y a souvent une grosse merde derrière. »

Un chose est sûre. Ceux qui festoyaient gaîment avec les époux Balkany ne sont pas prêt de redire :

« -Alors on n'attend pas Patrick ?! »