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Quelle mouche nous a piqué pour avoir voulu emmener nos enfants en vacances au Moyen orient ? Je crois bien que cette fois ci, nous sommes bel et bien vacciné pour ne plus recommencer. J'entends ci et là « ouais c'est chouette pour les gosses, ça ouvre leur esprit et bla bla bla ». Mes fesses. Ils vous pourrissent le voyage et quand le dépaysement est total vous êtes à deux doigts de les étrangler. Ce n'est pas faute de les avoir bien briffer avant le départ mais entre une ado complètement imbue de sa personne et un affreux jojo super actif, il y a de quoi devenir dingue. Un bon conseil, si vos ados préfèrent aller en colo ou rester chez papy et mamy au lieu d'aller à l'autre bout de la planète, n'hésitez pas une seconde, fourguez les vite et prenez la tangente avec votre moitié sans le moindre sentiment de culpabilité.

Bref, nous étions dans une petite piaule style hotel appart dans un quartier populaire à Sur au sultanat d'Oman. Après avoir bien crapahuter dans un wadi (Oasis au milieu des montagnes), les gamins étaient bien lessivés restant sagement dans leur chambre. Comme c’était l'appel à la prière et que l'encens enfumait l’hôtel, nous attendions tranquillement avant d'aller manger dans un coffe shop indien. J'en profitais pour allumer la télévision histoire de voir les programmes proposés.  Une bande annonce style 'Johnny au stade de France' attira mon attention. Chars d’assaut en action, parade d'avions de chasse, manœuvre de navire de guerre et explosion de toutes sortes de gros missiles, le direct de L'Idex ( salon de l'armement) allait débuter à Abu Dahbi. http://www.idexuae.ae/ . Et quelle surprise de voir la tête de mon député  Yves Foulon dans la délégation française, en train  de se faire expliquer le fonctionnement d'un missile sol air ! Il n'avait pas bonne mine mon Foufou et la langue anglaise semblait lui poser problème comme si on voulait m'expliquer la mécanique des fluides. Ou alors c'était le jet lag ou bien la clim poussée trop à fond. Mais que foutait il donc là avec le ministre de la défense Yves le Drian ?  Depuis que Sarko lui a donné du galon, le bonhomme a de l'ambition ou peut être voulait il profiter de l'occasion pour rencontrer en douce un émir pour essayer de renflouer les caisses de sa mairie.Que sais je ?

« -Hello monsieur l'émir. Mon patron,le petit bonhomme qui prend beaucoup d'argent pour ne rien dire, m'a dit que je pourrais peut être faire des affaires avec vous.

-Tu peux m'avoir un avion rafale à moitié prix ?

-Non non, moi je suis dans le tourisme et je cherche des sponsors pour promouvoir ma belle région. Pour 5 millions d'euros je suis prêt à vous céder l'emblème du bassin d'Arcachon. Les cabanes tchanquées deviendraient les « Emirates Cabans ». Ca en jette, non ?

-Tu veux me vendre à moi un tank à 5 millions ou un jet caban ?

-Vous verrez monsieur l'émir, chez moi il y a du soleil et des nanas. Il y a même une dune pour pouvoir promener vos chameaux.

-Et maintenant, tu veux des ananas contre un chameau ?

-Dites donc, vous n'auriez pas un Jambon beurre qui traîne dans le coin car je n'ai pas eu droit aux petits fours dans l'avion du ministre. »

Quelques jours plus tard, nous campions dans le Wahiba désert dans une cahute nomade et les mômes s'en donnaient à cœur joie à grimper les dunes de sable rouge. Avec Isa ma femme nous contemplions la féerie du coucher de soleil à l'écart de nos monstres quand le petit surgissait soudainement pour nous demander... si il y avait du wi fi.

A ma grande surprise, le petit chouchou de l'oligarchie arcachonnaise venait de se faire battre pour la présidence du parc marin. Mister Triplo alias Olivier Laban devait être vert de rage de voir son fauteuil tant espéré pris par « El cummular » le bouffeur de mandats alias François Deluga le maire Ps du teich. Cependant, comme c'était lui au départ du projet, ce n'est que justice même si on sait que les crabes seront à l’affût pour lui pincer les fesses à la moindre occasion.

En revenant sur Nizwa je pus enfin lire ma messagerie et je fus très surpris de découvrir plusieurs emails de personnes de Biganos qui me faisaient part de leur mécontentement. Apparemment leur édile avait des bouffées de mégalomanie aiguë. Le béguey(petit coq en gascon) alias Bruno Lafon a décidé d'offrir coûte que coûte à ses administrés un crématorium tout neuf. Ben oui, il faut aussi penser à nos vieux ! Le maire de Marcheprime a envoyé fissa  le vendeur sur les roses mais ce dernier a su trouver les mots pour appâter le bon maire. Nono n'est pas né de la dernière pluie mais il anticipe, il cogite et il accepte la proposition à voulant le construire pas loin de quelques riverains.Ces derniers sont évidemment très en colère. Non seulement la Smurfitt dégueulasse les nappes phréatiques et l'air depuis des lustres, le béton remplace l'herbe autour d'Auchan et bientôt les effluves du crématorium remplaceront les cloches de l'église. Le béguey ne pense pas comme eux. Il voit plus loin. Dans le bureau du SIBA, c'est l'heure de l'apéro. Michou alias Michel Sammarcelli attaque les cacahouettes :

« -Nono, qu'est ce qu'il t'a pris d'accepter ce crématorium ?

-Je suis un visionnaire Michou. Dans le secteur la clientèle ne manque pas. Entre les nouveaux futurs cancéreux et l'usine à vieux d'Arcachon le carnet de commande va vite grossir. Imagine. Papi claque le vendredi. Messe le samedi puis 30 minutes plus tard par la rocade, il est in the box. Les descendants peuvent être chez le notaire en début d'après midi pour récupérer l'appart sur le port. De plus, avec le réchauffement climatique la prochaine canicule sera un véritable jackpot pour les caisses de la ville et mes amis sylviculteurs pourront avec une petite commission fournir le bois pour alimenter le four.

-Dis donc, un vieux ce n'est pas comme pour une calzone ou alors tu mettras les olives sur le cercueil.

-Pas bête ton idée. Je pourrais faire deux pierres d'un coup. A chaque crémation, il y aura pizza à emporter. Ainsi, l'odeur ne dérangera plus les voisins et à chaque avis de décès, ils pourront commander leur romaine ou leur quatre fromages. »

Après une trentaine de kilomètres sur une piste défoncée, le 4x4 nous déposait gentiment dans un village ancestral vivant en autarcie grâce à une palmeraie alimentée par un système d'irrigation ingénieux. Nous déjeunions copieusement dans la seule gargotte qui possédait heureusement une family room pour accueillir les femmes. Mon chicken chilly était vraiment trop spicy alors je sirotais des jus de fruit à la chaîne pour attiser le feu dans ma bouche. Ma fille m'adressa la parole :

« -Papa, tu crois qu'il y a un Starbuck ici ? Il faut que j'envoie un snapchat à mes copines.

A cet instant précis, le patron du resto me demanda de sortir illico. Mon fils était perché en haut d'un palmier et il n'arrivait plus à descendre. Les femmes du village braillaient fort comme morte d'inquiétude. Isa baissa les yeux et souffla son désespoir. En croisant son regard, je comprenais que l'on était sur la même longueur d'onde alors rigolant un bon coup, je criais à l’assistance :

« Hi Han, Hi Han... »

 

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