penseur

 

La terrible catastrophe qui vient de ce produire sur la cote d'azur nous pousse à se remettre en question. Il va falloir une bonne fois pour toute accepter le changement climatique et trouver la meilleure solution pour s'y adapter. Si la douceur de l'automne vient remplacer ce joli été laissant les cèpes pointer leur bout de nez dans des parcelles forestières qui se réduisent à peau de chagrin, les aléas de l'hiver vont vite nous remettre à notre place. A chaque tragédie humaine on dénonce l'urbanisation à outrance pourtant sur le bassin d'Arcachon nos élus à l’unanimité veulent accueillir 70000 personnes de plus en 15 ans. Effectivement les raisons pour venir vivre dans ce petit paradis sont multiples et surtout envieuses dans une société de plus en plus anxiogène. Cependant l'état des lieux de ce site est sévèrement en déclin en étant au maximum de ses limites. Il ne faut pas se voiler la face.Vouloir accueillir de nouveaux résidents est criminel car beaucoup de structures comme le réseau des eaux usés sont obsolètes à cause des permis de construire délivrés à la bonne franquette lors de la frénésie du dernier boom immobilier. Ce serait mettre une lance d'incendie dans un tuyau d'arrosage. Les voyants sont au rouge mais on continue à saccager l'environnement qui constitue à lui seul, l'attrait essentiel de notre image de marque. Alors avant tout, il convient de faire un peu d'histoire pour mieux comprendre d’où vient le problème.

Dans les années 70 seule la bourgeoise Arcachon était l'image d'Epinal mais en face le député maire de Lège Cap Ferret Robert Cazalet décida de transformer tous les villages et villes autour en une grosse cash machine. Elève de Charles Pasqua, il allait mettre en place un système oligarchique pour avoir un total contrôle du bassin d'Arcachon. Comme son maître pour acquérir le quartier de la défense à Paris en mettant Balkany à Levallois et Ceccaldi-Raynaud à Puteaux, Robert Cazalet installa ses hommes de main qui avec leurs ramifications allaient contribuer à fructifier le business jusqu'à aujourd'hui encore. Même méthodes même résultat. (Joëlle Ceccaldi Raynaud offre des batteries de casseroles et des voyages à ses administrés, Yves Foulon maire d'Arcachon offre 4000 vélos à 140 euros ) Comme les deux zozos parisiens, la plupart des élus gagnent les élections comme le président du Kazakhstan. Le bassin d'Arcachon fut coupé en deux. Le nord pour le coté rural et le sud pour le coté glamour. Malgré la main mise et tous ses travers, le développement profitait pleinement à la population créant aussi un intérêt croissant des investisseurs. L'argent attirant l'argent, le ver entrait dans le fruit désorganisant la maîtrise au détriment de l'environnement.

La déchetterie d'Audenge conçue pour les ordures ménagères des villes du bassin allait devenir opaquement le plus gros centre d'enfouissement de déchets industriels d'Aquitaine avec l'assentiment de la majorité des élus et des fonctionnaires régaliens fonctionnant en toute illégalité, corruption et pots de vins. Un véritable scandale d'état qui ne fit que quelques lignes dans le quotidien Sud ouest mais qui fut le déclencheur du désastre écologique qui sévit de nos jours. Certains élus toujours en place ont su bien évidemment tourner leur veste au bon moment mais la décontamination du site coûte trop chère et personne ne veut prendre sa part de responsabilité. Alors les jus de cette décharge ainsi que celle d' Andernos, Lanton, le Porge se sont transformés en Lixiviat qui s'infiltra dans les nappes phréatiques pour resurgir dans les terres du bassin d'Arcachon comme le meilleur des désherbant, plus fort que le Roundup. La bombe était lancée et ceux qui ont voulu exposer en plein jour ce scandale se sont retrouvés broyés par les puissants à coups de contrôle fiscal, destructions de biens personnels et menaces de mort. Ce ne serait que justice que d'afficher  les vrais noms des responsables et coupables de ce système, afin qu'ils ne puissent plus vous sourire quand vous leurs payez vos impôts.

La base du cocktail mortifère venait d'être injecté dans les veines du bassin rejoint par les vomissement rosâtre de l'usine Smurfitt de Biganos qui rejette impunément toute sa merde dans la nature pour la sauvegarde de 500 emplois. Puis les pesticides des maïs de nos amis landais ont complété la liste en nageant dans la Leyre pour se joindre à la fête. L'urbanisation à outrance a coloré les eaux de pluie en un puissant toxique et les antifouling et hydrocarbures des plaisanciers croissants ont amené le coté corrosif. Un zeste de liqueur médicinale que crache la paille du Wharf à 400 mètres de la cote et le bassin d'Arcachon crève à feu doux comme avec l'arsenic de Loudun.

Comme il est difficile de dire que tout ceci est faux, l'oligarchie use de sa propagande pour rassurer l'opinion publique en dédramatisant la situation. Des millions d'euros ont été englouti dans des études bidons comme accuser les bernaches de la disparition des zostères. (je vous rassure au bout de trois ans de recherche elles ont été innocentées). Même si il y a du mieux comme le réseau REPAR mis en place par le SIBA (syndicat intercommunal du bassin d'Arcachon qui cherche pourtant a attirer encore plus de monde) surveille le niveau des pesticides, que des consciences citoyennes s'éveillent et forment un contre pouvoir qui freine l'appétit des voraces, l'urgence est de mise, encore faut il le vouloir vraiment. Le constat est là, admis par tous de bonne ou mauvaise foi alors il faut agir car sans la sauvegarde du bassin d'Arcachon rien n'est possible pour l'avenir. Encore une fois, excusez moi de me répéter mais pour pouvoir faire changer les choses il faut avant tout le vouloir.

Le Parc Naturel Marin est ou peut être une excellente chose si et uniquement si l'ensemble de l'exécutif ne prêche  pas pour sa propre paroisse en acceptant les compromis pour le bien de la communauté.(il y a du boulot). Sur une période de 15 à 20 ans il y aurait beaucoup de solutions pour arriver à des résultats probants. Je me prend à rêver ou les élus pondraient des SCOT, PLU, PADD et tout le tsoin tsoin dans la plus totale légalité en privilégiant la remise en état de l'assainissement des eaux usés, les coupures vertes etc etc.. pour envisager un futur accueil de nouveaux arrivants dans de bonnes conditions. La priorité est la sauvegarde du plan d'eau en arrêtant la métastase qui le ronge. Il convient de s'assurer que les lixiviats ne s'écoulent plus dans le bassin( il y a encore un gros doute sur Audenge) . Établir des règles strictes pour les pesticides dans la Leyre en condamnant fortement toutes effractions. Les groupes industriels Maïsadour, Euralis, Monsanto sont très puissants et très riches alors les fortes amendes contribueront au fonctionnement du PNM. Privilégier le label 100% naturel des huîtres produites exclusivement sur le bassin d'Arcachon et impliquer une solidarité en turnover dans l'ostréiculture et la pêche pour la remise en état de leur lieu de travail (curetage des anciens sites, balisage des chenaux et estey, pêche en alternance avec quota). Limiter et contrôler la plaisance en fonction des résultats bactériologiques avec de fortes amendes (de 1500 à 5000 euros) en réduisant la puissance des moteurs, utilisant les mécaniques dernière génération et interdisant l'usage d'antifouling.( un bon coup de karcher par le marchand de bateau peut remplacer le prix de la peinture tout en étant aussi efficace.) Classer définitivement la réserve naturelle du banc d'Arguin en contrôlant strictement l'intrusion humaine. (Interdiction d'accostage et d'utilisation de kite surf, possibilité d'accostage à la journée dans les périodes estivales avec les bateliers(bateaux propres) sur un accès proche des parc à huîtres limitant le nombre de personne et uniquement sur réservation avec un pourcentage pour le PNM. Création d'une police maritime pour le respect des règles. (Au USA ils sont obligés de fermer des parc nationaux suite à plusieurs décès de touriste prenant un selfie avec un grizzly derrière. Ne rigolez pas, combien de selfies ont été pris avec le phoque You?).

Je sais bien que certains d'entre vous vont s'étouffer en lisant ce billet, qu'il est excessif, je sais bien que je suis un doux rêveur mais simplement, j'essaye à ma manière de contribuer à maintenir en vie mes racines pour transmettre à mes enfants les même émotions que quand j'avais leur âge. Alors quand ces émotions disparaissent c'est moi qui meurt un peu plus. Oui c'est possible, nous pouvons agir, mais le voulons nous ?

Ps : pour plus d'explication sur la décharge d'Audenge :

http://bassindarcachon.com/crii_du_kayok.aspx?id=57

momo