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Après les frasques de Charlie hebdo je profite de l’aubaine pour faire ma caricature sur les prophètes locaux qui sévissent sur le bassin d’Arcachon. Je vais recevoir des mails  insultants de retraités furax, peut être même des menaces de mort par des partisans fanatiques voulant protéger leur intérêt lucratif qui permet un certain train de vie confortable à soi même et à sa progéniture. Non, je rigole mais bon, rien de méchant. Ces gens ont fabriqué un système qui profite à leur sphère relationnelle. Ainsi depuis plusieurs décennies, ils croient détenir la vérité. Leur vérité. Alors je titille un peu leur égo en espérant ouvrir une fenêtre pour donner un autre regard à ceux qui soutiennent ces messieurs.

En ce qui concerne La couverture de Charlie Hebdo sur les caricatures de Mahomet, je reste sur ma réserve. Depuis toujours je soutiens la liberté d’expression et le blasphème donne le ton d’une démocratie. Cependant, je pense que plusieurs autres infos méritaient d’être satirisé pour faire la une. Bernard Arnault et ses milliards belges, Mitt Ronney dévoilant son vrai visage de fumier… Je préfère croire à une maladresse de la par de Charb le directeur de Charlie  plutôt qu’une opération de marketing.

Parfois, il suffit juste de réfléchir…

 

 

 

 

L’histoire qui va suivre est authentique et j’ai envie de vous la raconter. C’est l’histoire de Franck mon meilleur ami. Ami avec un grand A. Pas un de ceux sur Facebook, non, le véritable ami celui qui avec un regard peut vous livrer le film de ses sentiments. Il habitait la barre Hlm derrière le petit pavillon de mes parents. Sans tomber dans le pathos, son père était invalide alcoolique et sa mère faisait les ménages. A Quatorze ans il devenait apprenti maçon pour faire bouillir la marmite à la maison. Je ne sais plus par quel hasard nous sommes devenus ami comme cul et chemise. Nous avons partagé notre adolescence dans la plus grande insouciance et commencé notre vie d’adulte en la brulant par les deux bouts, puis nos trajectoires se sont séparés prenant soin de se revoir épisodiquement. Il aime passionnément le groupe U2 et Bono est son idole exclusive. Il n’a jamais lu un livre mais il est d’une clairvoyance remarquable pour décrypter l’info.

A l’âge de 20 ans une saloperie lui tombe sur le dos. Une maladie orpheline comme ils disent. Une merde qui lui bouffe les os en lui refilant l’arthrose d’un vieux de 80 balais. Sauf que cette maladie ne porte pas de nom et l’administration refuse de reconnaître son infirmité. Comme il ne peut pas assurer un emploi en temps complet, il ne trouve pas d’employeur. Il est exclu socialement. Il se rend donc à la CAF pour essayer de trouver une solution.

« J’ai fait la queue pendant deux heures et quand la dame m’a reçu c’était pour me dire qu’elle ne pouvait rien faire pour moi. »

Pendant plus de trente ans et jusqu’à aujourd’hui il va vivre ou survivre en travaillant au noir pour son compte tout en servant de cobaye à la recherche pour tester de nouveaux médicaments qui pourraient apaiser ses douleurs, sans jamais demander de l’aide à l’état et sans jamais se plaindre de son sort. Au fil des ans il réussi à se forger une clientèle fidèle qu’il arrive à gérer dans ses moments forts car les effets secondaire des médecines sont redoutables: Exéma, psoriasis, perte d’ongles, paralysie faciale, incapacité de bouger, perte de poids excessive… Mais l’état ne veut toujours pas reconnaître son handicap. Il y a peu, son père était en phase terminale d’un cancer. Il a du être hospitaliser d’urgence. Au bout de trois jours, voyant la souffrance qui inondait la chambre, Franck demande que l’on intervienne pour abréger ce calvaire. Le médecin chef refuse catégoriquement sa demande prétextant une charte déontologique. Il se tourne alors vers le médecin de famille qui en colère se rend illico au chevet pour essayer de résoudre cette infamie. Il faudra douze jours de plus pour accéder au soin palliatif et pour qu’en une demie journée son père puisse partir de l’autre côté en toute sérénité. Avant de quitter l’hôpital le médecin chef lui présente la facture de quatorze jours d’hospitalisation.

Alors, quand Franck est venu à la maison comme tous les ans et tous les noëls pour fêter l’anniversaire de ma fille, sa filleul , qu’il m’ a raconté cette histoire et il m’a dit:

« -Tu comprends pourquoi j’aime Marine… »