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La girouette du voisin s'est immobilisée soudainement.Une douceur envoûtante prenait place dans l'air ambiant. Ce fut une drôle d'impression comme si une inquiétude  voulait s'installer dans la grisaille d'une journée d'hiver. Dans la nuit vers les trois heures, le bruit de l'océan déchaîné me sortit de mon sommeil. Si j'aime entendre ce bruit en fond sur le chant des bernaches quand je me promène le long de la plage , le grognement semblait être dans mon jardin et ce n'était plus la même musique. Très vite, le vent s'est levé donnant toute sa puissance comme si on montait lentement le son d'une guitare sur un ampli Marshall. Tout semblait voler autour de la maison et mes oreilles captant le moindre son essayaient de donner une image à ma conscience pour me rassurer. Les volets roulants claquant sur les fenêtres amenèrent les pleurs des enfants. Les rafales de vents crachaient sa fureur tel un monstre en colère puis s'estompaient pour mieux reprendre son souffle mettant les nerfs à vifs. Ma femme Isa dormait à poings fermés et ne voulut pas descendre alors j'emmenais les enfants se coucher dans le canapé du salon. Blotti contre mon épaule, le petit pleurnichait et je mettais tout en oeuvre de longues minutes pour qu'il puisse sombrer de nouveau. Le temps n'existait plus  comme si les minutes avaient perdu ses secondes. Attendre l’accalmie est un terrible supplice. Au petit matin , ma grande me regardait avec ses  yeux verts grands ouverts. La prenant dans mes bras :

« -Maintenant, il faut dormir. » ( Le 27/01/2009)

 En ce 24 janvier 2009, la tempête Klaus venait de passer au dessus de nos têtes avec des pointes de vents à 160 km/h de moyenne. Désormais, les caprices de la météo sont anxiogènes à mon âme . Quand j'ai entendu que les Philippines devaient affronter le typhon Haiyan avec des vents à plus de 350 km/h je suis resté scotché par l'effroi. Ne connaissant pas ce pays mais ayant vécu en Asie et Indonésie je me suis retrouvé projeté avec ce peuple à attendre l'enfer dans leur frêle habitation. Voici le récit d'un rescapé, lu dans le journal Libération :

 «Un petit vent s’est levé à 6 heures du matin, raconte Glen Aguilar, un pêcheur. Soudain, les oiseaux ont disparu, puis les toits en tôle ondulée ont commencé à voler. Puis ça a été la pluie, encore plus de vent, et les vitres ont à leur tour volé en éclats. Ce n’était qu’un début. Le vent s’est transformé en tornade et s’est mis à vriller, à aspirer et à exhaler en même temps, puis l’eau, des quantités d’eau se sont déversées du ciel, tandis que du sol, les flots montaient jusqu’à une hauteur de cinq à six mètres, recouvrant presque tout dans un bruit de furie à rendre fou.» 

 Beaucoup de scientifiques et chercheurs s'accordent pour dire l'évidence d'une montée en puissance de la violence des phénomènes climatiques. Malheureusement les pays industriels n'arrivent toujours pas à trouver l'entente pour contrer le réchauffement climatique. Le sommet du climat à Varsovie est un total fiasco, comme celui de Copenhague avant lui et sûrement comme le futur à venir à Paris. La banalisation des choses aide les puissants au détriment des plus pauvres. Le pouvoir de l'argent est plus fort que la vie d'êtres humains.

 Non, la France n'est pas plus raciste qu'il y a 30 ou 40 ans. Quand une gamine secoue une peau de banane en criant :  «  Tiens la guenon, voilà ta banane » devant ses parents hilares, que des élus balancent dans leurs réseaux : «  Y a bon Taubira » c'est profondément abject. Mais que la classe politique et l’intelligentsia ne s'offusquent que quelques jours après, c'est la banalisation des choses.

Quand des réfugiés syriens en Turquie sont obligés de vendre leurs organes pour survivre dans le plus grand silence des médias internationaux, quand 97 personnes, les 'envahisseurs' d'Eric Zemmour sont retrouvés mortes de soif dans le désert libyen, c'est la banalisation des choses.

Quand TF1 bidonne le son d'un reportage sur les huées de la foule sur François Hollande, quand le journal Sud ouest remplace à la hâte un article d'une future candidate aux municipales d'Arcachon par un article sur les mésaventures du capitaine du port qui s'est fait escroquer 350 euros avec facebook, c'est la banalisation des choses.

 Effectivement François Hollande mérite les huées, ou du moins on est en droit de le penser et de l'exprimer. Mais on se doit d'éviter de le faire un 11 novembre. C'est un énorme manque de respect vis à vis de tous ceux qui ont succombé lors de cette monstrueuse boucherie de la première guerre mondiale. Savons nous que des milliers de sud africains, de sénégalais, marocains et autres ont péri sur le chemin des dames affrontant des températures glaciales sous une pluie de 400 obus au mètre carré. Ce sacrifice nous donne le droit aujourd'hui, à être ce que nous sommes, de nous  permettre pauvre quidam, d'acheter la dernière tablette pour combler nos propres désirs.

Alors merde, un peu de respect quand même... 

 

 

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Comme chaque année, voici le feuilleton annuel de la fiesta parisienne du SIBA pour la promotion des produits du bassin d'Arcachon. Petit rappel de l'épisode précédent :

http://paterzan.canalblog.com/archives/2011/11/20/22750813.html

 

A la veille du départ pour Paris, Michou (Michel Sammarcelli) le président du SIBA(syndicat intercommunal du bassin d'Arcachon) posa ses pieds nus sur son bureau en allumant religieusement un cohiba. Isabelle Galinier se précipita pour masser méticuleusement chaque orteil :

« -Ah princesse Zaza, je fais de la rétention d'eau et tes doigts sont dignes d'une geisha à Kyoto. Sais tu que je te réserve une surprise à Paris ?

-Moi aussi monsieur le président.

-J'espère que ce n'est pas La Nadine Morano qui va se pointer avec Foufou(Yves Foulon) ?

_Non président , le député viendra juste pour la photo. Ma surprise sera grandiose.

 Bernadette Dubourg la journaliste du journal sud ouest faisait discrètement son entrée dans la pièce :

-Ah Bernie, il va falloir nous pondre un bon papier pour justifier ma fiesta. J'en ai marre de tous ces ploucs qui demandent la facture. On dirait que ce sont eux qui payent.

-Ce n'est pas tout à fait faux monsieur le président.

-Oui c'est vrai, j'oubliais. Alors invente une salade pour qu'ils avalent l'addition.

-Qui sont les invités ?

-Tu les connais tous ma Bernie. Toujours les mêmes. La Catherine Laborde va se goinfrer d’huîtres à s'en faire péter la ceinture. Bataille va sans cesse me coller pour me quémander un service. La baleine du sénat(MHDE) viendra squatté le Pessac-Léognan après avoir goûté avant tout le monde, l'arrivée du beaujolais nouveau. Puis tout un tas de pique- assiette à qui je vais devoir serrer la pogne.

-Que leur direz vous ?

-T'inquiètes, Zaza ma préparé un petit speech plein de punch. Je vais dire que la région est extraordinaire, que nous avons un site remarquable avec une foule d'atouts, que la pêche et nos poissons sont remarquables. Que des conneries quoi. Ces cons vont bouffer des huîtres triploïdes à moitié crever ou des irlandaises à peine trempées. Avec du caviar à la louche, ça devrait passer quand même. Puis ils vont continuer à manger du grondin et du merlan av...

-Du grondin et du merlan ? Ce n'est pas très produits du bassin.

_Ouais je sais, ma grand mère en achetait pour son vieux chat mais les pêcheurs du coin n'ont pas été capable de me ramener les gros mules qui sont à la sortie du tuyau du Wharf. Alors nos deux chefs étoilés ont intérêt de nous  sublimer ces poissons pour ne pas passer pour des ringards. Allez ma Bernie, va te pomponner, on te met dans la valise. »

 Au Pinxo, la soirée se déroula agréablement bien. Tout le joli monde batifolait autour des mets et des vins en s'agrémentant de compliments. Michou était aux anges et impatient de faire découvrir sa surprise avant la photo souvenir. Zaza aussi trépignait. Smartphone en main, texto prêt à être envoyer, elle attendait de choisir l'instant précis pour faire un effet explosif à toutes les convives. Michou prit le micro et déroula son discours de promotion bien huilé puis, l'oeil brillant,il annonça :

« -Mesdames et  messieurs, je tenais à vous faire une surprise.

Zaza envoya le texto.

-Qui de mieux pour clôturer cette douce soirée que notre héros du moment. Alors, accueillons comme il se doit... Serge.

Serge le Lama entra dans la salle avec son propriétaire, vêtu d'une grosse vareuse aux couleurs de Cabanes en fêtes mais fut attiré irrésistiblement vers les pots de caviar.

Dehors, Frédéric Edelstein le dompteur du cirque Pinder en tenue de scène et Oscar son vieux lion attendait le signal de princesse Zaza. Quand son téléphone vibra dans sa poche, Il poussa majestueusement la porte du restaurant. La surprise fut totale. Oscar qui n'avait pas encore manger repéra vite son repas. Serge le lama relevant sa tête du pot pour chercher à boire car le caviar était trop salé à son goût, apercevait un lion aux yeux fixes, à la bave dégoulinante qui venait d'échapper à l'attention de son maître. Prise de panique, Princesse Zaza eut la conscience professionnelle d'enclencher la caméra du smartphone avant de se cacher derrière les fourneaux.

La vidéo faisait les unes de tous les médias de la planète.Les offices de tourisme du bassin d’Arcachon croulaient sous les demandes de séjour. Les ostréiculteurs furent obligés d'acheter en Afrique du sud pour honorer les commandes. Spielberg voulait absolument une maison au Cap-ferret. Nadine Morano tenait à être invité chez Bernard Montiel. Poutine devenait actionnaire des fabriques de caviar. Princesse Zaza recevait une embauche de Séguéla et Michou après quelques points de suture sur le bras déclarait :

 « -Tu vois comme une soirée de promotion peut être utile à l'économie d'une région. Quel buzz ma Bernie !!